Il y a quelques semaines, la France accueillait les Jeux Olympiques 2024, et c’est Toyota qui s’occupait de fournir la voiture officielle de l’évènement. Toutefois, la Toyota Mirai, berline à hydrogène choisie comme véhicule officiel, suscitait alors l’ire de nombreux scientifiques, ravivant le débat sur l’avenir énergétique du secteur automobile. Et si la voiture électrique “classique” continue sa montée en puissance, c’est “plus compliqué” en ce qui concerne le marché de la voiture à hydrogène.
La voiture à hydrogène en grande (grande) difficulté
En effet, selon les derniers chiffres révélés par SNE Research, le premier semestre 2024 a vu s’écouler un total de… 5 621 véhicules à pile hydrogène. C’est peu, et c’est même moins que l’an dernier, avec un total de 8 524 véhicules écoulés sur cette même période, soit une chute de près de 35%. Pour revenir sur la Mirai de Toyota (et la Crown), on accuse ici une baisse de près de 45% d’une année sur l’autre. Idem chez Hyundai avec une chute de 42%.
Globalement, c’est en Chine et en Corée que la voiture à hydrogène se vend le mieux, s’accaparant 70% du marché en 2023. Lors du premier semestre 2024, et quand bien même les deux pays affichent un net recul concernant la voiture à hydrogène, la Chine s’échappe en tête, avec 44,5% (soit 2 500 véhicules), contre un peu plus de 30% pour la Corée (avec 1742 véhicules). En Europe, la part de marché a augmenté d’un peu plus de 21% en 2024, en passant… de 489 ventes en 2023, à 594 ventes.
Toutefois, la plus grosse baisse est à mettre au crédit du territoire nord-américain. En effet, aux Etats-Unis, si 1 825 véhicules à hydrogène trouvaient preneur durant le premier semestre 2023, ce sont seulement 322 modèles qui ont été écoulés ce premier semestre 2024. De quoi accuser une baisse de plus de 82%. Evidemment, les automobilistes se tournent davantage vers les modèles électriques, avec une offre toujours plus large, sans compter des performances accrues, tout comme l’autonomie et la recharge.
Contrairement aux véhicules électriques, dont les infrastructures de recharge se multiplient, la voiture à hydrogène souffre cruellement du manque de stations d’avitaillement en hydrogène. Pire encore, aux Etats-Unis, Shell a récemment annoncé son intention de fermer définitivement ses stations d’hydrogène en Californie, soit un total de 55 stations.
En France, depuis décembre 2020, un plan à 7 milliards d’euros a été lancé, baptisé « Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné ». S’ajoute à cela 1,9 milliard d’euros, une enveloppe issu du plan France 2030, mais la frénésie initiale semble (déjà) s’essouffler.
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