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Les moules françaises sont de plus en plus petites : pourquoi la filière est aux abois

Le constat est sans appel. Face à la hausse des températures et à la sécheresse, les moules n’arrivent plus à grandir sur les côtes françaises. Les pertes s’accumulent, et l’avenir de la filière s’assombrit.

Sur les côtes françaises, la saison des récoltes s’est ouverte sur un bilan très sombre pour la filière mytilicole. Les éleveurs constatent une baisse marquée des volumes exploitables, en raison de la taille trop petite des moules marines. Les pertes sont évaluées à environ un quart de la production de l’été, selon Philippe Le Gal, président du Comité national de la conchyliculture, un coup dur pour un secteur qui produit habituellement entre 49 000 et 66 000 tonnes de moules par an.

Le mytiliculteur Gilles Foucher, installé à Pénestin dans le Morbihan, en fait le constat sur ses propres élevages, en baie de Pont-Mahé : sur un pieu affichant une trentaine de kilos de moules, environ 10 kilos doivent être écartés car ils n’atteignent pas la taille minimale requise pour la vente.
En baie de Saint-Brieuc, en Bretagne, le mytiliculteur Guillaume Hurtaud fait état de pertes dramatiques, entre 60 et 75 % de sa production. Et ce rétrécissement s’inscrit malheureusement dans une tendance de fond observée depuis 5 ans environ. Ses causes sont bien connues.

Océan, Mer
© Giga Khurtsilava / Unsplash

Vagues de chaleur et sécheresse

Les moules se nourrissent en filtrant l’eau de mer pour y capter du phytoplancton. Or, la croissance de ces micro-algues dépend fortement des apports en sels nutritifs acheminés depuis la terre par les pluies et les fleuves. En période de sécheresse, comme ce fut le cas tout au long de l’été, les débits d’eau douce chutent drastiquement, et réduisent la nourriture disponible.

Mais ce n’est pas tout, car les mollusques ne peuvent pas réguler leur température interne. Et lorsque la mer se réchauffe sous l’effet de vagues de chaleur, leur métabolisme s’accélère et doit brûler davantage d’énergie simplement pour assurer les fonctions vitales de base.

Privée d’apports nutritifs suffisants au moment même où ses besoins caloriques explosent, la moule dépense plus d’énergie qu’elle n’en consomme, ce qui la rend incapable d’accumuler les ressources nécessaires pour grandir.

Acidification des océans

L’impact de la pollution sur les océans n’arrange rien, lui qui absorbe une part importante du dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’atmosphère. C’est le phénomène d’acidification des eaux : il réduit la présence de minéraux essentiels dont la moule a besoin pour fabriquer et consolider sa coquille. L’animal doit donc fournir un effort supplémentaire pour maintenir cette protection vitale, au détriment de sa prise de masse.

C’est tout l’écosystème côtier qui est chamboulé. Dans certains bassins d’élevage, des prédateurs comme l’araignée de mer profitent de la hausse des températures pour s’attaquer aux gisements affaiblis.

Dans ce contexte, la filière mytilicole tire la sonnette d’alarme : sans retour à des conditions environnementales plus stables, sa rentabilité reste fortement compromise.

  • Les mytiliculteurs français enregistrent d’importantes pertes cette saison à cause de moules trop petites pour être vendues.
  • La sécheresse réduit la nourriture disponible dans la mer, tandis que le réchauffement de l’eau force les moules à brûler plus d’énergie sans pouvoir s’alimenter assez.
  • L’acidification de l’océan rend la fabrication de leur coquille plus difficile, ce qui freine encore leur croissance et menace l’avenir de la filière.

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