SpaceX a été sélectionné par la NASA pour désorbiter l’ISS. La station spatiale internationale tourne autour de notre planète depuis 23 ans, mais elle va bientôt changer de trajectoire. Elle est trop vétuste pour toujours être utilisée.
Cet immense contrat, de 843 millions de dollars, est un vrai défi technique pour SpaceX. Dans une conférence de presse ce mercredi, l’entreprise accompagnée de la NASA a dévoilé des détails supplémentaires sur cette mission hors norme.
SpaceX a prévu de construire une version « extra-large » de sa capsule de fret Dragon, baptisée l’USDV pour (United States Deorbit Vehicle). Elle devra être assez puissante pour pousser l’ISS sur une orbite « de descente ». La mission devrait avoir lieu en 2031. Le dernier équipage devrait quitter la station six mois avant son retour sur Terre.
Les capsules Dragon de SpaceX sont aujourd’hui utilisées par la NASA pour envoyer des astronautes dans l’ISS ou assurer des missions de ravitaillement non habitées. Lors de son second voyage dans la station spatiale internationale, le français Thomas Pesquet a rejoint l’ISS avec une capsule Crew Dragon fabriquée et lancée par SpaceX.
Une capsule surpuissante
With 6x more propellant and 4x the power of today’s Dragon spacecraft, SpaceX was selected to design and develop the U.S. Deorbit Vehicle for a precise, controlled deorbit of the @Space_Station https://t.co/GgtuplTwqQ pic.twitter.com/E23sS7CE4U
— SpaceX (@SpaceX) July 17, 2024
Pour réussir à faire changer l’ISS de trajectoire, SpaceX va donc utiliser une version modifiée de cette capsule. Le défi est immense pour l’entreprise d’Elon Musk qui va devoir déplacer une masse de 400 tonnes, tournant à 27 000 km/h autour de la Terre.
Pour modifier suffisamment la trajectoire de l’ISS, SpaceX a prévu d’ajouter 30 moteurs Draco supplémentaires à sa capsule, portant leur nombre à 46. Selon les informations données par SpaceX, le véhicule en charge de la désorbitation de l’ISS sera deux fois plus grand d’une capsule Crew Dragon ordinaire. Il devrait être capable de fournir quatre fois plus de puissance.
Un défi technique jusqu’aux dernières secondes
Lors de la présentation faite à la presse de la mission, Sarah Walker, directrice des missions Dragon pour SpaceX a expliqué que la partie la plus délicate de ce vol serait sans aucun doute les derniers instants. La capsule devra en effet être capable de fournir une poussée suffisante pour modifier la trajectoire de l’ISS, tout en « résistant aux forces causées par l’augmentation de la traînée atmosphérique sur la station spatiale. »
Si cette dernière poussée ne se passe pas exactement comme prévu, l’ISS aura une trajectoire différente des prévisions et elle pourrait s’écraser sur Terre, voire même atteindre des zones habitées.Pour l’heure, les équipes de SpaceX visent le point Némo, une zone de l’océan Pacifique éloignée de toute civilisation. Lors de sa prise de parole ce mercredi, Sarah Walker a insisté sur l’importance de cette mission, assurant que SpaceX était honoré d’en faire partie. C’est “un moment d’histoire” a-t-elle assuré devant la presse.
L’ISS : une fin programmée
Symbole de la fin de la guerre froide, l’ISS était la première station spatiale utilisée à la fois par des astronautes russes et américains. Alors que ces deux superpuissances se sont longtemps fait la « course à l’espace », l’ISS les aura rapprochés comme jamais.
Mais avec l’augmentation des coûts de fonctionnement de la station, à cause de sa vétusté et de la situation géopolitique à nouveau tendue entre Washington et Moscou, l’ISS est aujourd’hui condamnée. La NASA et son homologue russe Roscosmos ont signé un accord de financement de l’ISS jusqu’en 2030, au-delà, la station sera laissée à l’abandon et quittera l’orbite pour rejoindre le fond de l’océan Pacifique pour l’éternité.
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Pourquoi ne utiliser cette fusée pour amener l’issu a une orbite beaucoup plus haute par exemple 20000 km.