La direction d’une compagnie aérienne et celle d’un aéroport international ont constaté que les certains avions roulaient à une vitesse bien inférieure à la moyenne en amont du décollage ou en aval de l’atterrissage. De quoi augmenter les retards, la durée totale des vols et coûter monstrueusement plus cher à la société. Une réduction des gaz qui n’est pas liée à un souci technique sur un modèle précis d’avion, ni à une nouvelle règle dans le secteur aérien.
Quelle est la motivation de ces pilotes ?
La nouvelle pratique concerne depuis plusieurs mois les pilotes de la compagnie Cathay Pacific, dont la majorité de sa flotte est en provenance ou à destination de l’aéroport de Hong Kong. Réduire les gaz est pour les pilotes un signe de protestation contre la politique de rémunération sur chaque vol, basé sur le temps de trajet, roulage y compris. Un pilote qui mettrait tout en oeuvre pour que les voyageurs arrivent le rapidement possible à leur destination sera moins bien payé, car la durée du vol aura été plus courte.
Cathay Pacific fait partie de ces compagnies à se relever de la crise sanitaire. Son bénéfice d’exploitation a atteint 452 millions de dollars l’année dernière et ses pertes ont été pratiquement divisées par deux en moins de deux ans. De quoi expliquer la protestation des pilotes, d’autant plus que la pénurie de main-d’oeuvre leur offre un pouvoir de négociation supplémentaire face à celui de la direction.
Confrontation
Pour atteindre ses objectifs (70 % de capacité prépandémique fin 2023), la compagnie a besoin de ses pilotes mais eux affirment qu’ils sont maintenant payés 40 % de moins que ce qu’il en était avant 2020, apprend-on dans un témoignage dans le South China Morning Post. “Si nous sommes en mesure d’opérer plus efficacement et de terminer le vol en un temps inférieur à celui prévu, nous sommes payés pour la période la plus courte”, expliquait le président de la Hong Kong Aircrew Officers et ancien pilote de Cathay, Paul Weatherilt.
La compagnie aérienne serre le vis et a donné une semaine pour que ses pilotes et son personnel acceptent une nouvelle politique de salaire révisée – celle abordée ici et qui conduit à une baisse significative du montant de rémunération comparé à la période prépandémique. Dans un mémo pour le personnel envoyé en avril dernier et consulté récemment par le quotidien chinois, Cathay Pacific prévenait qu’elle ferait un suivi des pilotes qui décideraient de réduire les gaz pendant les phases de roulage en signe de protestation.
La compagnie prendrait, ensuite, “toute mesure qui s’imposerait”.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
Ils pourraient se faire engager au Canada, il parait qu’il y a une pénurie de personnel là-bas.