Skoda a choisi le panorama du Mont Salève, en Haute-Savoie, pour dévoiler en première mondiale son quatrième modèle électrique le 23 juin 2026. Il s’appelle Peaq et vient compléter une gamme désormais constituée de l’Epiq (25 000 euros), de l’Elroq et de l’Enyaq. Lors de cet événement spécial sous le signe du cyclisme (en compagnie de Chris Froome), le constructeur tchèque a révélé les lignes et les caractéristiques techniques de son nouveau fleuron de 7 places, disponible avec deux capacités de batterie et trois motorisations. Ses concurrents sont les Tesla Model Y, Peugeot e-5008, Kia EV9 ou et autres Volvo EX90.
Plus qu’un porte-étendard, le Peaq veut intégrer un marché qui réussit à Skoda avec le Kodiaq
Au premier trimestre 2026, le constructeur de Mladá Boleslav a créé la surprise en se positionnant deuxième au classement des ventes en Europe, une première dans son histoire. Ses modèles électriques se vendent bien, et complète une gamme thermique et hybride portée par l’historique Octavia. Au classement des voitures électriques, sur la même période, le Skoda Elroq a aussi fini deuxième, derrière le Tesla Model Y. Mais en 2025, Skoda a fait de son Kodiaq sa deuxième meilleure vente, avec 12 % des parts et sur le million d’unités vendues. Ainsi, le Peaq, qui est directement associée comme « la version électrique du Kodiaq », veut surfer sur ce segment qui semble plaire à ses clients. Avec sa troisième rangée et ses équipements, il devient aussi le porte-étendard de la marque, son modèle le plus cher.
Quelques nouveautés design, équipements et conduite sur le Skoda Peaq
À l’extérieur, le nouveau Skoda Peaq reprend la silhouette et le gabarit annoncés par le concept Vision 7S, présenté il y a bientôt 4 ans. On est donc sur un grand SUV, avec une longueur de 4,86 m avec un empattement de 2,96 m et un style appelé « Modern Solid » qui se privilégie son aspect statutaire plutôt que son aéro. On est loin des meilleurs modèles du marché en termes de coefficient de trainée (y compris chez les SUV), mais Skoda limite la casse avec des volets actifs, des jantes aéro et un soubassement plat. Résultat, le Peaq enregistre un Cx de 0,249. Les poignées sont désormais rétractables, participant à l’aéro tout comme au style et au sentiment de sécurité à bord.
Sur le design, on remarque tout de suite les phares en forme de T à l’avant, disponibles en Matrix LED à 18 segments sur les finitions hautes. Une bande lumineuse vient connecter les deux optiques, un équipement qui n’a pas pu être conservé sur l’Epiq (pour une question de prix). Mais la vraie nouveauté se trouve au-dessus du véhicule. Le SUV inaugure le plus grand toit panoramique jamais conçu par la marque. Il recouvre une surface de 2,1 m2 et intègre une opacité variable grâce à un système électrochrome sur 9 zones indépendantes (son apparence change avec la sollicitation d’un courant électrique, à l’image de plus en plus de rétroviseurs internes).

Dans l’habitacle, l’écran central mesure 13,6 pouces en diagonale, et il s’agit du premier écran chez le constructeur a proposer une monte verticale plutôt qu’horizontale. En option, Skoda travaille avec Sonos pour offrir un système audio de qualité à 16 haut-parleurs (il faut bien ça pour couvrir toute la surface de l’habitacle, et des trois rangées !). Côté conduite, une autre option disponible est le Travel Assist 3.0. À la différence des précédentes versions d’assistance à la conduite, il ajoute un mode embouteillage (Traffic Jam Assist) et s’arrête au feu rouge grâce à un nouveau système de détection.
À 4,86 m, le Skoda Peaq est plus grand qu’une Tesla Model Y (4,79 m) ou qu’un Peugeot e-5008 (4,79 m). En revanche, il est plus petit qu’un Kia EV9 (5,02 m) ou qu’un Volvo EX90 (5,04 m). En configuration 5 places, le SUV électrique offre jusqu’à 925 litres de capacité dans le coffre. À l’avant, un frunk est aussi disponible, ajoutant 37 litres d’espace. Enfin, à bord, l’espace disponible à permis à Skoda d’ajouter des éléments propres aux grandes berlines et aux SUV premium : un repose-jambes (siège passager avant) des tablettes rabattables, des coussins et des sièges massants.

