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Navette spatiale : 20 ans après, le fantôme de Columbia obsède Donald Trump et manipule la NASA

22 ans après la tragédie Columbia, la navette spatiale refait surface dans le débat politique américain. Donald Trump et son futur patron de la NASA veulent rapatrier Discovery à Houston, quitte à défier le Smithsonian et une partie du monde scientifique.

Jared Isaacman, futur administrateur de la NASA choisi par Donald Trump, s’est récemment entretenu avec le sénateur texan John Cornyn. Et lui aussi soutiendrait un projet explosif, autant d’un point de vue politique que symbolique : ramener la navette spatiale Discovery à Houston, au Johnson Space Center.

L’idée, défendue depuis des années par les élus texans, est désormais portée par la Maison-Blanche et inscrite noir sur blanc dans la vaste loi budgétaire One Big Beautiful Bill. De quoi renforcer une initiative qui, malgré l’appui du futur patron de la NASA, reste loin de faire consensus.

Navette Discovery
© Artsiom P / Shutterstock.com

Un pilier de l’histoire spatiale américaine

Car il faut bien comprendre ce qu’a représenté le programme de la navette spatiale américaine. Brillant sur le plan technologique grâce à la réutilisation des vaisseaux, il s’est aussi révélé un gouffre financier et, surtout, un traumatisme national. Après Challenger en 1986, puis Columbia en 2003, accidents au cours desquels l’ensemble de l’équipage a péri, les États-Unis ont fini par mettre un terme au programme en 2011.

Ce passé nourrit un discours récurrent : la mémoire de la conquête spatiale doit revenir là où elle s’est écrite, à Houston. Or, les quatre navettes restantes sont exposées en dehors de l’État. Atlantis est au Kennedy Space Center Visitor Complex en Floride, Endeavour au California Science Center à Los Angeles, Enterprise au musée Intrepid Sea, Air & Space de New York et enfin, Discovery est mise en avant au Steven F. Udvar-Hazy Center du Smithsonian, en Virginie.

Et ce n’est pas pour rien si c’est elle qui est ciblée par les républicains. Discovery a effectué 39 missions, 5 830 orbites et passé 365 jours dans l’espace. C’est un pilier de l’histoire spatiale américaine. En plus d’avoir lancé l’emblématique télescope Hubble en 1990, elle a aussi servi aux deux missions de retour en vol après les tragédies de Challenger et Columbia.

Discovery Smithsonian
© Smithsonian National Air and Space Museum

La ramener « en un seul morceau »

Aujourd’hui, la navette est conservée intacte pour permettre aux ingénieurs et chercheurs d’étudier son architecture unique, faite de 25 000 tuiles thermiques et d’une structure allégée de 3,6 tonnes par rapport à ses prédécesseurs. Et la déplacer pourrait l’endommager irrémédiablement, d’autant plus s’il faut la désassembler.

Mais en coulisses, Isaacman se serait engagé à transporter Discovery « en un seul morceau ». Reste à voir sous quelles conditions. Une chose est sûre, cette décision risque de creuser un peu plus de dissonances au sein de la communauté scientifique américaine.

  • Jared Isaacman, futur administrateur de la NASA choisi par Donald Trump, soutient désormais le projet texan de rapatrier la navette spatiale Discovery à Houston.
  • Une initiative inscrite dans la loi One Big Beautiful Bill, mais qui ravive les tensions autour d’un programme marqué par les drames de Challenger et Columbia.
  • Déplacer Discovery, au risque d’endommager un artefact unique, divise au sein de la communauté scientifique américaine.

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