Comment concurrencer X (anciennement Twitter) ? Le réseau social racheté par Elon Musk est une véritable machine de guerre et reste aujourd’hui l’une des plateformes les plus utilisées au monde. X semble intouchable, pourtant, un réseau social européen veut aujourd’hui le défier : Epsilon Social.
Créé à Neuilly, ce réseau se lance dans le grand bain aujourd’hui. Ses arguments pour convaincre ? Il est made in France, 100 % européen et souhaite ne pas tomber dans les travers de ses équivalents américains. Pas de doomscrolling, pas de haine exacerbée, pas d’algorithme pernicieux. Bref, une plateforme saine.
Epsilon Social, le X européen
Epsilon Social se présente sous la forme d’un simili-X couplé à Facebook. Les publications sont linéaires, affichent un texte de 9 000 signes maximum accompagné d’une image ou d’une vidéo (qui ne se lance pas automatiquement) et peuvent être repartagées. À l’inscription, l’utilisateur indique ses centres d’intérêt et seuls des comptes et des posts en rapport avec cette sélection lui sont proposés, en plus des comptes suivis. Si Epsilon Social paraît si familier, c’est tout simplement parce qu’il a été conçu sur un serveur Mastodon, un réseau social décentralisé qui imite Twitter.
Plus encore, Epsilon promet une modération très présente afin d’éviter les dérapages et les discours de haine désormais monnaie courante chez ses homologues américains. Le réseau est également pensé pour éviter les trolls et autres ingérences en période d’élection. Au micro de BFM, le co-créateur Stéphane Dubreuil a déclaré :
« On revient aux réseaux sociaux du départ, parce que dans ces réseaux sociaux, le mot social était important. On échangeait, on débattait (…). La volonté, c’est d’avoir vraiment une modération qui permet de limiter au maximum tous les contenus violents, insultants, injurieux, et donc d’avoir un espace sécurisé. Notre logique, c’est que c’est vous qui décidez à 100 % de ce que vous voulez voir. »
Un service encore désert
Pour utiliser Epsilon Social, il suffit d’aller sur le site officiel et de s’inscrire. Il est en effet officiellement lancé après un an de bêta. Il est aussi possible de télécharger l’app sur iPhone, mais pas encore sur Android. On retrouve rapidement nos repères, tant l’interface est calquée sur celle de ses concurrents. Elle est agréable, lisible et fluide. Cependant, on se sent un peu seul. Epsilon Social ne compte, selon ses créateurs, que 1 000 utilisateurs actifs pour le moment, mais ce chiffre devrait augmenter avec le temps.
Comme l’a rappelé Stéphane Dubreuil, il y a « social » dans « réseau social ». Ce sera bien là tout l’enjeu d’Epsilon : attirer le public. Une plateforme, aussi chiadée soit-elle, fermera ses portes si personne ne vient y discuter. On l’a vu avec Bluesky : il est difficile de faire changer les habitudes des utilisateurs. Le réseau, qui existe depuis plusieurs années maintenant, reste réservé à un public de niche.

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