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Le tableau La Nuit étoilée de Van Gogh cachait un secret depuis plus d’un siècle : des scientifiques viennent de le percer

Les volutes qui ornent le légendaire tableau de Van Gogh furent pour le grand maître du postimpressionnisme un moyen d’apaiser sa souffrance. Selon des chercheurs coréens, elles seraient également chargées d’une intention que nul n’avait soupçonnée chez le peintre.

Après le mystère de La Joconde percé par Ann Pizzorusso en 2024, et celui de l’Homme de Vitruve par Rory Mac Sweeney en 2026, c’est au tour d’une autre œuvre d’art légendaire de faire l’objet d’une grande révélation scientifique. La Nuit étoilée de Vincent van Gogh, fut peinte en juin 1889 depuis sa chambre de l’asile de Saint-Rémy-de-Provence, où l’artiste s’était volontairement interné, alors qu’il traversait de graves crises dont la nature exacte reste débattue. Lorsque son esprit était au calme, il retrouvait sa lucidité et sa force de travail : c’est ainsi que ce tableau a vu le jour, lorsqu’il admirait la campagne provençale depuis sa fenêtre et retournait peindre au rez-de-chaussée.

On y voit un village paisible et son clocher pointu tout droit sorti de son imagination, surplombé d’un cyprès qui semble s’élever comme une flamme devant le ciel, qui occupe la plus grande partie du tableau. La voûte céleste est agitée de grandes volutes tourbillonnantes, qui ont longtemps été interprétées comme l’expression picturale de ses délires et de son cerveau tourmenté. Une théorie nuancée en 2008 dans cette étude publiée dans la revue Journal of Mathematical Imaging and Vision par une équipe de physiciens, qui a démontré que Van Gogh avait inconsciemment (ou par une observation fulgurante de la nature) reproduit avec une précision mathématique la statistique de Kolmogorov, qui décrit le mouvement de l’air ou de l’eau en agitation.

En 2024, une autre étude, cette fois publiée dans la revue Physics of Fluids, a confirmé l’hypothèse des chercheurs, mettant fin au débat sur le caractère fortuit de ces formes. La thèse du hasard écartée, une question subsistait sans réponse : que regardait exactement Van Gogh lorsqu’il a peint son tableau ? Une équipe d’astronomes de l’université Kyung Hee, en Corée du Sud, pense avoir trouvé la réponse : dans leur étude parue le 22 octobre 2026 dans la revue Scientific Reports, elle affirme que le peintre a saisi sur le vif une nuit véritable, dont elle est parvenue à retrouver la trace.

Van Gogh : un astronome malgré lui ?

Un siècle durant, un débat a agité les historiens de l’art : à quoi correspondaient, dans le ciel véritable, les quelques étoiles groupées au centre de La Nuit étoilée ? Trop régulièrement disposées pour être le pur produit de l’imagination, elles semblaient être la reproduction d’une réelle constellation, mais les spécialistes n’ont jamais réussi à se mettre d’accord.

Selon l’équipe, il s’agirait en réalité de l’amas des Hyades, formant le « V » de la tête de la constellation du Taureau. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont rendus sur les lieux mêmes qui ont inspiré l’artiste, lors de deux séjours en France en 2019. Sur place, ils ont pris en photo les lieux immortalisés par le peintre, comparant bâtiments, ponts et reliefs à ses œuvres pour déterminer sous quel angle, et sur quelle largeur, il avait saisi la scène.

Munie de ces repères, l’équipe a reconstruit, à l’aide de simulations astronomiques, l’aspect du ciel nocturne tel qu’il apparaissait au-dessus de Saint-Rémy-de-Provence en 1889. En y appliquant ce cadrage, elle a pu délimiter l’unique portion de voûte céleste que le peintre embrassait réellement. Ensuite, elle a concentré ses recherches sur les aubes de juin et juillet, seules périodes où la Lune et Vénus pouvaient apparaître dans la position peinte par Van Gogh.

Puisqu’un tableau n’a pas vocation à être une carte du ciel, le dessin des étoiles pouvait être incliné ou dessiné trop grand ; les chercheurs l’ont donc réorienté et mis à l’échelle pour trouver le meilleur recouvrement possible avec l’amas réel. Parmi toutes les positions testées, la représentation de Van Gogh épousait la forme des Hyades mieux que celle de tous les autres amas.

Nuit étoilée
En haut (a), on peut apercevoir le groupe d’étoiles peint au cœur de La Nuit étoilée mis en regard de l’amas des Hyades. En bas (b), les astres de Terrasse de café le soir (une autre peinture de Van Gogh) confrontés à la région du Triangle d’été. Sur les graphiques situés à droite, les points orange marquent l’emplacement des étoiles sur la toile, les bleus leur position réelle dans le ciel ; les pointillés rouges signalent l’écart entre les deux. © Kim et al., Scientific Reports, 2026, Figs. 2, 4 and S1. CC BY-NC-ND 4.0

En recoupant la disposition des étoiles, celle de la Lune et de Vénus et l’inclinaison de l’ensemble du décor par rapport à l’horizon, l’équipe est même parvenue à dater encore plus précisément le tableau : le peintre aurait observé cette portion de ciel à l’aube du 22 juillet 1889. Un résultat qui contredit la datation de l’œuvre, puisqu’elle est censée avoir été peinte en juin, ce qui suppose que Van Gogh aurait prolongé son travail sur une partie de l’été. Elijah Jeong-hyun Kim, auteur principal de l’étude, invite néanmoins à ne pas surinterpréter : « Je crois que Vincent a réuni sur une même toile les ciels de plusieurs jours, avant et après le 22 juillet ». Un choix créatif, qui serait, finalement, en parfaite adéquation avec les codes du mouvement postimpressionniste, qui tenait la réinterprétation de la réalité pour une forme supérieure de l’authenticité, délivrée de la simple imitation de la nature.

  • Une étude révèle que les volutes de La Nuit étoilée de Van Gogh sont le résultat d’une observation précise de la nature, réfutant l’idée de délires psychotiques.
  • Des astronomes ont identifié l’amas des Hyades dans le tableau, suggérant que Van Gogh a peint un ciel réel observé le 22 juillet 1889.
  • Cette découverte pourrait signifier que Van Gogh a prolongé son travail sur le tableau au-delà de juin, intégrant plusieurs jours d’observation dans son œuvre.

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