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Starship a bien explosé, mais 20 secondes trop tard

Le 20 avril, les ingénieurs de SpaceX ont perdu le contrôle de Starship. Pendant 20 secondes ils ont essayé de la faire exploser, en vain.

  • SpaceX a fait exploser sa fusée avec 20 secondes de retard
  • Un écart inquiétant entre le lancement de la commande et l’explosion
  • Si cette solution n’avait pas fonctionné, ce vol d’essai aurait pu tourner au drame

20 secondes, voilà le temps qu’il aura fallu pour faire exploser Starship après l’envoi de la première commande à la fusée. Si cette durée peut sembler assez courte, ce fût une éternité pour SpaceX et ses ingénieurs. Une latence qui pose de nombreuses questions sur la conception de la fusée et le fonctionnement de ce système de secours élémentaire.

Le 20 avril dernier, après trois minutes de vol Starship a perdu pied. La fusée n’a pas suivi sa trajectoire et SpaceX a dû la faire exploser. Cette manipulation ne prend généralement que quelques secondes entre la prise de décision et le déclenchement des charges explosives.

Mais au cours de ce vol inaugural, la fusée a mis 20 secondes avant de se détruire. Une perte de signal inquiétante qui n’a visiblement pas effrayé le patron de SpaceX. Dans un Space sur Twitter, Elon Musk est revenu sur la chronologie du vol, apportant des éléments pour mieux comprendre ce qui s’est passé.

Selon ses dires le « démontage rapide et imprévu » (le nom donné en interne pour parler d’auto-destruction) n’a eu aucune conséquence majeure. Une position décriée par les associations environnementales qui parlent d’une vraie « marée noire » au large de Boca Chica.

Et si… Starship n’avait pas explosé ?

Mais la fin aurait pu être encore pire pour SpaceX. Incontrôlable, après une chute de 30 kilomètres, la fusée aurait pu s’écraser au sol. Les centaines de tonnes d’ergols (de carburant) toujours présents dans le réservoir auraient alors eu l’effet d’une bombe. C’est justement pour éviter ce genre de drame que les systèmes d’auto-destruction existent.

Car en cas de chute incontrôlée, les risques sont nombreux. La fusée aurait pu s’abîmer en mer, ou pire, retomber sur Terre. Si la fusée était tombée sur une zone habitée, des dizaines de personnes auraient pu perdre la vie suite à l’explosion. SpaceX aurait également été pris dans le jeu géopolitique en cas de chute de sa fusée sur un voisin des États-Unis comme Cuba ou le Mexique.

Le plus probable reste cependant que Straship, contraint par les frottements de l’air, aurait explosé avant d’atteindre le sol. Les débris se seraient alors répandus sur une zone bien plus grande que dans la réalité et auraient causé une pollution marine plus importante.

Beaucoup de problèmes, mais un vol « réussi »

Heureusement pour SpaceX, la commande d’auto-destruction a fini par fonctionner après 20 longues secondes de panique. Depuis le centre de contrôle, les ingénieurs doivent maintenant trouver l’origine de ce problème afin de le corriger. Loin d’être défaitiste, Elon Musk parlait toujours ce samedi d’un vol « réussi » assurant que son entreprise avait « beaucoup appris » d’une telle mission.

Mais le dysfonctionnement lors de la commande de destruction n’est pas le seul rencontré en trois minutes de vol. Musk a expliqué que plusieurs moteurs n’ont pas fonctionné correctement. La fusée, qui dispose de 33 engins « Raptor 2 » à sa base n’a pu compter que sur 30 d’entre eux au décollage. Un manque de puissance qui a retardé la poussée initiale de plusieurs secondes. Cela explique une partie des gros dégâts découverts sur le pas de tir.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Elle a pété et c’est l’important, quand t’es a 29km du sol(c’est la qu’elle a pété), 20sec de plus ou de moins ça change pas grand chose…
    Pour une fusée de cette taille et par une entreprise aussi jeune que spacex, je trouve que c’est un bon premier essai. Les fusées qui pète c’est pas nouveau. Mais bon vu que c’est Elon musk, un nouveau “joueur” dans l’industrie très fermée du spacial qui en plus innove, il faut vraiment faire au moins 15 articles dessus, c’est fatiguant les mecs… Par contre il est vrai qu’ils auraient pu prévoir de meilleurs équipements sur le pas de tir.

  2. Accessoirement, on pourrait s’interroger sur l’existence d’un explosion secondaire, quelques secondes après la première…

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