Le Skoda Peaq inaugure une batterie de 91 kWh et 3 niveaux de puissance
Le Skoda Peaq va chercher des chiffres que Skoda n’avait jamais atteints jusque-là en matière de capacité de batterie et d’autonomie. Grâce au groupe Volkswagen et à la plateforme MEB+ rallongée, le Peaq démarre avec une batterie de 63 kWh, puis il passe à 91 kWh. On ne sait pas encore à quelle puissance de recharge le SUV pourra aller, mais Skoda promet d’être à 28 minutes sur l’exercice du 10-80 %, dans les meilleures conditions. Néanmoins, le Skoda Peaq ne repose pas sur une architecture 800 volts, il se limite à 400.

Côté moteur, trois possibilités d’un même bloc synchrone à aimant permanent monté sur l’essieu arrière : 204 ch (Peaq 60), 290 ch (Peaq 90) et 278 ch (Peaq 90x). La version Peaq 90x est un 4×4, dont la transmission intégrale a été rendue possible en ajoutant un moteur asynchrone. Skoda explique son choix par l’intérêt de ces blocs à offrir de la surcharge ponctuelle et pour ses faibles pertes par frottement. À noter que les trois variantes sont disponibles avec un kit d’attelage mais la capacité de remorquage dépend de la version (entre 1,8 et 2,0 tonnes). Pour toutes, la capacité maximale de traçage sans système de freinage autonome est de 750 kg.
Sur l’exercice du 0 à 100 km/h, le Peaq 90 bat les autres versions en 6,7 secondes, contre 7,1 secondes pour la Peaq 90x et 8,6 secondes pour la Peaq 60. La vitesse maximale avec le petit moteur est de 160 km/h, et de 180 km/h pour les deux autres versions. On est loin de ce que propose Tesla sur son Model Y (à moins de 6 secondes) ou du Volvo EX90 à deux moteurs. Le Kia EV9 AWD fait aussi mieux, mais pas les Peugeot e-5008.
630 km d’autonomie : Skoda envoie un message à Tesla et ses autres concurrents
Côté autonomie, Skoda mise gros avec 630 km d’autonomie (WLTP) sur la version Peaq 90, doté du moteur de 290 ch et de la grande batterie de 91 kWh. Il faut compter 605 km sur la Peaq 90x selon Skoda et ses mesures homologuées, et 450 km pour la Peaq 60 avec la batterie de 63 kWh. En conduite avec le mode B est enclenché (One Pedal), Skoda annonce un système régénératif capable d’assurer 95 % des besoins de freinage, de quoi éviter l’usure des freins mécaniques. Selon de premiers détails dévoilés par Skoda, la consommation moyenne (WLTP) du Peaq s’établit entre 14.7 et 15.8 kWh/100 km selon les trois versions.
Toutes les versions du Skoda Peaq 2026
- Skoda Peaq 60 : 63 kWh, 204 ch, 450 km d’autonomie
- Skoda Peaq 90 : 91 kWh, 290 ch, 630 km d’autonomie
- Skoda Peaq 90x : 91 kWh, 278 ch, 605 km d’autonomie
En sortant un modèle doté d’une batterie de 91 kWh, Skoda veut pouvoir offrir un chiffre supérieur à la Tesla Model Y (jusqu’à 600 km d’autonomie en version Grande Autonomie). Peugeot arrive avec une batterie encore plus grosse, de 98 kWh, pour 668 km WLTP. La Kia EV9 fait encore plus gros avec 99,8 kWh, mais la masse et le format du modèle ne lui permet pas d’allonger le pas et dépasser les 560 km d’autonomie. Même chose chez les Suédois de Volvo : Skoda, grâce au groupe Volkswagen, arrive donc avec une proposition sérieuse et légèrement en avance sur son temps.
Lors de son événement spécial au Monnetier-Mornex, les prix de la Skoda Peaq n’ont pas encore été dévoilés. Pas l’heure de gâcher la fête, même si le constructeur tchèque se positionne déjà sur un marché où les prix ne démarrent pas sous les 46 000 euros chez les autres constructeurs généralistes (Tesla, Peugeot), et sous les 65 000 voire 90 000 chez les autres comme Kia et Volvo. Lors de la présentation, Skoda a assuré que la version Peaq 60 débuterait « sous les 50 000 euros ».
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