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Adieu SpaceX ? Ces 7 fusées doivent rendre l’Europe souveraine

Alors que l’Europe a plus que jamais besoin de son propre accès à l’espace, une nouvelle génération de pépites affûte ses propres fusées pour reprendre le contrôle des orbites. Découvrez les plus prometteuses d’entre elles.

En marge du Sommet international sur l’espace réuni à Paris, l’écosystème européen du New Space est en ébullition. La très prometteuse The Exploration Company a par exemple annoncé le développement de Storm, un futur moteur méthanol/oxygène liquide ultra-puissant à combustion étagée.

En parallèle, une alliance européenne a vu le jour pour accélérer le projet Garnet, un concept de rupture de moteur-fusée autophage imaginé par la jeune pousse Alpha Impulsion. Mais l’Europe fait aussi face à un impératif immédiat : retrouver une autonomie d’accès à l’espace sans dépendre des puissants lanceurs américains.

Pour remplacer le modèle historique et garantir sa souveraineté spatiale sur le marché stratégique des petits et moyens satellites, le Vieux Continent doit aussi miser sur ses fleurons privés. Et justement, plusieurs fusées sont d’ores et déjà très prometteuses.

Isar Aerospace Spectrum Fusee
© isar aerospace

Spectrum d’Isar Aerospace

Développée à Munich par Isar Aerospace, Spectrum s’impose comme la chef de file de la nouvelle garde européenne. Cette fusée à deux étages de 28 mètres de haut vise le marché stratégique des constellations et des petits satellites, avec une capacité de charge utile allant jusqu’à 1 000 kilogrammes en orbite basse. Et après plusieurs années de développement intensif et une campagne d’essais au sol rigoureuse, le mini-lanceur vient de devenir la première fusée conçue par une entreprise privée européenne à envoyer des satellites en orbite.

Pour ses tirs, la pépite bavaroise mise sur une double infrastructure : le port spatial d’Andøya en Norvège pour les orbites polaires, ainsi que le mythique pas de tir Diamant à Kourou, en Guyane. Isar Aerospace ne compte pas s’arrêter là et travaille déjà sur des évolutions de Spectrum destinées à accroître sa capacité d’emport.

Pld Miura
© PLD Space

Miura-5 de PLD Space

Long de 35 mètres pour environ 2 mètres de diamètre, Miura-5 est le fleuron de la pépite espagnole PLD Space. Ce lanceur à deux étages, dont le premier est récupérable, est conçu pour placer jusqu’à 540 kg de charge utile en orbite héliosynchrone.

Après une première réussite avec son démonstrateur suborbital Miura 1, la nouvelle version de la fusée doit prendre son envol dans les prochains mois. Mais PLD Space, qui dispose de son propre pas de tir au Centre spatial guyanais de Kourou, prépare activement sa transition vers une cadence industrielle régulière et esquisse déjà des évolutions futures vers la famille Miura Next, un lanceur bien plus puissant.

Maia Space Fusee Espace Europe
© MaiaSpace

Maia de MaiaSpace

Incubée par ArianeGroup, la filiale française MaiaSpace développe Maia, un mini-lanceur de 50 mètres de haut pensé dès l’origine pour être réutilisable. Cette fusée à deux étages peut placer jusqu’à 1 500 kilogrammes de charge utile en orbite basse en version consommable, et environ 500 kilogrammes lorsque son premier étage est récupéré. Le projet s’appuie directement sur les travaux de recherche européens, en intégrant le moteur réutilisable Prometheus. Celui-ci doit également équiper le démonstrateur de premier étage réutilisable européen Themis, et devrait, en toute vraisemblance, propulser les futurs lanceurs lourds européens qui succéderont à Ariane 6.

En plus d’une entrée en service très attendue pour effectuer ses premiers tests orbitaux, MaiaSpace prépare déjà des évolutions stratégiques, notamment l’ajout d’un troisième étage optionnel nommé Colibri, capable de faire grimper la capacité d’emport à 2,5 tonnes tout en effectuant des missions de transfert orbital. La société vient tout juste d’inaugurer son usine d’assemblage, à Vernon dans l’Eure.

