En octobre 2024, la Commission européenne ouvrait une enquête formelle sur Temu au titre du Digital Services Act (DSA), législation vouée à protéger les citoyens européens en ligne. Car la plateforme est désignée « très grande plateforme en ligne » (VLOP) dans le cadre de la loi, un statut qui impose des obligations renforcées en matière de gestion des risques. Un an plus tard, en juillet 2025, les régulateurs concluaient de manière préliminaire que l’entreprise avait effectivement enfreint la réglementation. Ils viennent de confirmer cette position, prononçant une lourde amende de 200 millions d’euros à l’égard de Temus.
C’est la deuxième sanction jamais infligée au titre du DSA, et la plus élevée à ce jour. Le réseau social X d’Elon Musk a pour sa part écopé de 120 millions d’euros en décembre dernier pour des manquements à la transparence. Pour rappel, le règlement prévoit des pénalités pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel d’une entreprise.

Ce qui est reproché à Temu
La Commission s’est adonnée à une session dite de « mystery shopping », qui consiste à mener des achats tests sur la plateforme via un organisme indépendant. Résultat, une proportion élevée de chargeurs mis en vente ont échoué aux tests de sécurité électrique de base.
De même, de nombreux jouets pour bébés présentaient des risques de niveau moyen à élevé avec des substances chimiques au-dessus des seuils légaux, ou des petites pièces détachables susceptibles de provoquer des étouffements. Mais ce n’est pas tout. La Commission reproche aussi à Temu de ne pas avoir examiné le rôle de sa propre architecture dans la diffusion de ces articles dangereux.
Ses algorithmes de recommandation et ses programmes de promotion via des influenceurs affiliés pourraient activement amplifier la visibilité des annonces illégales, une dimension absente de ses évaluations des risques fournies dans le cadre du DSA. D’ailleurs, celles-ci sont jugées trop génériques, centrées sur des informations globales sur le secteur de l’e-commerce plutôt que sur des preuves spécifiques à Temu.
De son côté, la société se dit en désaccord avec la décision de la Commission européenne, dénonçant une « amende disproportionnée ». Elle fait valoir que la sanction porte sur sa première évaluation DSA de 2024, et « ne reflète pas l’état actuel de ses systèmes ». Un recours n’est pas écarté.

L’e-commerce made in China dans le viseur
Mais l’amende pourrait être encore plus salée à l’avenir. Car l’UE mène plusieurs enquêtes en parallèle, qui portent notamment sur le caractère potentiellement addictif du design de la plateforme et sur ses systèmes de recommandation. Une investigation plus large sur la vente de produits illégaux est également toujours en cours.
Désormais, Temu dispose jusqu’au 28 août 2026 pour soumettre un plan d’action détaillant les mesures correctives prévues. Sans quoi, des pénalités supplémentaires pourront s’ajouter à l’amende prononcée ce jeudi.
Cette décision intervient dans un contexte de pression croissante sur la filière de l’e-commerce chinois en Europe : Shein et AliExpress font elles aussi l’objet d’enquêtes.
- La Commission européenne a infligé une amende de 200 millions d’euros à Temu, la plus lourde jamais prononcée au titre du DSA.
- Des tests menés par des enquêteurs indépendants ont mis en évidence des chargeurs défaillants et des jouets pour bébés dangereux en vente sur la plateforme.
- Temu dispose jusqu’au 28 août 2026 pour soumettre un plan d’action correctif, tandis que d’autres sanctions pourraient suivre.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
