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Sam Altman : le PDG qui pourrait « faire s’effondrer l’économie mondiale », selon les analystes financiers

OpenAI brûle des centaines de milliards de dollars, en pèse tout autant, mais sa trésorerie ressemble à un abîme : bienvenue dans l’économie de la croyance.

L’entreprise d’Altman est valorisée aujourd’hui à plus de 500 milliards de dollars ; une success story vertigineuse pour une entreprise qui vient tout juste de souffler les bougies de son dixième anniversaire. Une machine financière survoltée, surveillée de près par Wall Street, puisqu’OpenAI avale les milliards plus rapidement qu’elle n’est capable d’en générer.

Au rythme où elle avance, certains analystes préviennent qu’Altman tient entre ses mains un terrible pouvoir : celui de « faire s’effondrer l’économie mondiale pendant une décennie ». D’autres, plus optimistes, le voient au contraire comme le bâtisseur d’un âge d’or économique que seuls les plus fervents défenseurs du techno-capitalisme osent présenter comme « la terre promise ». Qui la foulera vraiment sinon ceux qui contrôlent déjà les serveurs et les capitaux ?

L’illusion d’une croissance infinie, financée à découvert

L’ascension d’OpenAI, largement permise par ses revenus dégagés par ChatGPT, ressemble de plus en plus à une parabole financière : elle dépense sans compter, comme le ferait un État, mais n’en a pas les moyens. Selon l’Agence France-Presse, la société aurait commandé pour des « centaines de milliards de dollars » de semi-conducteurs auprès de NVIDIA, AMD et Broadcom. Une frénésie industrielle dont les besoins en énergie équivaudraient à la production d’une vingtaine de réacteurs nucléaires.

Pour amortir ces dépenses stratosphériques, elle devrait donc logiquement générer, a minima, des centaines de milliards de dollars, explique Gil Luria, directeur chez DA Davidson. En retenant l’estimation la plus basse de cette fourchette, soit 200 milliards de dollars, il faudrait qu’OpenAI multiplie son chiffre d’affaires par 15 afin qu’elle revienne à l’équilibre, puisqu’elle n’en génère que 13 milliards. Même si elle est soutenue par Microsoft qui l’arrose généreusement depuis qu’elles sont partenaires, un tel redressement tiendrait du miracle financier.

Selon le Financial Times, le cumul des investissements et des contrats engagés par OpenAI atteindrait déjà plus de 1 000 milliards de dollars. À ce stade, comme le note un analyste, « le chiffre exact importe peu : la simple perspective de rembourser une fraction de cette somme paraît déjà irréaliste ». L’entreprise dépense donc de l’argent inexistant, mais sanctifié par la croyance des marchés.

L’IA : la nouvelle folie des grandeurs ?

C’est à Stacy Rasgon, analyste chez Bernstein Research, que l’on doit cette prévision macabre citée en introduction ; elle n’est donc pas militante ou prophète du malheur. OpenAI concentre tous les symptômes d’un système en surchauffe : un modèle économique encore fragile, une dette hors de contrôle, et une dépendance énergétique qui rend toute croissance à long terme discutable.

Quand une entreprise brûle des milliards sur la promesse d’une rentabilité qui n’existe pas encore, elle quitte le domaine de la raison économique pour entrer dans celui de la croyance.

Cette foi dans la « révolution cognitive amenée par l’IA » est la même que celle qui agitait les grandes fièvres industrielles du passé : la ruée vers le rail, puis celle de l’électricité, des télécoms, du pétrole et du numérique. Derrière elles nous retrouvions toujours la même promesse ; celle du progrès infini qui nous conduirait vers la prospérité.

C’est à chaque fois la même euphorie financière et idéologique qui a poussé ces révolutions, mais elles furent troublées par notre aveuglement. Nous avons célébré à chaque fois la naissance d’un « monde nouveau », sans voir que c’était toujours le même que l’on ressuscitait, un peu plus endetté, et encore plus fragile.

La folie des grandeurs, cette vieille maladie du progrès, a trouvé en Sam Altman son nouveau visage. OpenAI repose sur des fondations branlantes qui ne demandent qu’à éclater : dépenser plus que certains pays, vouloir croître comme une start-up sous stéroïdes tout en espérant que les marchés n’y verront que du feu. À ce stade-là, c’est presque pathologique ; l’entreprise vit dans un état de fièvre permanente, obsédée par sa démesure. Si sa valorisation venait à s’effondrer, elle emporterait dans sa chute des pans entiers de l’économie mondiale, puisque des milliers d’acteurs y sont aujourd’hui dépendants. Si krach il y a vraiment, il ne révélera finalement rien qu’on ne sache déjà : que le capitalisme n’a jamais su se retenir, que la technique n’a jamais su se limiter, et que l’intelligence humaine reste, décidément, incapable de tirer les leçons de son propre « génie ».

  • OpenAI dépense à une échelle démesurée, soutenue par une valorisation hors-sol et des dettes colossales qui dépassent largement ses revenus réels.
  • La foi des marchés dans la révolution de l’IA rappelle les grandes bulles industrielles du passé, nourries par la même illusion d’un progrès sans limite.
  • Si cette croyance venait à s’effondrer, elle exposerait une crise systémique déjà en germe : celle d’un capitalisme incapable de se modérer, même au nom de la raison.

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