Au lendemain d’une nouvelle explosion du côté de Boca Chica, la base de lancement du Starship, la fusée géante de SpaceX semble plus fragile que jamais. Après trois vols (le 7e, 8e et 9e) conclus prématurément, la firme d’Elon Musk préparait ardemment le prochain lancement.
Elle a d’ailleurs reçu l’approbation de la FAA, la fédération américaine de l’aviation, pour accélérer encore son rythme de lancement. Dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 juin, c’est donc cette même fusée Starship qui a explosé. Or cette fois, et pour la première fois, l’incident s’est produit au sol, lors de tests.
Selon les quelques informations partagées par les autorités, et le comté de Cameron, dont dépend Boca Chica, la fusée aurait explosé pendant “un essai statique de routine”. La fusée aurait subi une “défaillance catastrophique” entraînant l’explosion de la fusée. Heureusement cet incident n’a fait aucun blessé.
Deux accidents en moins d’un mois
Ce douloureux épisode n’est malheureusement pas le premier dans l’histoire récente de SpaceX. Si l’entreprise, dirigée par Elon Musk fait de l’échec une étape obligatoire de sa progression, ce dernier a la fâcheuse tendance de se répéter, mission après mission.
Car il ne faut pas remonter loin dans le temps pour trouver les traces d’un autre échec du Starship. Le 27 mai dernier, lors de son 9e vol, la fusée géante de SpaceX avait déjà été touchée par une défaillance. Le premier étage n’avait pas réussi à revenir en sécurité sur Terre, une manoeuvre pourtant réussie à plusieurs reprises dans le passé.
Le second étage, qui a volé quelques minutes dans l’espace, a rencontré deux avaries. Une première, lors de son apogée. La simulation du déploiement de 8 satellites ne s’est pas effectuée. Quelques minutes plus tard, à cause d’une fuite de carburant, l’appareil a perdu de l’altitude. Quittant sa trajectoire, et pour des raisons de sécurité, l’appareil a alors subi une “RSD”, une désinstallation rapide inattendue. Le terme technique pour dire que la fusée a explosé en vol.
Qu’est ce qui cloche ?
Lors de son premier vol, le 20 avril 2023, SpaceX avait frôlé les 40 kilomètres d’altitude. La fusée avait fini par exploser, mais le monde entier reconnaissait la réussite d’une telle mission. Deux ans plus tard, la donne a changé. Elon Musk a toujours fait de l’échec une “expérience” dont il faut savoir “se servir” pour “construire la suite”.
Mais depuis huit mois, et le vol du 19 novembre 2024, les choses vont de mal en pire. SpaceX ne progresse plus, pire, l’entreprise régresse même sur certains points. Si les raisons techniques derrière ces échecs sont toujours inconnues, et SpaceX n’est pas pressé d’en parler, le constat est sans appel : SpaceX n’y arrive plus.
L’impatience gagne du terrain
Les échecs à répétition du Starship posent des problèmes à SpaceX évidemment, mais l’entreprise américaine n’est pas la seule touchée. La NASA, qui a prévu d’utiliser cette fusée pour ses missions Artemis, en attend beaucoup. Sans la fusée de SpaceX, c’est tout le plan de vol d’Artemis 3 qui est à revoir. L’agence spatiale américaine, déjà en difficulté avec les coupes franches de son budget, a besoin d’un Starship fonctionnel et fiable. Il en va de la survie des missions Artemis et du retour de l’Homme sur la Lune.
Les récentes brouilles entre Donald Trump et Elon Musk ne risquent d’ailleurs pas d’arranger les choses, SpaceX ayant bien besoin d’un soutien politique en ces heures troubles. À chaque échec de sa mégafusée, l’homme d’affaires voit en tout cas son rêve de coloniser Mars s’éloigner un peu plus.
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