La NASA a frappé fort. Lors de son événement interne baptisé Ignition ce 24 mars, l’agence spatiale américaine a dévoilé une série d’annonces majeures sous l’impulsion de son nouvel administrateur, Jared Isaacman. Et c’est une annonce en particulier qui a retenu notre attention : le lancement d’un vaisseau à propulsion nucléaire vers Mars, avant la fin 2028.
Nommé Space Reactor-1 Freedom (SR-1 Freedom), il s’agit du « premier vaisseau interplanétaire à propulsion nucléaire électrique », indique la NASA, c’est-à-dire une technologie étudiée depuis des décennies mais jamais envoyée dans l’espace. Concrètement, au lieu de dépendre de panneaux solaires, inefficaces au-delà de Jupiter, le SR-1 utilisera un réacteur nucléaire embarqué pour se propulser dans le système solaire profond.
À son arrivée sur Mars, il déploiera une flotte d’hélicoptères de type Ingenuity, baptisée Skyfall, pour continuer l’exploration de la planète rouge. L’objectif affiché est clair : poser les bases industrielles, réglementaires et techniques pour les futures missions de longue durée, jusqu’à Mars et au-delà. Pour l’heure, toutefois, on ignore encore qui en sera le maître d’œuvre, mais la NASA travaille déjà avec le département de l’Énergie américain sur le projet.

Sur la Lune, un plan en trois phases
Mais la Lune reste la priorité immédiate. Artemis II, qui doit envoyer quatre astronautes en orbite lunaire, est attendue pour avril. Et finalement, Artemis III, prévue en 2027, ne sera pas un alunissage : elle se concentrera sur des tests de systèmes en orbite terrestre. C’est Artemis IV qui marquera le premier vrai retour des humains sur la surface lunaire depuis Apollo. Ensuite, l’agence vise un alunissage par an minimum, avec l’ambition d’atteindre le rythme de tous les six mois. Pour y parvenir, la NASA prévoit de s’appuyer sur au moins deux prestataires commerciaux capables d’acheminer des astronautes vers la surface.
Il fallait s’y attendre, la station spatiale Gateway, en orbite lunaire, est mise en pause dans sa forme actuelle, l’agence préférant clairement investir dans une infrastructure directement à la surface. Son plan se déroule en trois phases : d’abord envoyer rovers, instruments et démonstrateurs technologiques, avec jusqu’à 30 alunissages robotiques dès 2027 ; ensuite installer une infrastructure semi-habitable et enfin, établir une présence humaine continue grâce à des habitats. Le tout au travers d’une collaboration internationale, avec le Japon et l’Italie, notamment.
« Pour renvoyer les Américains sur la Lune, la NASA adopte une approche itérative axée sur l’exécution, à l’instar de ce que nous avions fait lors du programme Apollo. Nous harmonisons l’architecture des fusées, diffusons l’expertise de la NASA dans l’ensemble du secteur et augmentons la fréquence des lancements afin de soutenir des opérations lunaires durables », commente Jared Isaacman.
To return Americans to the Moon, NASA is shifting to an iterative, execution-focused approach – just as we did during Apollo.
We are standardizing rocket architecture, embedding NASA expertise across industry, and increasing launch cadence to support sustained lunar operations.…
— NASA Administrator Jared Isaacman (@NASAAdmin) March 24, 2026
Et l’ISS dans tout ça ?
Reste la question de l’orbite basse. La Station spatiale internationale (ISS), opérationnelle depuis plus de vingt ans, ne peut pas fonctionner indéfiniment. Elle doit venir s’abîmer au beau milieu de l’océan Pacifique au début des années 2030.
Mais, alors que la Chine se mue en puissance spatiale incontournable, la NASA veut éviter toute rupture de présence américaine dans l’espace. Ainsi, elle propose un nouveau modèle hybride : d’abord, attacher un module gouvernemental à l’ISS, puis y connecter des modules commerciaux qui gagneraient progressivement en autonomie avant de s’en détacher pour voler librement.
L’idée est de laisser le temps au marché commercial de mûrir plutôt que de forcer une transition que l’industrie ne serait pas prête à absorber. Car la relève est bel et bien au diapason.
- La NASA a annoncé le lancement d’un vaisseau à propulsion nucléaire vers Mars en 2028, en plus d’une refonte complète du programme Artemis.
- Le premier vrai alunissage est repoussé à Artemis IV, tandis que la station spatiale Gateway est mise en pause.
- L’ISS, elle, bénéficiera d’une transition vers le commercial plus progressive que prévu.
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