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Test Alone in the Dark (2024), à réserver aux amateurs de jeux “old school” ?

Après un premier opus lancé en 1992, Alone in the Dark est de retour, avec une relecture à la fois sincère et réussie, mais un manque de moyens évident. Notre avis complet !

Dans les années 90, un nouveau genre émerge sur la scène vidéoludique : le survival-horror. Si l’incontournable Resident Evil de Capcom va faire exploser le genre lors de sa sortie sur PlayStation, l’inspiration provient d’un autre jeu, lancé en 1992 (et made in France) : Alone in the Dark. Celui qui peut être considéré comme le “papa” du survival-horror a engendré de nombreux descendants, à commencer par Resident Evil bien sûr, mais aussi l’autre série horrifique de l’époque : Silent Hill. En 2024, la saga Alone in the Dark est de retour, avec non pas un remake ou un remaster, mais plutôt une relecture intégrale du tout premier épisode.

Alone in the Dark, plus de 30 ans plus tard !

Dans ce nouvel Alone in the Dark, on suit donc les mésaventures de Emily Hartwood (incarnée par Jodie Comer) et du détective privé Edward Carnby (campé ici David Harbour) alors qu’ils se rendent au manoir Derceto, afin d’enquêter ensemble sur la disparition de Jeremy Hartwood, l’oncle d’Emily. Contrairement à un Resident Evil 4 Remake (pour ne citer que lui), Alone in the Dark est un titre à “petit” budget, un aspect qui va se répercuter sur certains aspects du jeu.

Alone In The Dark 3
© THQ Nordic

Evidemment, adieu la vue “à l’ancienne“, et place ici à un gameplay plus moderne, avec une caméra qui vient se caler derrière l’épaule du joueur (avec toutefois quelques surprises). Ceux qui ont parcouru les récents Resident Evil ne seront donc pas dépaysés, même si Alone in the Dark joue sur un autre terrain. Le jeu signé Pieces Interactive propose certes de l’action, mais souhaite également rendre hommage au matériau d’origine.

Cela se transpose à l’écran par une ambiance plus posée, qu’il faudra savoir apprécier en jouant dans de bonnes conditions vidéo et audio. Les plus anciens y retrouveront sans doute ce petit “quelque chose” des survival-horror de l’époque, avec un petit côté nostalgie (malgré un style résolument moderne) qui joue clairement en faveur de cet Alone in the Dark.

Alors certes, visuellement on a droit parfois à quelques très beaux effets de lumière, et à des environnements variés, mais difficile de ne pas tiquer face à des visages assez (et même parfois très) génériques, ou encore des déplacements très (très) lourds.

Alone In The Dark
© THQ Nordic

Idem du côté des énigmes, avec toujours ce côté “old school” qui va pousser les joueurs à se creuser les méninges (comme avant finalement), la solution n’étant pas toujours sous nos yeux. Un point qui saura se faire apprécier des “anciens”, mais qui rebutera sans doute les nouveaux.

A ce sujet, il est possible d’activer des filtres façon rétrogaming, qui permettent par exemple de jouer avec des personnages directement issus… de 1992. Sympa.

Alors oui… Mais…

Toutefois, si Alone in the Dark est une excellente surprise pour ce qui est de l’ambiance, de la mise en scène ou encore de son côté “respect de la franchise”, force est d’admettre que le jeu a du mal à tenir la route pour ce qui est des phases d’action.

Ces dernières n’offrent (quasiment) jamais le moindre effet de surprise, mais ce sont surtout les affrontements eux mêmes qui manquent de dynamisme, de sensations, la faute à la lourdeur des contrôles, et à une caméra qui peine parfois (souvent) à se positionner. Ajoutez à cela des ennemis au design générique au possible, et vous aurez vite tendance à souffler lorsqu’un affrontement se profile. Quel dommage…

Alone In The Dark 2
© THQ Nordic

Côté durée de vie, comptez un peu moins de dix heures pour voir le fin mot de l’aventure lors de votre première session. Comme dans Resident Evil 2 en son temps, Alone in the Dark permet d’incarner deux personnages (à définir au début de l’aventure).

Alone In The Dark 4
© THQ Nordic

Ainsi, il est possible de refaire le jeu avec le second personnage, toutefois, il ne faut pas s’attendre à un changement majeur, l’aventure restant sensiblement identique dans les grandes lignes. Comptez une quinzaine d’heures donc pour boucler le jeu avec les deux héros (avec plusieurs fins possibles).

En définitive, Alone in the Dark se modernise oui, avec une relecture plutôt bien pensée et très respectueuse, mais le jeu souffre aussi de diverses lacunes, notamment sa technique, un côté très rigide, mais aussi (et surtout) ses phases d’action assez ratées.

Et si certains (notamment les “anciens”, qui apprécient les ambiances posées et ce style de jeu un peu “old school”) sauront apprécier le titre malgré ses nombreuses imperfections, la majorité aura tendance à se montrer (plus ou moins) déçue par ce retour de la licence.

Notre avis concernant Alone in the Dark (2024)

Très respectueuse du jeu d’origine, cette relecture d’Alone in the Dark est une bonne expérience… pour qui apprécie les jeux “à l’ancienne”. A l’instar d’un RoboCop Rogue City lancé en fin d’année dernière, il s’agit d’un jeu modeste, très classique, avec en prime quelques lacunes techniques et des combats (et des ennemis) peu inspirés. Cela n’empêche pas ce nouvel Alone in the Dark de disposer d’une vraie ambiance, avec même d’excellentes trouvailles (sans jamais rien inventer), et une pure envie de bien faire de la part des développeurs. A tester donc, mais en connaissance de cause.

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Alone in the Dark

7

Note Globale

7.0/10

On aime

  • L'ambiance, excellente
  • Les énigmes "old school"
  • Ce côté globalement "à l'ancienne" pas désagréable (si on est vieux)
  • Une relecture respectueuse et sincère

On aime moins

  • Les combats/ennemis, ratés...
  • Techniquement dépassé
  • La caméra parfois... ouch !
  • Le côté "à l'ancienne" qui ne plaira pas du tout à certains