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Orange traine Free devant la justice : pourquoi ses chances sont proches de 0

Orange juste la communication de Free autour de son réseau 5G trompeuse. Sauf que lorsque l’on lit la communication de Free Mobile, on constate vite que chaque mot est pesé au milligramme près de manière à rester factuel.

Orange et l’opérateur Free Mobile sont passés devant le tribunal de commerce de Paris le mardi 26 mars 2024. L’objet de cette audience était de solder un conflit autour des mentions commerciales utilisées par Free pour communiquer sur sa 5G. Orange, officiellement premier opérateur de France pour la qualité de son réseau mobile apprécie peu que Free parle de son réseau 5G comme le plus “grand réseau 5G de France”.

Ce qui est techniquement, avec plus de 94% du territoire couvert, vrai. Même si on ne parle pas tout à fait du même potentiel de débit, en raison des fréquences attribuées aux deux opérateurs lors des dernières enchères sur le sujet. Au moment de l’attribution des fréquences, Free avait effectivement jeté son dévolu sur la plage 700 Mhz, fréquences qui portent plus loin et permettent donc de facilement et à moindre frais couvrir de larges portions du territoire, via un nombre réduit d’antennes.

Orange fait ce qu’il peut… pour égratigner Free ?

Orange a obtenu des fréquences permettant une meilleure performance par la suite – mais qui portent beaucoup moins loin – requérant un grand nombre d’antennes pour couvrir une zone donnée, ce qui fait grimper le prix du déploiement. Or, même si les études de l’Arcep sacrent régulièrement Orange sur la qualité de son réseau, les débits constatés par les abonnés ne sont pas encore très éloignés de ceux de Free. Et encore, quand ils accrochent la 5G, Orange n’ayant pu que déployer, à date, suffisamment d’antennes pour couvrir 60% du territoire.

Cette couverture moindre, le peu de différence côté débits et le prix agressif de la 5G chez Free, font donc de la mation “plus grand réseau de France” un argument particulièrement efficace pour recruter des abonnés sur le dos d’Orange et d’autres opérateurs. En tentant une action devant la justice, Orange espère ainsi éviter le départ d’abonnés, au profit de la concurrence. Le problème, c’est qu’à l’aune des infos qui nous sont parvenues via nos confrères de iPhon.fr, Orange semble en bien mauvaise posture pour l’emporter.

De facto rien de ce que dit Free à propos de son réseau n’est faux. Les études de l’Arcep et autres mesures indépendantes confirment a priori le taux de couverture supérieur de l’opérateur Free Mobile sur la 5G. Il y a de quoi se demander comment la plainte elle même a pu être jugée recevable. Le vrai problème, en fin de compte, est que le terme lui-même 5G, qui n’est ni le fait d’Orange, ni le fait de Free Mobile, couvre des réalités de débits, de portée et de stabilité très différentes.

En outre, Orange peut encore réellement marquer bien davantage l’écart entre ses débits et ceux proposés par Free. Cela implique par exemple, l’arrivée de la 5G SA (standalone) – qui permettra bientôt de débloquer nombre des avantages promis par la technologie, et qui peinent encore à émerger. Pour l’heure, Orange comme Free proposent une 5G dite NSA (non-standalone) – qui repose sur le même coeur de réseau que celui de la 4G. Ce qui impacte les débits, mais aussi la latence, en particulier dans les lieux passants comme les gares, ou les stadiums.

Avec la 5G SA, les antennes 5G sont enfin connectées à leur infrastructure coeur de réseau propre. Permettant par exemple de garantir des débits plus élevés et une connexion beaucoup plus stable dans les lieux saturés. Dans tous les cas, on a le sentiment que Free a plus à craindre de l’activation de ce nouveau coeur de réseau que du jugement qui sera rendu, pour cette affaire, le 15 mai 2024.

Evidemment, si Orange a jusqu’ici “traîné les pieds” sur le sujet (enfin… pas pour longtemps puisque l’on comprend que la 5G SA made in Orange arrive officiellement bientôt) installer ce nouveau coeur de réseau est un investissement massif qui s’ajoute à des coûts de déploiement déjà extrêmement élevés sur les sites exploités pour la 5G. Ce qui explique donc que l’opérateur historique en soit quitte pour cette action qui semble tout droit sortie de Don Quichotte.

  • Orange a été auditionné devant le tribunal de commerce de Paris autour d’un conflit de mentions commerciales.
  • L’opérateur trouve que la communication de Free autour de ses offres 5G est trompeuse.
  • Pourtant, à bien lire la communication de l’opérateur, tout semble indiquer que Free est en réalité plutôt factuel – notamment sur son taux supérieur de couverture.

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