Passer au contenu

Prime Video : gouffre financier ou poule aux oeufs d’or d’Amazon ?

Avec 15 milliard de dollars de dépenses en programmation sur son service de streaming Prime Video, Amazon est le plus gros investisseur de ce marché.

Vous avez bien lu. 15 milliards de dollars pour l’année 2022. Voilà la somme colossale que devrait dépenser Amazon cette année pour étoffer le catalogue de Prime Video, sa plateforme de streaming vidéo, si l’on en croit les estimations de Bloomberg Intelligence.

C’est beaucoup plus que les autres acteurs du marché. À l’exception de Netflix et ses 13,6 milliards de dollars, aucun concurrent de passe la barre des 10 milliards de dollars. Disney+ aura investi 9,5 milliards de dollars, Warner Bros. Discovery 6,5 milliards et Apple 6 milliards.

streaming investissements
© Bloomberg Intelligence

Amazon ne lésine donc pas sur les moyens pour booster son service de streaming vidéo. La dernière série phare de la plateforme Les Anneaux de Pouvoir (préquel de la saga Seigneur des Anneaux) en est le symbole. Rien que pour la première saison, le géant américain a déboursé par moins de 715 millions de dollars pour acheter les droits de l’oeuvre de Tolkien (250 millions de dollars) et réalisé la première saison (465 millions de dollars).

À titre de comparaison, les huit saisons du phénomène Game of Thrones ont coûté 500 millions de dollars. Amazon a promis de réaliser cinq saisons soit (en supposant que chaque saison coûte autant en production) plus de 2,5 milliards de dollars pour toute la saga Les Anneaux de Pouvoir.

Prime Video : le produit d’appel d’Amazon

Au risque de ne pas vous surprendre, Prime Video n’est pas un service rentable pour Amazon. Pour Jeff Bezos, ce n’est pas un problème. D’ailleurs, le patron du géant de la distribution en ligne a toujours expliqué que Prime Video n’avait pas vocation à être rentable. En revanche, proposer des programmes qui coûtent cher à produire permet d’obtenir des prix. Or, gagner une statuette comme un Emmy augmente significativement le nombre d’abonnés à un service.

Derrière la fortune investie dans le catalogue de la plateforme se cache donc un produit d’appel pour les autres services de l’entreprise. Car pour accéder à Prime Video, il faut s’abonner à Amazon Prime.

Mais en souscrivant à Amazon Prime (69 euros par an désormais), les abonnés accèdent aussi à la livraison express en 24h, à une plateforme de streaming musical (Amazon Music), à un service de photos en ligne, à des jeux vidéo etc. Chaque mois, les utilisateurs de Twitch (plateforme de diffusion en direct) disposent aussi d’un abonnement offert pour leur streameur préféré. En France, Amazon a aussi signé un partenariat avec Deliveroo permettant aux abonnés de bénéficier du service Deliveroo Plus (livraison offerte).

En intégrant des programmes de grande qualité dans le catalogue Prime Video, Amazon fait donc une double opération. D’abord, il attire de nouveaux abonnés mais, surtout, il ralentit la fuite des abonnés vers les concurrents. Netflix et Disney+, qui ne proposent qu’un service de streaming vidéo, sont confrontés à cette volatilité des téléspectateurs. Dès que le catalogue devient moins intéressant, les abonnés quittent le navire puis reviennent pour les séries phares. D’ailleurs, Netflix a enregistré pour la première fois cette année une baisse du nombre d’abonnés.

Chez Amazon, ils restent car ils profitent d’autres services tout aussi voire plus pratiques au quotidien. La livraison gratuite et plus rapide de produits sur sa plateforme de vente est d’ailleurs le premier facteur d’abonnement à Amazon Prime. Prime Video ne vient qu’après.

Selon le journaliste de Bloomberg Lucas Shaw, Amazon « utilise le divertissement pour vous attirer dans son écosystème et commercialiser d’autres produits ». Une stratégie aussi menée par Apple qui inclut désormais plusieurs services dans Apple One en plus d’Apple TV+, dont le catalogue est bien moins riche que celui des concurrents mais aussi bien plus qualitatif. Et selon un rapport de la société de données Antenna, relayé par nos confrères de Frandroid, « les clients qui souscrivent à son forfait de six services (jeux, télévision, musique, cloud, actualités et fitness) sont beaucoup moins susceptibles d’annuler que les personnes qui paient pour un service seul ».

Prime Video peut bien ne pas être rentable, Amazon finit de toute façon par s’y retrouver. Bloomberg rappelle que le géant américain « a généré 470 milliards de dollars de ventes et 33 milliards de dollars de revenus nets » en 2021.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Amazon Prime Video
Amazon Prime Video
Par : Amazon Mobile LLC
4.3 / 5
M5.4 avis