Portraits d’influenceurs : Romain Lanery, YouTubeur et surtout entrepreneur

Avec près de 600 000 abonnés, Romain Lanery réunit une importante communauté de passionnées de nouvelles technologies sur sa chaine YouTube Tech News & Tests.

Romain Lanery

Romain Lanery © YouTube

Après celui de Manue, c’est le deuxième portrait de notre nouvelle rubrique sur l’actualité des influenceurs : Portraits d’influenceurs. Cette rubrique, que nous souhaitons hebdomadaire, est publiée le vendredi soir car nous pensons que c’est de la bonne lecture pour le week-end 😉  Nous allons améliorer et compléter ces portraits au fil des épisodes, avec notamment un résumé de l’actu des influenceurs en complément des portraits, et probablement d’autres petites choses sympathiques afin que ce petit monde n’ait plus aucun secret pour vous. N’hésitez pas à nous faire vos remarques et suggestions en commentaires, cela nous aidera à progresser !

« On se reposera quand on sera mort ». Une phrase de bio Twitter qui résume bien l’esprit qui habite Romain. Il tombe dans la tech quand son oncle lui met un appareil photo reflex entre les mains, il y a 10 ans de ça. En se renseignant, il découvre des YouTubeurs américains qui parlent de leurs produits face caméra et cela lui plait. Là où il voit une grosse opportunité dans la plateforme de vidéo, il va la saisir pour lancer sa chaine Tech News & Tests et s’y faire une place. Finalement, Romain Lanery utilise YouTube pour ce que c’était à la base, une plateforme de partage. En partant du principe que si lui cherchait des informations tech sur YouTube, d’autres pourrait le faire aussi, il se lance devant la caméra pour transmettre son point de vue en France et en français. Depuis trois ans, l’activité est devenue son métier, « sa raison de se lever le matin ».

Il teste et transmet sur ce qui lui plait face à une communauté plutôt aisée, principalement âgée de 16 à 24 ans. La deuxième grosse partie de son audience est faite de gens de 35 à 50 ans, « des papas, qui le reconnaissent plus en convention que leurs fils » explique-t-il en rigolant. Ceux sont eux qui font parfois découvrir sa chaine à leurs enfants pour les amener vers un contenu un peu plus technique sur un support attirant. Ses abonnés sont fondamentalement technophiles et apprécient aussi des sujets comme la vidéo et la photo, thématiques avec lesquelles il a commencé.

« Je devais savoir compter pour gérer mon entreprise et savoir écrire pour contacter les marques. »Le parcours est intéressant. Natif de Monaco, il a 16 ans et un niveau scolaire brevet « sans mention » quand il passe un deal avec son directeur d’école lors d’un entretien : que ce dernier accepte de lui laisser un an pour tenter de gagner de l’argent avec ses contenus vidéos, sans quoi Romain retournerait à l’école l’année suivante. Sa mère accepte le défi (mais lui a-t-il vraiment laissé le choix ?). Il prend un statut d’auto-entrepreneur dans sa ville d’origine et là, les opportunités commencent à se dessiner. « Je devais savoir compter pour gérer mon entreprise et savoir écrire pour contacter les marques », explique-t-il. Il commence ensuite avec la réception d’un mail de Cooler Master, dans lequel on lui propose de recevoir un produit « d’une valeur de 35 euros », et échange de quoi il produirait une vidéo de test dans laquelle il est libre de dire ce qu’il veut. Puis s’en suit une discussion avec Qnap dont découle sa première production rémunérée.

Une place dans l’entrepreneuriat

S’il a largement conscience d’être bien né, hors de question de devoir quoi que ce soit à quiconque. La première année, il dit à ses proches qu’il gagne de l’argent alors qu’il joue la fin du mois à 30 euros près. Mais tout lui plait, les expériences et les vidéos : « Quand je faisais ma petite comptabilité à 200 euros par mois, j’étais comme un dingue ». Il veut que tout soit bien fait, s’organise, gagne en maturité. Son collaborateur Augustin le décrit comme un entrepreneur pur. Si cela n’avait pas été YouTube, cela aurait été autre chose. Pour ses influences il cite en vrac Steve Jobs, les Youtubeurs Unbox Therapy, Marques Brownlee et quelques tennismen. Ce qu’il ont en commun : une volonté et une mentalité. Quand il regarde des joueurs taper la balle et se dépasser pour remonter le score, il y voit « des mecs qui se donnent dans leur truc ».

Romain Lanery

Romain Lanery © Instagram

Aujourd’hui âgé de 21 ans, il vit de son activité et travaille avec des collaborateurs, tout deux indépendants. Augustin Albrecht d’une part, s’occupe des scénarios, des idées et du contact avec les marques. Puis il y a Florian Beaufreton, chargé de la production et du montage de certaines vidéos. Il est complémentaire avec son équipe, chacun apporte aux autres pour évoluer. Pour ses sources de revenus, c’est principalement l’affiliation Amazon qui le rémunère. La plateforme lui permet « de rester impartial », puisque sur Amazon on trouve des iPhones comme des Samsung. Le système de monétisation de YouTube lui permet d’arrondir ses revenus, en choisissant ou non de monétiser une vidéo grâce à la publicité qui sera diffusée en pre-roll (avant son début).

Si Monaco reste la ville dans laquelle se trouve son entreprise, son activité nécessite de nombreux déplacements en dehors de la Principauté. Pour ce qui est de ses collaborations, il a récemment travaillé avec Intel à propos de « sa nouvelle mémoire cache pour PC », un sujet très ciblé. Il cite aussi Microsoft, avec qui il est allé à Los Angeles pour le lancement de la console Xbox One X. La plupart du temps, Romain contacte les marques pour des demandes de budgets, leur expliquant que cela lui servira à faire des vidéos ainsi qu’à se rémunérer, lui et ses collaborateurs. Si certains partenariats sont payés, tous ne le sont pas. Il se procure parfois les produits qui lui plaisent ou ceux que lui conseillent ses abonnés. Finalement, sa principale carte de visite n’est pas directement YouTube, mais la production vidéo. Il sait mettre en avant les points d’un produit qui lui plaisent puisqu’il est lui-même consommateur. Il sait aussi que YouTube ne durera peut-être pas éternellement.

Pour ce qui est des projets, cela ne manque pas. Il a déjà gagné l’un des paris qu’il s’était lancé, un live vidéo durant lequel les invités et les cadeaux à gagner se sont enchainés pendant 24 heures. Il souhaiterait aussi continuer les partenariats et « permettre à des gens qui veulent se créer la chance qu'[il a]eu » grâce à des productions et des collaborations communes. En tout cas, il a envie de transmettre ce qu’il sait faire à ceux qui veulent se lancer.

S’il a parfaitement les pieds sur terre et une conscience très lucide de l’aspect volatil de son activité, il sait aussi en tirer le meilleur quand il le faut. Oui, si cela n’avait pas été YouTube, cela aurait été autre chose.

Vous êtes influenceuse ou influenceur avec au moins 10.000 followers sur Instagram, YouTube ou Twitter, et vous souhaitez figurer dans cette rubrique ? Contactez-nous.


Commenter

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.