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Nous avons testé la nouvelle Audi A6 hybride, l’Audi qui ne devait pas exister

Audi a tout misé sur les véhicules électriques il y a une poignée d’années. Face à des ventes devenues insuffisantes, la marque rétropédale et sort en urgence l’A6 hybride qui ne devait jamais voir le jour. Que vaut cette routière statutaire née en dernière minute ?

L’avant est banal. Le profil est banal. L’arrière est banal. La nouvelle Audi A6 a beau tomber dans un classicisme excessif, elle est possiblement l’un des modèles récents les plus importants pour la marque. Et pour cause, la grande routière ne devait initialement être qu’électrique. Finalement, l’A6 e-tron fera route commune avec une A6 thermique. Nous avons pris en main la version e-hybrid au fin fond de l’Andalousie.

« Tu feras attention là-bas, quelqu’un s’est déjà fait une jante ». Cela commence bien pour moi qui ai une peur panique des zones étriquées. 5 mètres de long et 2,09 mètres de large dans les rues exigües du vieux Séville, j’ai déjà connu plus drôle. Frotter les jantes de 21 pouces facturées 3 400 € rajoute un chouïa de pression à un stress déjà élevé. Pourtant, l’inquiétude se fait vite oublier malgré l’étroitesse des voies empruntées.

L’Audi A6 aux quatre roues directrices

Comment est-ce possible ? L’Audi A6 hybride a une astuce secrète inconnue de l’A6 électrique : ses quatre roues directrices ! À faible vitesse, l’essieu arrière braque dans le sens inverse de l’essieu avant, ce qui améliore sensiblement la maniabilité en milieu urbain. Dont acte, l’auto s’est montrée particulièrement agile en toutes circonstances, y compris dans les embranchements piégeux à 90°. Les jantes sont saines et sauves. Ouf…

La colonne vertébrale est également épargnée puisque notre modèle disposait des suspensions pneumatiques disponibles en option contre 2 100 €. Ce système dispense quatre réglages distincts faisant varier la hauteur de caisse en conséquence sur une plage de 60 millimètres. Le mode Comfort avait notre préférence et c’est d’ailleurs celui qui sied le mieux à la personnalité de cette A6 e-hybrid.

Des suspensions pneumatiques efficaces

Très appréciable sur les pavés, la souplesse de l’amortissement limite grandement les percussions indésirables. Et l’ensemble continue de dérouler ses atouts une fois sorti de la capitale andalouse. Sur les Autovias au revêtement accidenté, le moelleux des suspensions confirme le statut de grande routière de l’A6. Il n’y a que sur les grosses irrégularités que les amortisseurs peuvent brutalement arriver en fin de course. Mais le phénomène est rare.

De toute manière, il est possible de contourner le problème en réglant les suspensions sur le programme Dynamic qui raffermit sensiblement les amortisseurs et limite alors le tangage. La caisse s’abaisse aussi de 15 millimètres par rapport au mode Comfort afin de minorer le centre de gravité. Intéressant, même si cela nous paraît superflu sur une berline de 2 205 kg qui n’a pas réellement vocation à enchaîner les lacets.

Une Audi A6 silencieuse

Le mieux est d’adopter une conduite coulée afin d’apprécier son confort renforcé par une insonorisation de haut niveau. Les bruits aérodynamiques sont ainsi minimes grâce au vitrage feuilleté. Seules quelques nuisances remontent au niveau des pneus lorsque le revêtement est granuleux. Bonne à l’avant, l’habitabilité devient encore meilleure à l’arrière où les occupants pourront facilement étendre leurs jambes.

Par rapport à l’A5 que nous avons essayée le jour d’avant, c’est le jour et la nuit. Bien plus vastes, les assises soutiennent plus efficacement les cuisses en étant mieux positionnées. La garde au toit est également meilleure alors que les réglages de ventilation sont plus nombreux. Notre modèle d’essai était ainsi équipé des sièges arrière chauffants et d’une climatisation quadrizone. Royal !

La puissance tranquille

Les places arrière constituent donc un atout majeur qui motivera l’achat de l’A6 par rapport à l’A5. Seul le très imposant tunnel de transmission compliquera les affaires du troisième passager assis au centre, aussi bien dans l’A5 que l’A6. Le problème est partagé car les deux berlines retiennent la même mécanique e-hybrid obligatoirement associée à la transmission intégrale Quattro.

Au menu, un bloc quatre-cylindres de 2.0 l associé à un électromoteur pour une puissance cumulée de 299 ou 367 ch. Notre A6 retient cette seconde configuration avec une batterie de 25,9 kWh offrant une autonomie électrique de 105 km. Pas de coup de pied aux fesses en réel, l’A6 relance fort sans violence dans les routes sinueuses de l’arrière-pays andalou. L’électromoteur lisse les changements de rapports de la boîte S tronic, pas très réactive.

