Et si des publications sur les réseaux sociaux risquaient de vous coûter cher lors d’un entretien d’embauche ? Dans une interview accordée à Fortune, Yanis Varoufakis, économiste et ancien ministre grec des Finances, est revenu sur cette problématique. Sa vision n’est pas forcément réjouissante, mais elle vaut le détour.
Une bombe à retardement
Il s’intéresse principalement aux jeunes de la génération Z (nés entre 1997 et 2010). Et l’universitaire d’expliquer : “Si vous êtes un enfant de la classe moyenne supérieure et que vous avez des aspirations dans la vie, vous savez que chaque vidéo que vous mettez en ligne sur TikTok, tout ce que vous écrivez sur Twitter, tout ce que vous mettez sur Facebook va vous être rappelé lors d’un entretien d’embauche. “
Et l’homme politique d’ajouter : “Il n’y a plus de séparation nette entre le travail et les loisirs. Et cela ne peut pas laisser cette génération intacte. Cela empoisonne vraiment leur façon de communiquer les uns avec les autres, car même cela va faire partie de votre CV”.
Ces craintes sont partagées par Ben Voyer, professeur à l’ESCP Business School. Interrogé par Business Insider, ce dernier explique qu’il n’y a presque plus de frontières entre vie professionnelle et vie personnelle à cause des réseaux sociaux.
Dès lors, il prévient : “s’orienter trop vers la politique est probablement quelque chose qui pourrait se retourner contre nous.” Même s’il reconnaît que certains ont besoin d’exprimer leur identité et leurs opinions en ligne, et que cela compte.
Ce problème de l’impact des réseaux sociaux sur la vie professionnelle avait déjà été mis en lumière par un sondage réalisé par la société Kaspersky au Royaume-Uni dont nous nous faisions l’écho en 2022.
Ne prenez pas de risques
Dans cette enquête, 32 % des répondants ont déclaré avoir été gêné par leurs publications passées lors d’un entretien d’embauche. De même, ils étaient 38 % à dire que si leurs futurs employeurs pouvaient voir ce qu’ils postaient sur leurs comptes, ils n’auraient aucune chance d’être embauchés.
En définitive, et si vous souhaitez exprimer des opinions politiques en ligne, il vaut donc sans doute mieux opter pour un pseudonyme pour éviter des risques futurs sur le plan de l’emploi. Il est aussi suggéré de supprimer certaines publications qui pourraient s’avérer compromettantes aux yeux de potentiels employeurs. Cela reste néanmoins un problème, car dans une démocratie, les citoyens sont normalement libres d’exprimer une opinion dès lors que cela reste respectueux d’autrui.
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“(…) dans une démocratie, les citoyens sont normalement libres d’exprimer une opinion dès lors que cela reste respectueux d’autrui.”
Ils sont libres, du moins dans nos démocraties, pour preuve : ils ne se gênent pas pour s’exprimer, quand bien même sans réfléchir avant en particulier lorsqu’il s’agit des réseaux sociaux.
Il faut croire qu’une entreprise est pareillement libre de prendre en compte l’expression présente ou passée du candidat à l’emploi : celle, passée, toute entière figée dans les commentaires couchés sur le réseaux.
Pourtant, tenir compte des incongruités formulés par un candidat adulte lorsqu’il n’était qu’un morveux de quatorze ans a-t-il un sens ?
Par contre, qu’un employeur envisage les commentaires récents sur les réseaux pour alimenter en marge son CV me semble aussi légitime que pertinent.
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Ceci étant , bien que ne fréquentant pas les réseaux sociaux mais d’après ce que l’on m’en rapporte, je reste interloqué que tant de paroles qui se veulent expertes y pullulent alors que sur un site comme celui-ci, lequel offre de nombreux articles y compris sociétaux, les commentaires sont rares, voire rarissimes, alors qu’il serait si bénéfique d’y échanger nos opinions. Faut croire que les réseaux sociaux débordent davantage de soliloques à l’emporte pièce que de dialogues nourris de raison et de respect. Une exception : quand un article porte le flanc à une critique acerbe de ce qui y est relaté, la meute n’est jamais loin pour venir apporter son lot de lamentations acerbes.