C’est la petite information que Revolut n’avait pas clairement mentionnée dans le communiqué de presse succédant à l’inauguration de ses nouveaux bureaux dans le quartier financier de Canary Wharf à Londres. En débloquant une enveloppe d’investissement de 11,5 milliards d’euros sur 5 ans, avec la promesse de création de 10 000 emplois, Revolut aimerait aussi racheter une banque américaine. Le projet, en parallèle de celui d’obtenir une licence bancaire au Royaume-Uni, lui permettrait d’étendre ses services sur le marché américain où la néo-banque s’installait en 2020.
Racheter une banque permettrait à Revolut de récupérer sa licence bancaire, en plus de ses clients et de ses emplois. Un moyen d’aller plus vite. À l’agence Reuters, le PDG américain de Revolut Sid Jajodia confirmait qu’il étudiait la possibilité d’acquérir un établissement bancaire américain, mais qu’il n’écartait pas la possibilité de demander leur propre licence bancaire dans le pays également. Si les espoirs pour une licence bancaire britannique convergent vers une acquisition d’ici la fin de l’année, on ne sait pas à quel horizon Revolut compte récupérer ce sésame côté américain, mais rappelons tout de même l’objectif des 100 millions de clients dans le monde, fixé à la mi-2027.
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Quelle banque Revolut va-t-il racheter aux États-Unis ?
Pour racheter une banque, Revolut aura besoin d’argent. Au cas où son budget serait compris dans l’enveloppe des 11,5 milliards d’euros d’investissement sur cinq ans, alors la néo-banque n’ambitionnerait certainement pas d’acquérir une banque de renom. L’objectif principal serait donc de récupérer ses papiers réglementaires plus que de récupérer ses clients. Dans l’enveloppe, 1,5 milliard d’euros doit déjà être alloué à l’investissement de Revolut dans son siège à Paris, un peu moins de 4 milliards au Royaume-Uni, et 500 millions dans des dépenses déjà prévues aux États-Unis.
Il reste donc une petite part qui n’a pas été clairement allouée, même si Revolut a mentionné les marchés Amérique latine, Asie-Pacifique et Moyen-Orient parmi ses autres focus.

Au Royaume-Uni, les 12 millions de clients de Revolut restent limités en matière de produits bancaires (ce qui a pour effet de limiter le rendement de chaque client pour Revolut). Avec une licence de crédit, l’offre de la néo-banque deviendrait celle d’une vraie banque, avec des cartes de crédit et des crédits non garantis. En France, Revolut compte 6 millions de clients (même si on ne sait pas à quel point chacun est actif). Dans le monde, Revolut considère avoir ouvert 65 millions de comptes, de quoi dépasser le nombre de clients d’une banque comme HSBC. Cela dit, ses revenus sont bien inférieurs.
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