BNP Paribas, Société Générale, ING ou encore Santander… c’est un lundi dans le rouge pour les banques françaises et européennes. La faute à la faillite de Silicon Valley Bank. Au lendemain du deuxième plus gros défaut bancaire de l’histoire, qui a rayé du classement la 16e plus grosse banque américaine (et l’une des plus grosses pour les startups et le capital-risque), la peur se propage partout. “Nous suivons la situation de près”, disait le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, invité sur Franceinfo.
Pourtant, au sein du ministère, “il n’y a pas d’alerte spécifique”, ajoutait Bruno Le Maire. Le risque de contagion, comme est appelé le risque que la perturbation touche d’autres pays que les États-Unis, n’aurait aucune raison de gagner les banques françaises tant celles-ci seraient plus diversifiées dans les secteurs d’activité qu’elles financent et les clients qu’elles hébergent. “Elles ne sont pas exposées à un seul secteur”, alors que SVB est “très, voire exclusivement exposée au secteur de la tech”, disait le ministre.
Le rôle de la diversification des portefeuilles de clients des banques est bien évidemment important. Mais il ne fait pas tout. Les liquidités – celles qui ont manqué à Silicon Valley Bank – sont indispensables pour prouver la résilience d’une banque dans des situations de bank run et ses vagues de retraits. À Bruno Le Maire d’évoquer “un ratio de liquidités élevé dans les banques françaises que nous surveillons tous les mois avec le gouverneur de la Banque de France”, à ce sujet.
🗣 Faillite bancaire aux Etats-Unis : “Je ne vois pas de risque de contagion” en France, assure Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances. Les banques françaises “sont solides”. pic.twitter.com/FiLKRFLAj4
— franceinfo (@franceinfo) March 13, 2023
Lundi matin, la Silicon Valley est toujours aux mains de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). On ne sait pas comment seront remboursés les clients. À la fin du week-end, après deux jours de travail pour trouver une solution, la banque centrale américaine n’annonçait qu’un plan pour rembourser les 250 000 dollars de dépôt garanti par l’Etat des clients. 85 % du montant des dépôts ne sont pas compris dans l’enveloppe.
La banque devra certainement trouver un acheteur pour pouvoir lancer son plan de remboursement. Sans quoi il ne sera plus possible de remettre la main sur les 209 milliards de dollars d’actifs et 175 milliards de dollars de dépôts qui se trouvaient dans ses caisses. La banque HSBC a annoncé son rachat de la filiale britannique de la banque d’investissement, et toute l’activité américaine de l’établissement est encore fermée administrativement.
Greg Becker, le directeur général de SVB Financial Group appelait à “rester calme”, la veille du défaut bancaire de sa banque. Un conseil qui n’a connu beaucoup d’écho. La banque des startups elle-même s’emportait, et cherchait en urgence à lever 2 milliards de dollars pour combler les premiers manques de liquidité détecté au début du bank run. Il est certain que la façon de réagir déterminera en grande partie l’importance des dégâts.

Questions sans réponses
Cela dit, le degrés de confiance ne doit pas éclipser la nécessité des autorités américaines de se remettre en question. Comment une banque d’un tel calibre a-t-elle pu flancher si rapidement ? Pourquoi les organismes de notation listaient encore la Silicon Valley Bank parmi les acteurs de confiance les plus importants ? Pourquoi la solvabilité de la banque n’a jamais été remise en question, surtout à l’heure de la remontée des taux ?
“Tout développement bancaire comme celui-ci soulève des questions, et bien sûr nous en discuterons aujourd’hui au sein de l’Eurogroupe”, a déclaré le président de la réunion mensuelle des ministères des Finances des États membres de la zone euro. Comme citaient Les Echos, le défaut de Silicon Valley Bank met en lumière un problème de fond : celui de la baisse de la valeur des portefeuilles obligataires des banques (à cause de la hausse des taux d’intérêts), dans lesquelles elles possèdent une grande partie de leurs placements. L’équivalent de 3 000 milliards d’euros en Europe.
Il suffirait donc qu’une situation exceptionnelle, entraînée par un vent de panique, gagne les entreprises ou les particuliers sur le continent pour qu’une situation proche de celle aux États-Unis ne se produise. À moins que l’incendie, qui a déjà emporté Silicon Valley Bank, Silvergate Bank et Signature Bank, ne couvre déjà le ciel français de ses nuages de cendre ?
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la bourse francaise/cac40 est basé sur l’indice US donc si ils tombent nous aussi faut arreter de se voiler la face