C’est une référence symbolique qu’ont établie les journalistes du magazine Fortune, après la publication d’un article scientifique publié dans la revue Nature mardi sur les risques grandissant des infections fongiques par les champignons pathogènes.
Lors du premier épisode de la série du jeu The Last of Us, produite par HBO, un épidémiologiste tentait de prévenir l’humanité des risques du réchauffement climatique, et notamment des “champignons parasites incontrôlables”.
Parmi tous les dangers naturels qui ressortiront de l’augmentation de la température sur Terre, la menace des champignons évoqués dans The Last of Us est de loin l’une des pires.
La seule différence entre la série et la réalité, après tout, concerne les conséquences de l’infection fongique des champignons. Si dans The Last of Us ils nous transformaient tous en zombies, dans la réalité, ils nous feront plutôt mourir de faim.
La communauté scientifique se sent de plus en plus fébrile à l’idée qu’une infection fongique généralisée, tant celle-ci affecterait grandement les capacités du système alimentaire mondial. Actuellement, les épidémies causent déjà une perte de l’ordre de 10 % à 23 % des cultures plantées chaque année, ainsi qu’une autre perte de 10 % à 20 % après la récolte.
À l’avenir, le réchauffement climatique aurait pour effet premier d’élargir la zone dans laquelle les pires champignons pathogènes se reproduisent. Ils ne se cantonneraient plus alors aux zones tropicales, pour rejoindre nos latitudes et nous demander de redoubler de vigilance.
“Alors que l’histoire est de la science-fiction, nous avertissons que nous pourrions assister à une catastrophe sanitaire mondiale causée par la propagation rapide des infections fongiques dans un monde qui se réchauffe”, appelait à l’action Sarah Gurr, l’une des coauteurs du rapport et présidente en sécurité alimentaire à l’Université d’Exeter.
“La menace imminente n’est pas celle des zombies, mais celle de la famine mondiale”, ajoutait-elle. Il faut dire que le riz, le soja, le blé, le maïs et les pommes de terre représentent les cultures les plus importantes en termes de calories dans le monde et toutes sont menacées par les infections fongiques des champignons.
Sans ces denrées alimentaires, ce seraient déjà 40 % des besoins en calories dans le monde qui ne pourraient plus être rassasiés. Aujourd’hui, ce qui disparaît des productions à cause d’infections fongiques représente déjà l’équivalent en besoins caloriques quotidiens de 4 milliards d’habitants.
Après les virus comme l’épidémie de COVID-19, les scientifiques et coauteurs de l’étude publiée mardi dans la revue Nature s’accordent donc à dire que les champignons représentent “une menace majeure pour la santé humaine”. Restera à voir si sans rôle dans The Last of Us, ces membres d’experts en sécurité alimentaire et en agents pathogènes de type fongique seront écoutés.
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Le danger sera réel car nous ne plantons plus que des semences bien spécifiques.
Ceux qui survivront seront ceux qui auront conservé des graines d’espèces naturelles, qui par la “magie” de la sélection naturelle donneront de nouvelles espèces de plantes résistantes à ces parasites fongiques.