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USA : le futur de la « gig economy » se décide aussi en novembre

Des entreprises comme Uber et Lyft tentent le tout pour le tout pour maintenir leurs chauffeurs sous le statut d’indépendant.

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VTC
© Unsplash / Dan Gold

C’est un enjeu qui passerait presque inaperçu au milieu de l’élection présidentielle américaine. Pourtant, les citoyens californiens devront aussi se prononcer sur le futur de la « gig economy » (économie à la tâche en Français) le 3 novembre prochain. Pour rappel, le golden state a voté une loi en 2019 qui vise à traiter les chauffeurs VTC comme des employés et non des indépendants. Cela change totalement la donne pour ces derniers qui peuvent espérer pouvoir bénéficier d’une assurance santé payée par leurs employeurs.

Mais ce texte est aussi très critiqué par des entreprises comme Uber et Lyft qui estiment qu’il menace leur modèle économique. Ne s’avouant pas vaincues, ces dernières ont donc choisi de riposter par la voie d’un référendum local.

Une « dirty campaign » pour préserver les intérêts des plateformes ?

Ainsi, la Proposition 22 parrainée par Uber, Lyft, DoorDash, Instacart, ou encore Postmates demande aux électeurs de trancher le débat du statut des chauffeurs VTC. S’ils disent oui, ces derniers seront considérés comme des travailleurs indépendants, mais en cas de refus, c’est bien la loi californienne qui s’appliquerait et les compagnies seraient donc contraintes de les embaucher.

Comme on peut l’imaginer, les entreprises font tout pour gagner ce combat électoral. CNN rapporte qu’elles ont déjà investi plus de 185 millions de dollars, du jamais vu pour un simple référendum local. Les dépenses de campagne ne sont pas plafonnées aux États-Unis et le combat ne se joue donc pas à armes égales entre les participants. Le camp du non, emmené par les organisations syndicales, n’a ainsi pu consacrer que 12 millions de dollars pour contrer cette initiative.

Si les grandes plateformes investissent de tels montants, c’est aussi car elles ne sont pas du tout sûres de l’emporter. Un sondage réalisé fin septembre montre en effet un électorat très partagé sur le sujet. 39 % des répondants affirment vouloir voter oui à la proposition 22, tandis que 36 % s’y opposent, et 25 % se déclarent indécis.

Dès lors, pour se montrer encore plus persuasives, les grandes compagnies impliquées sur le dossier n’hésitent pas à brandir la menace de quitter la Californie. Outre ce chantage, elles utiliseraient des moyens plus contestables. Les démocrates accusent ainsi Uber et Lyft de mener une « dirty campaign » pour s’assurer la victoire.

Citée par The Hill, la députée de Californie, Lorena Gonzalez tient à alerter : « Quand vous pensez à combien ces entreprises ont investi dans le processus d’initiative pour simplement rédiger leurs propres règles, c’est une nouvelle voie qui a été choisie par ces sociétés milliardaires de la Silicon Valley, et cela devrait tous nous alarmer ».

Les pratiques du camp du Oui sont souvent pointées du doigt. Le SFGate a par exemple enquêté sur de mystérieux e-mails et des guides envoyés aux citoyens californiens. Ils se présentent sous la forme de documents pour aider les électeurs progressistes à faire leur choix. Curieusement, ces groupes, qui soutiennent le Oui à la proposition 22, n’existent tout simplement pas et auraient été fondés de toutes pièces dans le cadre de la campagne.

Du côté des défenseurs de cette initiative, on se défend en précisant que « toutes les dépenses liées sont déclarées dans nos rapports sur les comptes de campagne ». L’idée est selon eux de s’assurer que les chauffeurs et le reste des électeurs les soutiendront massivement le jour du vote.

Le résultat du 3 novembre sera scruté de près en Californie et dans le reste des États-Unis. En cas de défaite, le comportement d’entreprises comme Uber et Lyft sera aussi intéressant à observer. Le combat devrait d’ailleurs se poursuivre sur le terrain judiciaire où les firmes s’opposent à l’état californien.

Uber
Par : Uber Technologies
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