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Fintech

En 2020, l’enjeu des néo-banques sera de devenir une « banque principale »

Les néo-banques connaissent un vif succès dans l’Hexagone. Mais pour s’installer dans la durée, elles devront s’adapter.

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© Agence 5•5

En France, le paysage bancaire est en pleine mutation. En quelques années, les géants de l’industrie ont été mis à mal par les néo-banques qui travaillent à simplifier le quotidien des français.

Entre BNP Paribas qui rachète le Compte Nickel, Société Générale qui lance son compte simplifié Kapsul, Crédit Agricole qui accroit sa participation dans Linxo ou encore Crédit du Nord qui lance sa banque pour les professionnels Prismea – chacun essaie de placer ses pions. Malheureusement, cela ne suffit pas et la dynamique semble jouer en la faveur des jeunes pousses.

3,5 millions de clients

Une étude récente publiée par KPMG met en lumière la croissance tonitruante des néo-banques : les 26 acteurs présents sur le marché français se partageaient fin décembre pas moins de 3,5 millions de clients – contre 2,6 millions en juin dernier. Sur l’année écoulée, le cabinet estime que le nombre de clients a cru de 75%, un pourcentage que l’on pourrait même dépasser cette année.

Aujourd’hui, les néo-banques parlent à tous les profils et à tous les âges. Dans un sondage réalisé en partenariat avec Ipsos, KPMG a déterminé le profil type des utilisateurs de services tels que N26, Revolut ou encore Lydia. Et contrairement aux idées reçues, ce ne sont plus les jeunes qui sont moteur de la croissance : 70% des clients de ces banques mobiles ont plus de 30 ans, et près d’un tiers a même plus de 45 ans.

Une large partie des clients sont attirés par la politique tarifaire attractive – que ce soit au niveau des frais de tenue de compte, ou des frais à l’étranger. Pour autant, le modèle actuel et le nombre croissant de clients ne permet pas à ces néo-banques d’atteindre l’équilibre financier.

Étoffer la gamme, une « condition sine qua non de leur pérennité »

Plusieurs d’entre elles ont étoffé leur gamme de produits pour multiplier les sources de revenus. C’est le cas d’Orange Bank qui a dévoilé une carte bancaire Premium, N26 qui a lancé un crédit à la consommation ou encore Lydia qui a ouvert une marketplace de services financiers. Leur gamme reste toutefois trop restreinte par rapport à des banques de réseau traditionnelles pour rivaliser sur le long terme.

Stéphane Dehaies, associé banque et fintech chez KPMG, donne sa vision sur le marché actuel :

« en 2020, le principal enjeu des néo-banques consistera à pérenniser leur modèle et à fidéliser les clients actifs en proposant un catalogue de services toujours plus large ».

Toujours selon le rapport, près de 70% des clients seraient prêts à faire de leur néo-banque leur banque principale – sous condition que tous les services bancaires soient proposés (remise de chèque, crédits à la consommation et immobilier, épargne…).

Muriel Grandidier de l’institut Ipsos est catégorique : « l’élargissement de leur gamme d’intervention est la condition sine qua non de leur pérennité », au delà de la confiance qu’ils inspirent à leurs clients. Aujourd’hui, seulement 37% des clients ont une utilisation exclusive de la carte émise par leur banque mobile – une majorité reste donc tiraillée entre leur néo-banque et leur établissement historique.

Un marché qui aiguise l’appétit des investisseurs

Au delà de tous ces défis, il semblerait que la néo-banque soit prête à passer un nouveau cap – grâce notamment à l’appétit des investisseurs venus de l’étranger. Entre la nouvelle levée de fonds record de Qonto (104 millions d’euros) ou encore celle de Lydia (40 millions), la France se positionne en force.

Claire Calmejane, directrice de l’innovation chez Société Générale nous confiait sa surprise de voir cette année « beaucoup, beaucoup d’investisseurs » lors du Paris Fintech Forum qui vient tout juste de se clôturer. Le groupe bancaire en profitait pour communiquer plus amplement sur Treezor, une solution en marque blanche qu’elle a rachetée en 2018, et qui équipe des néo-banques comme Qonto ou Lunchr.

Sur ce marché en pleine évolution, Stéphane Dehaies reconnait toutefois que les banques traditionnelles – mais également les banques en ligne – font des efforts pour rattraper leur retard. Il observe « qu’elles sont nombreuses à avoir lancé de nouvelles offres ou à avoir adapté leur offre existante en réponse aux néo-banques ». Au delà de Kapsul chez Société Générale, Hello bank! a divisé son offre avec Hello One et Hello Prime. Boursorama, Fortuneo et ING ont quant à elles, lancées des offres spécifiques pour les voyageurs.

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