Sirius Space
© Sirius Space

Sirius de Sirius Space Services

Fondée en 2020, la pépite tricolore Sirius Space Services conçoit une famille complète de lanceurs réutilisables : Sirius-1, Sirius-13 et Sirius-15, et cible le transport de petits satellites jusqu’à 1 100 kilogrammes en orbite basse. La startup se démarque en misant sur une fabrication ultra-intégrée, ainsi que l’impression 3D métallique. Et justement, elle vient tout juste de franchir un cap majeur avec la validation du premier essai d’allumage de son moteur-fusée STAR-1, un modèle fonctionnant au mélange méthane/oxygène liquide testé au Royaume-Uni.

Double lauréate du plan France 2030, la société basée sur quatre sites français prépare désormais des essais de poussée nominale à Vernon, sur le site d’ArianeGroup, pour valider les jalons du CNES d’ici à la fin de l’année. Elle prévoit le premier vol inaugural de sa fusée à l’horizon 2028.

Zephyr Latitude
© Latitude

Zephyr de Latitude

Nous ne quittons pas la France. Car la startup Latitude est basée à Reims, et son micro-lanceur Zephyr, du haut de ses 19 mètres, a vocation à conquérir le marché très courtisé des nanosatellites et microsatellites.

Afin de tenir des coûts extrêmement compétitifs et assurer une cadence de production élevée, la pépite fabrique son propre moteur imprimé en 3D dans ses usines champenoises. Il fonctionne avec un mélange de kérosène et d’oxygène liquide.

Latitude prépare désormais les étapes de qualification en vue d’un vol inaugural très attendu depuis le Centre spatial guyanais de Kourou. Fidèle à son approche modulaire, Latitude n’exclut pas de décliner à terme sa fusée vers des capacités de charge utile plus ambitieuses.

Fusee Sl1
© HyImpulse

SL1 de HyImpulse

Spin-off du centre de recherche aérospatial allemand (DLR), HyImpulse conçoit SL1, un lanceur léger à trois étages de 27 mètres de haut. Elle se distingue surtout par un choix très audacieux : une propulsion hybride qui combine de la paraffine solide (de la cire à bougie) et de l’oxygène liquide. Ce mélange non toxique, non explosif et extrêmement stable réduit drastiquement la complexité des systèmes d’alimentation.

HyImpulse a déjà réussi un tir d’essai de sa fusée sonde SR75 en Australie et en vise un second. Elle prépare activement la qualification de SL1 en vue de son vol inaugural d’ici à la fin de l’année prochaine, si tout se passe comme prévu. Le mini-lanceur opérera principalement depuis le port spatial de SaxaVord dans les îles Shetland, un site idéal pour la mise en orbite polaire et héliosynchrone des constellations de satellites.

Rfa One
© RFA

RFA One de Rocket Factory Augsburg

Créée en 2018 au sein du groupe aéronautique OHB, la startup bavaroise Rocket Factory Augsburg développe RFA One, un lanceur léger à trois étages de 30 mètres de haut. La jeune pousse a choisi la combustion étagée pour son moteur Helix alimenté au kérosène et à l’oxygène liquide, une architecture à haut rendement énergétique rarement utilisée sur des micro-lanceurs.

Et pour réduire ses coûts de production, RFA s’inspire directement des méthodes de l’industrie automobile, et opte pour des composants métalliques soudés et de l’acier inoxydable de série.

À l’été 2024, le premier étage de son prototype a explosé de manière spectaculaire lors d’un essai statique, poussant la firme à reconstruire un modèle. Et son vol inaugural prévu pour l’été 2026 a été reporté en raison d’une anomalie détecté sur son pas de tir. La fusée demeure, malgré tout, un très grand espoir pour le spatial made in Europe.

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