- Le ministre de l’Économie français, Bruno Le Maire, a saisi la DGCCRF pour enquêter sur les pratiques de la fast fashion, enparticulier celles du géant chinois Shein
- Le ministre a exprimé de larges préoccupations environnementales et sociales concernant la fast fashion, citant son énorme empreinte carbone et les conditions de travail obscures
- La lutte contre les dérives de la fast fashion nécessitera l’engagement des consommateurs, souligne le ministre
La fast fashion est dans le collimateur du ministère de l’Économie français. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour enquêter sur les pratiques des entreprises de la fast fashion, avec un focus particulier sur le géant chinois Shein.
Le ministre de l’Économie a justifié cette décision par deux motifs principaux. D’une part, la sécurité. Le ministère n’a pas toutes les informations nécessaires sur la manière dont les produits de Shein sont fabriqués et sur les différents agents qui peuvent être utilisés dans la réalisation de tissus.
D’autre part, il y a un motif de loyauté sur les prix qui sont annoncés et qui ne correspondent pas toujours à la réalité de la pratique commerciale de cette entreprise. Les résultats de cette enquête devraient être publiés à l’automne.
Préoccupations environnementales et sociétales
Au-delà de ces motifs spécifiques, le ministre de l’Économie a également exprimé de larges préoccupations environnementales. “Aujourd’hui, la fast fashion émet autant de CO2 que le transport maritime et le transport aéronautique réunis. D’ici deux décennies, elle émettra 25% des émissions de CO2 de la planète. C’est une dérive inacceptable”, a-t-il déclaré.
Le ministre Le Maire a également souligné les “problèmes sociaux” engendrés par cette industrie. Selon lui, les conditions sociales dans lesquelles ces vêtements sont produits ne sont pas claires. Il a invité l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, qui avait déjà interpellé le ministre sur ce sujet, à poursuivre les échanges pour trouver des réponses à l’échelle européenne à ces dérives de la fast fashion, qui posent des problèmes environnementaux inacceptables.
Le ministre a insisté sur le fait que la lutte contre les dérives de la fast fashion nécessitera également l’engagement des consommateurs. “Nous réussirons si tous les consommateurs se sentent aussi partie prenante, c’est l’acte de consommation qui est encore la réponse la plus efficace”, a conclu le ministre. En résumé, le meilleur moyen de mettre fin à ces pratiques et d’arrêter d’acheter chez les acteurs de cette industrie, notamment Shein.
Let the sun Shein
Ces dernières années, cette entreprise a fait l’objet de multiples critiques de la part d’associations et d’ONG qui dénoncent les conditions de travail au sein de l’entreprise, l’impact environnemental de son activité ainsi que les substances utilisées dans la fabrication de ses articles.
Pour mettre la poussière sous le tapis, Shein a multiplié les opérations de communication. D’abord en ouvrant des boutiques éphémères dans les grandes villes du monde comme Paris ou en organisant une visite d’usine avec de grands influenceurs.
Si la deuxième démarche a été vivement critiquée, la première illustre l’indifférence des consommateurs face aux enjeux de l’industrie. Des photos et vidéos de files d’attente gigantesques devant les boutiques éphémères Shein ont été partagées sur les réseaux.
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