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Fintech

Une (première) néo-banque victime de la crise sanitaire

Filiale du groupe RBS, la néo-banque Bo a mis un terme à son activité au 30 avril 2020.

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Bo néo-banque
© Bo

Avec une chute drastique du volume de transactions, les néo-banques voient leur modèle économique mis à mal par la crise sanitaire. Pour traverser cette période délicate, la pépite allemande N26 a fait le choix de mettre une partie de ses effectifs en chômage partiel. De son côté, Revolut a incité ses salariés à remplacer une partie de leur salaire par des actions. D’autres, comme Bo, ont du prendre des décisions beaucoup plus extrêmes.

La néo-banque britannique a été contrainte de mettre un terme à son activité seulement 5 mois après son lancement, en novembre dernier. La filiale du groupe bancaire RBS a été victime d’une série de facteurs qui ont finalement eu raison d’elle. Sur le créneau du compte bancaire simplifié, Bo laisse désormais sa place aux géants Revolut, Monzo et Starling.

Le coup fatal

Ses débuts ont d’abord été pénalisés par un rappel de 6 000 cartes de paiements (sur 11 000 clients) reconnues comme non-conformes à la régulation européenne. Après quelques mois d’activité, c’est ensuite le PDG de l’activité, Mark Bailie, qui a décidé de jeter l’éponge. La crise sanitaire, qui a largement bouleversé les usages des consommateurs, a porté le coup fatal à la banque mobile.

Selon certains experts, Bo aurait également été sacrifié par le groupe RBS qui a été obligé de passer une (première) provision d’un milliard de GBP dans les comptes pour faire face aux risques de la crise. Sankar Krishnan, un responsable chez Capgemini, affirme que cette issue était donc « logique » et que la pression financière sur RBS « ne laissait plus beaucoup de place pour soutenir financièrement Bo ».

Bo néo-banque

Capture d’écran du site © Bo

Sarah Kocianski du cabinet de conseil 11:FS, a aussi évoqué un marché britannique déjà saturé par les néo-banques. Revolut et ses 10 millions d’utilisateurs, Monzo et ses 3,5 millions ou encore Starling Bank n’ont pas permis à Bo de trouver un élément différenciant. Cette dernière aurait « échoué sur ce point, entrainant sa perte logique ». Cette décision ne va pas sans rappeler la licorne N26, qui décidait en février dernier de mettre un terme à son expérience au Royaume-Uni.

La diversification, un élément clé

Stéphane Dehaies, associé banque et fintech chez KPMG, partageait sa vision au début de l’année en affirmant qu’en 2020, « le principal enjeu des néo-banques consistera à pérenniser leur modèle et à fidéliser les clients actifs en proposant un catalogue de services toujours plus large ». En allant au delà de la simple carte de paiement, les néo-banques pourront ainsi diversifier leurs sources de revenus et s’assurer que les clients en fassent leur « banque principale ». Une tâche qui s’annonce ambitieuse, mais qui est une condition sine qua none pour éviter un naufrage comme celui de Bo.

Benoit Grisoni, le DG de Boursorama Banque nous rappelait à juste titre qu’au quotidien, « les français ne se cantonnent pas à une seule carte de paiement : ils ont également besoin de chèques, de découverts, de livrets d’épargne et tous les autres produits bancaires ». Si les banques en ligne souffrent évidemment de la crise sanitaire, elles semblent toutefois mieux armées que les néo-banques pour s’inscrire dans la durée.

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