Autonomie électrique suffisante pour l’Audi A6

105 km d’autonomie électrique, c’est beaucoup. On pourra alors siroter la batterie d’une traite ou bien laisser la voiture gérer le mode hybride en fonction de la navigation. Le système pourra ainsi faire un usage intelligent des kilowattheures selon la topologie du parcours et les conditions de circulation. En ville, le roulage électrique est ainsi privilégié alors que le moteur thermique prend pleinement le relais sur autoroute.

Dans les embouteillages, le mode électrique reprend le dessus tandis que la bascule hybride s’opère sur route. Le but ? Arriver à plat à destination ou bien avec un niveau de charge restant prédéfini sur l’écran tactile. Le stratagème fonctionne : sur notre périple de 250 km, la consommation s’est stabilisée à 4,5 l/100 km. Comme sur l’A5, l’A6 hybride assure plus de 90 % des ralentissements avec le freinage régénératif en se basant sur le trafic. Notons enfin qu’il est possible de jouer des palettes pour moduler soi-même le freinage en mode EV.

Même intérieur pour l’A5 et l’A6

Très commode dans les rues escarpées du village d’Osuna, à 100 km de Séville, où le dénivelé est particulièrement impressionnant. On profite alors d’une brève halte devant le château aujourd’hui transformé en université pour détailler l’habitacle de cette A6. Les matériaux sont bons dans le global même si un point questionne : quel est l’intérêt d’acheter une A6 par rapport à une A5 puisqu’elles partagent quasiment la même planche de bord ?

On retrouve en effet le barda d’écrans planté face aux occupants avec une ergonomie à parfaire. Bien que la résolution soit bonne et la fluidité au rendez-vous, la navigation entre menus demeure compliquée. La réalisation est aussi similaire dans un cas comme dans l’autre. Les zones supérieures soignées laissent place à des plastiques plus basiques en partie inférieure. Flatteur pour le propriétaire d’A5, moins pour celui ayant signé pour l’A6.

Des prix élevés

Charger la valise permet aussi de se rendre compte à quel point le coffre est réduit. Proche de celle de l’A5 qui est déjà insuffisante (331 l), la capacité d’emport de l’A6 devient indécente rapporté au gabarit (354 l). L’A6 e-hybrid rend ainsi près de 100 l à l’A6 purement thermique et gonfle son prix d’attaque à vue d’œil. Alors que la version TDI débute à 68 550 €, la e-hybrid ouvre sa gamme à 74 850 €.

Difficile à avaler, d’autant plus que notre finition S line réclame au minimum 81 400 € sans compter le malus au poids. La BMW Série 5 équivalente est moins chère alors que la Mercedes Classe E comparable est au même prix. Audi vise donc haut avec une voiture certes bien équipée, mais trop proche de sa petite sœur. On se sent alors moins valorisé quand les Série 5 et Classe E se caractérisent par leurs habitacles plus spécifiques.

Notre avis sur l’Audi A6 e-hybrid

Difficile à croire de l’extérieur qu’il s’agit d’une nouvelle génération. L’Audi A6 déroule plutôt sa modernité à bord. Écrans XXL, équipements de pointe, matériaux de qualité… L’ensemble ravit… tant que l’on n’est pas monté dans l’A5 à la présentation similaire. Pour justifier l’achat de l’A6, il faudra passer aux places arrière, bien plus vastes. Quant au confort, il est effectivement supérieur si l’on coche les bonnes options. Mais le tarif atteint alors des sommets.

La version e-hybrid ajoute beaucoup de douceur à la conduite et se montre particulièrement économe en carburant. Hélas, son surcoût par rapport au diesel est difficilement rattrapable. Sa polyvalence est aussi écornée par un réservoir plus petit (46 l contre 60 l pour la TDI) et un coffre devenu ridicule. À l’instar de l’A5 e-hybrid, l’A6 e-hybrid n’est pas une mauvaise voiture. Sa cible est ailleurs : l’allemande s’adressera surtout à une clientèle spécifique, les professionnels, qui devraient représenter plus de 90 % des ventes.

Audi A6 (6)
© Thomas Kim pour Presse-citron

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Audi A6 e-hybrid S line

81 400 €
7

Verdict

7.0/10

On aime

  • Confort de bon niveau
  • Hybridation convaincante
  • Habitabilité arrière
  • Autonomie électrique

On aime moins

  • Options trop nombreuses
  • Réservoir restreint
  • Qualité de finition inégale
  • Coffre trop réduit