La NASA compte parmi les institutions publiques américaines les plus emblématiques. Reconnue dans le monde entier, elle incarne depuis des décennies l’excellence scientifique et technologique.
Depuis la réélection de Donald Trump à la présidence en novembre 2024, l’agence traverse une période de profondes turbulences. Le président américain affiche un objectif clair : réduire au maximum la dette fédérale. Pour y parvenir, il ne dispose que de deux leviers : augmenter les recettes du pays ou réduire drastiquement les dépenses publiques.
Au début de l’année 2025, la NASA s’est rapidement retrouvée en première ligne des coupes budgétaires. Avec un budget de 24,8 milliards de dollars par an, elle est une dépense importante pour le contribuable américain.
Pour faire des économies, Donald Trump a sorti la « tronçonneuse » — une métaphore popularisée par le président argentin Javier Milei pour désigner des coupes budgétaires massives
Le budget de la NASA pour 2026 pourrait tomber à 18,8 milliards de dollars. Une réduction de 25 % par rapport à 2025. Pire encore, les crédits destinés aux sciences spatiales devraient, eux, chuter de 47 %. Face à une telle crise, la NASA devra aussi réduire ses effectifs. Un tiers du personnel est menacé.
Osiris-Apex : une mission scientifique, un symbole politique

Dans ce capharnaüm économique, la mission OSIRIS-APEX fait office de symbole. À l’origine elle faisait partie des 19 missions scientifiques de la NASA annulées pour raisons budgétaires. Mais grâce aux efforts de l’agence, elle a finalement été réintégrée au sein du budget 2026.
Dani Della Giustina, chercheur principal, rappelle que cette mission est une « occasion en or » pour observer un astéroïde « tueur de planètes ». OSIRIS-APEX a été construite sur les restes d’une précédente mission, OSIRIS-REX. En 2023 elle a largué des échantillons de l’astéroïde Bénou.
Restée en orbite, elle était encore « en pleine santé », selon le scientifique. La NASA avait alors décidé de la renvoyer en mission. Sa nouvelle cible était l’astéroïde Apophis. D’une taille de 340 mètres de diamètre, il passera à quelques millions de kilomètres de la Terre en 2029.
À la NASA les victoires sont rares
Mais le maintien de cette mission n’est qu’une éclaircie dans un ciel noir. Sur les 19 missions visées par des coupes de budget, 17 sont toujours menacées. En plus d’OSIRIS-APEX, seule la mission MMS (Mission Magnétosphérique multiéchelle) a reçu une subvention exceptionnelle de 20 millions d’euros.
Pour les 17 autres missions, l’agence spatiale américaine fait face à deux scénarios. Le premier, celui proposé par la Chambre des représentants, réduit le budget alloué aux « sciences spatiales » à 6 milliards de dollars.
L’autre option, proposée par le Sénat, maintient le budget actuel de 7,3 milliards de dollars, déjà validé pour 2025. Les deux chambres du Congrès doivent trouver un terrain d’entente, dans les plus brefs délais.
Le mal est fait
Quoi qu’il en soit, la NASA ne sortira pas indemne de cette crise. De nombreux scientifiques ont déjà quitté le navire et des sections entières ont été fermées. Surtout, la bataille menée cette année pour le vote du budget 2026 devra encore être réitérée deux fois (au minimum).
L’agence spatiale américaine sait qu’elle devra céder sur certains points, alors que ses coûts pour retourner sur la Lune ne font qu’exploser. Les missions à forte valeur scientifique se retrouvent, de facto, en première ligne lors des coupes budgétaires.
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