J’ai déjà essayé la Cupra Born pour un autre média, dans une autre vie. Je l’avais plutôt appréciée malgré sa trop grande parenté avec la Volkswagen ID.3. Quatre ans plus tard, la marque espagnole retente sa chance avec un profond restylage remettant sa compacte au goût du jour. Outre un style savamment retouché, l’auto revoit profondément sa copie en corrigeant nombre d’erreurs autrefois agaçantes tout en s’améliorant sur le plan technique.
Boutons physiques et commandes simplifiées : Cupra fait machine arrière et on adore
Cela saute aux yeux à bord où les touches semi-tactiles du volant laissent place à de vrais boutons physiques. Commander les aides à la conduite et le multimédia est mille fois plus simple qu’avant. Côté contreporte conducteur, on notera quatre interrupteurs pour les quatre vitres électriques en lieu et place de l’irritant actionneur « Rear » permettant la bascule entre les fenêtres avant et arrière. Fini, la prise de tête et on ne peut qu’applaudir.
Rien de neuf en revanche concernant la ventilation, qui reste enfermée dans l’écran tactile. Son accès en partie basse demeure direct via des réglettes sensitives, c’est déjà ça. L’effort est supérieur sur la présentation, qui profite de meilleurs matériaux à l’aspect moins cheap que par le passé. On est particulièrement impressionnés par les sièges Sabelt optionnels d’excellente facture. Confort et maintien répondent présents sans discussion possible.
Android Automotive à la rescousse : la métamorphose de l’écran central
La dalle centrale a été retapée. Avec ses 12,9 pouces, elle montre une qualité d’image optimisée et une fluidité améliorée. L’interface est désormais épaulée par Android Automotive, ce qui explique cette transformation par rapport au modèle sortant. Les menus sont correctement agencés, alors que des raccourcis sont disponibles en partie haute pour couper les aides à la conduite les plus intrusives.
Le changement le plus intéressant concerne l’instrumentation, qui abandonne sa mini matrice pour un grand afficheur de 10,25 pouces. Plus seyant, l’ensemble est aussi nettement plus lisible et configurable qu’auparavant. Le variateur migre alors sur la droite de la colonne de direction et repousse les commandes des essuie-glaces sur le commodo gauche avec l’éclairage. Une habitude à prendre…

Un nez de requin qui cache une habitabilité arrière royale
Aucun problème n’est à signaler concernant la visibilité. Contrairement aux rivales qui tentent un design sportif avec de petites surfaces vitrées, la Born conserve son aspect monospace gage d’une jolie luminosité intérieure et d’une belle vision extérieure. L’habitabilité est en plus de cela un indéniable atout. L’espace arrière est superbe avec du dégagement pour la tête, les genoux et les épaules. En bonus, les assises soutiennent parfaitement les cuisses.
Le plancher est plat alors que des aérateurs dédiés au second rang font leur apparition. Le coffre de 385 litres se positionne en revanche dans la moyenne. Le style s’affine par un visage gagnant en caractère avec ses feux triangulaires et son nez de requin. Le profil présente des nouveaux sets de jantes allant jusqu’à 20 pouces, tandis que l’arrière s’octroie un logo illuminé et des optiques en 3D.
Bouchons et ruelles étroites : le verdict surprenant de la Born en milieu urbain
La prise en mains du véhicule nous confronte immédiatement à la vraie vie : bienvenue dans les bouchons madrilènes où vous évoluez pare-chocs contre pare-chocs ! La Born gratte la fonction One Pedal très appréciable dans ce trafic en accordéon. Inutile alors de presser la pédale de frein, par ailleurs difficile à doser. L’amortissement est ferme, mais il sera possible de lui redonner du moelleux avec les suspensions pilotées de la version VZ.
Google Maps étant particulièrement capricieux sous Apple CarPlay, nous avons pu tester l’agilité du véhicule dans les étroites rues de la capitale espagnole, en dehors de l’itinéraire prévu. Deux remarques : primo, la direction est très assistée en mode Confort, ce qui est particulièrement appréciable. Deuzio, le rayon de braquage est remarquable, facilitant ainsi les demi-tours et les tournants mal anticipés. Pour la ville, c’est donc un grand oui.
400 km réels sur autoroute et une recharge efficace
Sur les voies rapides, la Born cavale, surtout dans notre finition VZ forte de 326 ch. Les reprises sont vives, cela tombe sous le sens. La consommation atteint les 19 kWh/100 km sur les courtes sections limitées à 120 km/h autour de Madrid. De quoi espérer une autonomie de 400 km à cette allure avec la batterie de 79 kWh. Côté recharge, Cupra avance de bons chiffres, avec 183 kW en pic en courant continu DC. Nous n’avons pas eu l’occasion de le vérifier.
L’insonorisation est en tout cas plus que satisfaisante, alors que la conduite semi-autonome est bien calibrée pour offrir une assistance fluide. C’est surtout sur les itinéraires reculés que la Born déroule son talent. La tenue de route ne pose aucun souci et permet d’attaquer en confiance. Le roulis est maîtrisé en mode Cupra grâce à un amortissement raide verrouillant efficacement les appuis. La motricité est bonne, bien que l’auto demeure une stricte propulsion.
Faut-il craquer pour la version VZ à 45 170 € ou préférer le modèle de base ?
Seul le ressenti de la pédale de frein est à revoir. Déjà compliquée en ville, la chose devient carrément horrible en conduite sportive. L’attaque manque cruellement de mordant avec une décélération quasi-nulle. Mieux vaut donc connaître le virage suivant si l’on veut absolument canarder… Niveau tarif en tout cas, la Cupra Born fait de son mieux pour contenir ses prix. L’entrée de gamme démarre à 36 570 € avec 190 ch et 481 km d’autonomie.
La présentation n’a rien d’indécent. Néanmoins, c’est notre version VZ à 45 170 € qui mettra le plus en valeur l’auto. Outre le boost de puissance, la dotation s’épaissit avec entre autres les feux Matrix LED, les superbes sièges baquets, la climatisation automatique bizone, la caméra de recul, la fonction V2L et les vitres arrière surteintées. Pompe à chaleur, conduite semi-autonome et navigation connectée restent en supplément.
Notre avis sur la Cupra Born
La Cupra Born est une auto facile à vivre. Agile, habitable, connectée, vive, équipée et endurante, l’espagnole cumule les bons points. Son restylage efface en prime une ergonomie bizarre et un multimédia dépassé. Bien, même si notre modèle VZ n’est pas donné. Face à la concurrence chinoise composée des MG4 Urban et Leapmotor B05 en tête, c’est un carton jaune. Raison pour laquelle notre préférence ira à la version de base, déjà bien apprêtée, et qui assurera sans tracas tous les services du quotidien.
Face aux tarifs agressifs de MG ou Leapmotor, pensez-vous que cette Cupra Born restylée a encore toutes ses chances en France ? Donnez-nous votre pronostic en commentaire !

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