L’éthique des géants de l’intelligence artificielle est régulièrement remise en question et pointée du doigt. Aujourd’hui, OpenAI est à nouveau attaqué à propos de la façon dont elle a entraîné et formé son robot conversationnel.
Cette semaine, plusieurs auteurs américains, dont George R. R. Martin (Game of Thrones), ont déposé une requête devant un tribunal fédéral de New York et affirment que l’intelligence artificielle de Sam Altman a utilisé des milliers d’oeuvres téléchargées illégalement sur un site pirate reconnu.
OpenAI et le téléchargement illégal ?
Ce n’est pas la première fois que des écrivains, dont George R.R. Martin, reprochent le mépris d’OpenAI pour les droits d’auteur. Si en 2023, ils accusaient déjà ChatGPT et l’entreprise de Sam Altman d’avoir utilisé leurs oeuvres sans autorisation, notamment à partir de copies piratées, de nouveaux éléments ont rejoint le dossier en trois ans. À l’heure actuelle, les auteurs accusent OpenAI d’avoir directement téléchargé par torrent de nombreux livres depuis un site pirate notoire, Library Genesis (aussi appelé LibGen).
Pire, OpenAI aurait carrément rebaptisé les compilations internes “Libgen1” et “Libgen2” en “Books1” et “Books2” pour effacer les preuves de leur provenance illégale. Pour éviter des déboires juridiques, l’entreprise a ensuite complètement supprimé ces fichiers.
Le dossier s’appuie, notamment, sur des tweets d’un ancien salarié d’OpenAi, en charge de piloter la qualité rédactionnelle des modèles GPT. L’année dernière, il confiait sur X (ex-Twitter) que l’une de ses missions consistait à faire écrire les deux derniers tomes de la saga de George R.R. Martin par l’intelligence artificielle.
Face à ces accusations, OpenAI revendique le “fair use” et défend l’idée que l’entraînement d’une intelligence artificielle est un usage transformateur, et donc potentiellement équitable. Concrètement, le “fair use” (ou usage raisonnable par chez nous) est une exception au droit d’auteur américain qui peut permettre, dans certaines circonstances, d’utiliser une oeuvre protégée sans obtenir l’autorisation de son titulaire. Dans le cas de l’IA, l’un des principaux arguments avancés par les entreprises est que les oeuvres ne sont pas utilisées pour être simplement reproduites, mais pour entraîner un modèle capable de générer de nouveaux contenus.
Mais cette défense ne règle pas nécessairement la question de l’origine des oeuvres utilisées. Les auteurs cherchent justement à distinguer l’utilisation des livres pour entraîner une IA de la manière dont OpenAI aurait obtenu ces ouvrages. Pour tenter d’obtenir gain de cause, ils s’appuient sur une décision concernant Anthropic, un autre géant du secteur de l’IA. En juin 2025, un juge américain avait estimé que l’utilisation de livre acquis légalement pour entraîner une IA pouvait relever du fair use”. En revanche, il avait considéré que le téléchargement de livres piratés depuis des bibliothèques clandestines constituait une violation distincte du droit d’auteur.
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