Une somme équivalente au PIB de certains pays comme l’Estonie ou la Libye. Il y a 50 ans, le pays était largement désertique et son économie était basée principalement sur l’agriculture. Tout a changé lorsque dans les années 1970, d’immenses réserves de pétrole ont été découvertes sous le sol du pays, ce qui a permis au royaume de devenir une puissance mondiale influente. Toutefois, le pays s’est lancé assez récemment dans une stratégie de diversification économique : tourisme (le projet NEOM, par exemple), finance, énergies renouvelables et technologie, notamment l’e-sport.
Justement, le royaume cherche aujourd’hui à devenir un pivot central de l’IA au niveau mondial, et souhaite, elle aussi, avoir sa part du gâteau.
Des ambitions sans limites
Le New York Times a révélé que ces 40 milliards d’investissement seront certainement soutenus par des partenariats avec des acteurs majeurs du secteur. Il semblerait que le Fonds d’investissement public d’Arabie saoudite (PIF) soit rentré en discussion avec plusieurs organismes financiers, dont Andreessen Horowitz, un fonds américain de capital risque.
Afin d’orchestrer ce vaste projet, le PIF souhaiterait également établir un bureau à Riyad, capitale et principal centre financier du royaume. Selon Yasir Al-Rumayyan (directeur du PIF), « L’Arabie Saoudite a la volonté politique » nécessaire pour devenir un acteur majeur de l’IA. Une déclaration qui serait probablement un peu moins assurée si les sommes engagées n’atteignaient pas ces sommets stratosphériques.
L’argent ne fait pas tout
L’élan financier est certes impressionnant, mais l’Arabie Saoudite n’a pas bonne presse auprès de tous les pays. À l’internationale, elle se heurte à la perception d’un régime aux pratiques largement controversées. On ne peut pas dire qu’il y fait spécialement bon vivre, du moins pas pour tout le monde.
Militants des droits de l’homme, activistes et féministes y sont encore emprisonnés et le droit des femmes, malgré des réformes récentes plus progressistes, reste encore un sujet très préoccupant. Le système judiciaire du royaume n’a que faire de la modernité : peine de mort et châtiments corporels y sont encore d’actualité. De plus, les tensions géopolitiques avec le Qatar et l’Iran n’arrangent pas le tableau.
Le pari est ambitieux, mais sa réussite dépendra aussi de la capacité de l’Arabie Saoudite à nouer des partenariats intéressants avec des entreprises tech. Celles-ci peuvent parfois être réticentes à l’idée de s’engager avec des gouvernements à la réputation ambiguë.
- L’Arabie Saoudite souhaite devenir un acteur central de l’IA à l’échelle mondiale.
- Un fond démesuré de 40 milliards de dollars a été débloqué afin de catalyser ce processus.
- Pour autant, le gouvernement saoudien souffre d’une réputation ternie à l’international, et la réussite de cette course vers l’IA dépendra fortement de la capacité du royaume à nouer des partenariats solides.
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Plutôt pas mal pour un pays qui n’ a pas de cerveaux