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Véhicules électriques : des entretiens coûteux et longs…

Les véhicules électriques sont-ils vraiment économiques à l’entretien ? C’est un argument souvent entendu, mais la réalité est plus complexe.

Le marché des voitures électriques est en nette progression. En 2020, ils représentaient 11 % des véhicules neufs en France, pour passer à 22 % en 2022. Leur part a donc doublé en seulement deux ans. Les arguments du secteur industriel pour assurer les ventes sont nombreux : impact carbone réduit, silence à l’utilisation, et un entretien bien moins cher qu’un véhicule thermique. Ce dernier argument, s’il pouvait être entendable avant que le secteur ne connaisse cet essor, est aujourd’hui à pondérer.

Des réparations complexes et des garages parfois démunis

C’est un fait, dans un véhicule électrique, l’usure du moteur est moindre par rapport à un thermique. Moins de frictions entre les pièces mécaniques, éléments mobiles en nombre réduit etc. Mais dès qu’une panne pointe le bout de son nez, les problèmes peuvent vite arriver.

Les systèmes sur lesquels reposent la plupart des véhicules électriques sont très complexes et demandent une formation particulière pour les techniciens qui doivent s’en occuper. Avec des tensions parfois comprises en 400 et 800 volts, il faut quelques connaissances pour ne pas provoquer d’accident mortel lors d’une réparation.

Conséquence ? De nombreux garages indépendants (dans de nombreux cas préférés par les conducteurs en raison de leurs tarifs) peinent à franchir le pas. Une transition entre un garage conçu pour réparer des voitures thermiques à un atelier pour s’occuper des véhicules électriques peut coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros. Si vous rajoutez à cela la formation des employés – qui ne peuvent donc pas travailler en même temps – on comprend l’hésitation de certains garagistes.

Le thermique continue malgré tout de régner en maître, et un tel investissement doit mûrement se réfléchir si l’on réfléchit à sa rentabilité.

Une pénurie d’expert et une augmentation des coûts

Au vu de la réticence des garages indépendants, bon nombre de propriétaires de véhicules électriques se tournent alors vers des revendeurs franchisés. Forcément, l’addition est nettement plus salée.

Les temps d’attente lors d’une réparation sont aussi beaucoup plus longs, et cela provoque également une hausse des tarifs d’assurance. L’exemple parfait est celui de la Tesla Model 3, qui peut coûter jusqu’à trois fois plus cher à assurer qu’une berline thermique équivalente.

Sans compter que le prix de la recharge va augmenter lui aussi. Même s’il restera toujours moins cher qu’un plein d’essence, il faut prendre la hausse en compte.

Face à ce constat, les solutions ne manquent pas. Certains gouvernements en UE sont prêts à investir dans la formation des garagistes indépendants, tout comme certains constructeurs. A long terme, cet effet pervers de l’essor de l’électrique s’atténuera certainement. A court ou moyen terme, les coûts d’entretien suivront tout de même une tendance ascendante.

  • L’entretien d’une voiture électrique peut être plus cher que prévu
  • Le manque de spécialistes et d’infrastructures de réparation pénalise les propriétaires
  • Le marché de la réparation s’adaptera à l’avenir pour atténuer la hausse des coûts d’entretien

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Vous annoncez un entretien onéreux, croyez vous que les constructeurs originels soient en capacité d’entretenir des hybrides ou diesel de dernière génération..
    Côté assurance a valeur identique un tesla mod 3 ne coût pas plus cher qu un thermique de même valeur.
    Épargnez l’economie quotidienne de l’utilisation d’un véhicule électrique et vous serez gagnants.
    Les constructeurs européens ont trop augmente leurs tarif de véhicules et d’entretien. Les options qu il faut payer tous les mois pour les conserver alors que le véhicule est équipé. Ça devenait du racket. Un entretien des 30000 à 600€ ou celui des 60000 à 1000€, les plaquettes à 40000kms, les disques à 80000 kms… Un ras le bol de tout ça.
    Messieurs les constructeurs adaptez vous vite, très vite.

  2. Attention, doublé dans la part des véhicules neufs (lui même en baisse), c’est de toute façon -trop ? – peu…

    L’entretien du véhicule est moindre : peu de fluides à changer, moins de pièces d’usures à remplacer comme les plaquettes et disques. C’est la réparation et pas l’entretien vu qu’il n’y a pas grand chose à faire qui peut vite devenir problématique (le véhicule passe “automatiquement” VAE en cas d’atteinte à la structure de la batterie quand elle est intégrée au châssis – ah zut, on est passé à côté des batteries amovibles en voiture -start-up israélienne qui y croyait mais pas les constructeurs – mais qui devrait être le cas sur les scooters si l’accord japonais va au bout) ou qui va influencer le prix des assurances.

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