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Malgré le fiasco de Starliner, la NASA fait toujours confiance à Boeing

La NASA ne veut pas laisser tomber Boeing et son programme Starliner, malgré l’immense fiasco du premier vol habité vers l’ISS.

Depuis des années, la NASA tente de développer une “privatisation” de l’espace. Elle vend des services à des entreprises tierces, via des contrats, pour fluidifier l’accès à l’espace et accélérer les procédures. Le grand gagnant de cette nouvelle politique, commencé au début des années 2000, c’est évidemment SpaceX.

L’entreprise d’Elon Musk est une “création” de la NASA comme le rappelait Olivier Sanguy, journaliste et expert de l’histoire spatiale dans cet article. SpaceX a remporté des milliards de dollars grâce aux contrats de la NASA, à commencer par le COTS, qui confie aux entreprises privées le pouvoir d’envoyer des astronautes dans la station spatiale internationale (ISS).

Boeing entre dans la danse

Le contrat COTS a permis la construction du vaisseau Crew Dragon de SpaceX, envoyant des dizaines d’astronautes dans l’espace depuis 2020. C’est notamment le cas du français Thomas Pesquet, parti dans une fusée SpaceX lors de son deuxième séjour dans l’ISS.

L’arrivée de SpaceX sur ce marché est une très bonne nouvelle pour la NASA. Depuis l’arrêt des navettes spatiales, elle devait envoyer ses astronautes dans l’espace à bord d’une fusée russe. Un désaveu terrible pour la première puissance spatiale au monde.

Avec SpaceX des vols depuis le sol américain sont possibles, mais la NASA veut voir encore plus grand. Comme à chaque fois qu’elle confie une tâche à des sociétés privées, elle veut se trouver deux clients, afin de lancer une guerre des prix et s’assurer une solution de secours en cas de problème sur l’une des deux entreprises.

Le géant de l’aéronautique Boeing sentant le bon coup, tente sa chance. Le projet Starliner est alors retenu par la NASA. Depuis des années, le vaisseau est en cours de développement, et le premier vol habité est longtemps reporté. Finalement, il aura lieu en juin 2024, malgré des fuites repérées avant le décollage.

Le fiasco

Astronaute Nasa Sante
Sunita Willams et Butch Wilmore, les deux astronautes bloqués dans l’espace après l’échec de Starliner © SpaceX

Cette mission, pensée pour durer une petite semaine, amène les deux astronautes expérimentés Butch Wilmore et Sunita Williams dans l’ISS. Ils doivent y passer quelques jours, avant de rentrer sur Terre. Ils ont été choisis pour leur expérience, et il est prévu qu’ils fassent des retours sur les différences entre Starliner et les autres systèmes de vol.

Mais quelques heures après leur arrivée dans l’ISS, rien ne se passe comme prévu. La NASA détecte des fuites dans Starliner et le vaisseau est rapidement jugé inapte pour le vol habité. Starliner va donc rentrer à vide, et les deux astronautes, venus passer quelques jours dans l’espace resteront plus de 9 mois au-dessus de nos têtes, loin de leurs familles.

La NASA garde confiance

Boeing capsule CST-100 Starliner
© NASA

Un tel échec est une vraie catastrophe pour Boeing. Au lendemain du retour, vide, du vaisseau Starliner, beaucoup assurent que le programme est condamné. Des bruits de couloirs assurent que la NASA cherche déjà une autre entreprise pour rejoindre l’ISS. Pendant quelques heures, l’américain Rocket Lab est sur toutes les lèvres.

Mais ces rumeurs vont prendre fin rapidement. La NASA organise une conférence de presse assurant que l’agence garde confiance en Starliner. Le projet est toujours sur les rails, bien que très fragile. Aujourd’hui, alors que les deux astronautes sont rentrés sur Terre, l’agence spatiale américaine annonce que Boeing et Starliner vont voler à nouveau.

Un lancement, à vide, va être réalisé dans les prochains mois pour s’assurer du bon fonctionnement du vaisseau. De nombreux changements dans la structure de l’appareil ont été entrepris ces derniers mois par Boeing pour résoudre les problèmes. La NASA espère que ce vol se passera sans encombre. Si tel est le cas, Starliner sera autorisé à renvoyer des astronautes dans l’espace rapidement.

Le temps presse pour l’agence spatiale américaine, qui ne dispose d’une station spatiale internationale que pour quelques années. L’ISS a en effet une date de péremption. Elle sera dépassée en 2030, date annoncée de la mise à mort de la station spatiale internationale.

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