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NVIDIA perd 5,5 milliards de dollars à cause des États-Unis : voici pourquoi

Neutraliser la Chine, quitte à brider ses propres leaders : la stratégie américaine coûte très cher à NVIDIA.

Depuis plusieurs mois, Washington affûte sa doctrine comme certains le feraient avec une lame : ralentir la montée en puissance technologique de Pékin, quitte à compliquer la vie des gros poissons américains. Cette tactique, déjà éprouvée avec les sanctions contre Huawei ou l’interdiction d’exporter certains composants, vient de produire un nouvel effet secondaire.

NVIDIA vient d’annoncer 5,5 milliards de dollars de pertes comptables liées à ses puces H20, devenues invendables après leur interdiction d’exportation vers la Chine. Un autre coup dur après le gros coup de canon envoyé par Biden au mois de janvier.

Contrôler l’IA, quitte à briser ses propres champions

La puce H20 était justement taillée pour échapper aux premières vagues de restrictions américaines. Même avec sa puissance réduite, elle offrait toutefois des performances décentes pour les clients chinois, tout en respectant les seuils imposés par l’administration américaine. Pas assez pour entraîner les modèles les plus lourds, mais suffisant pour l’inférence ; cette phase où le modèle, déjà formé, génère des réponses.

C’est précisément là que la H20 se positionnait : un compromis technique devenu, aujourd’hui, un problème politique.

Malgré ses limites, la H20 restait tout à fait capable d’interfacer des modules à très haut débit. Mémoire, connectivité, optimisation : des caractéristiques jugées trop sensibles par Washington. Le Département du commerce a donc tranché : la puce est désormais soumise à une licence d’exportation, sans qu’on sache si ces autorisations seront un jour accordées.

Le porte-parole du département à la supervision des contrôles des exportations américaines a simplement déclaré : « Le Département du Commerce est déterminé à donner suite à la directive du Président afin de sauvegarder notre sécurité nationale et économique ». Les États-Unis bloquent donc leurs propres produits à l’export quand ils soupçonnent qu’ils pourraient servir des intérêts qu’ils ne contrôlent pas à 100 % : la schizophrénie impériale dans toute sa splendeur.

Tencent, DeepSeek, supercalculateurs : les lignes rouges sont franchies

Le contrat techno-moral de l’Oncle Sam n’a pas été respecté, ce qui explique ce durcissement. Selon l’Institute for Progress : « Tencent, au moins l’un des acheteurs, aurait déjà installé des puces H20 dans un site dédié à l’entraînement d’un modèle de grande taille, ce qui violerait très probablement les réglementations en vigueur limitant l’utilisation de telles puces dans des supercalculateurs dépassant certains seuils ».

Tencent n’est pas seule, un autre champion chinois est visé ; DeepSeek et son supercalculateur qui « utilisé pour l’entraînement de leur modèle V3 [NDLR : le dernier en date, sorti à la fin du mois de mars], enfreindrait assurément lui aussi ces mêmes règles ». Le signal est clair : Washington ne veut plus prendre le risque d’être devancé sur le territoire de l’IA haute performance, qu’elle veut occuper coûte que coûte – et tout progrès étranger est désormais considéré comme une incursion non autorisée.

Pour NVIDIA, les conséquences seront catastrophiques : stocks invendables, contrats suspendus, investissements à perte. Même en ayant tenté de s’adapter aux exigences du grand régulateur, le cadre a trop vite évolué et l’entreprise se retrouve en position de confinement technologique. Elle qui avait annoncé avec TSMC un investissement de 500 milliards de dollars pour soutenir le développement des infrastructures IA aux États-Unis, la pilule doit être difficile à avaler. Une humiliation économique en bonne et due forme.

  • Les États-Unis ont bloqué l’exportation vers la Chine de la puce H20 ; développé par NVIDIA ; jugée trop sensible malgré ses limitations techniques.
  • Certains géants chinois de l’IA comme Tencent et DeepSeek sont accusés d’avoir utilisé ce composant pour contourner les restrictions sur leurs supercalculateurs.
  • NVIDIA encaisse donc une lourde perte financière, conséquence directe d’un changement de cap politique qu’elle n’a pas pu anticiper.

 

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