« Si la Commission européenne ne sait pas nous protéger contre ces ingérences ou ces menaces d’ingérence, alors il faut qu’elle rende aux États membres, à la France la capacité de se protéger elle-même ». Dans une interview accordée ce mercredi 8 janvier sur France Inter, Jean Noël Barrot, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pas masqué ses inquiétudes vis à vis de X (Twitter) et de son propriétaire, Elon Musk. Il a même évoqué un bannissement possible de la plateforme en Europe et en France, via instrument qui figure dans le texte du Digital Services Act (DSA).
Le coup de gueule du ministre
Depuis quelques mois, Elon Musk a pris l’habitude de soutenir des partis d’extrême droite européens et d’appeler à la démission de dirigeants démocratiquement élus par les citoyens en agitant de fausses nouvelles maintes fois débunkées par de grands médias pour les discréditer. Ces prises de position de la part du futur nouvel homme fort du gouvernement de Donald Trump ne sont pas du goût du ministre français.
Il explique ainsi : « Lorsque l’on participe à un gouvernement ou lorsqu’on aspire à y participer, ses opinions ont une valeur un peu particulière ».” Il ajoute :
Soit Elon Musk lorsqu’il intervient dans le débat public dans certains débats électoraux européens, le fait pour faire le buzz et alors c’est extrêmement regrettable, soit il le fait en assumant des alliances nouvelles avec des partis d’ultra-droite comme l’AfD en Allemagne et alors il faudrait que le Parti républicain américain assume de lier son destin avec celui de tel parti qui représente tout ce que le Parti républicain a toujours combattu.
L’Europe doit-elle muscler son jeu ?
Dès lors, Jean Noël Barrot cite les outils qui existent déjà au sein de l’Union européenne face à ce genre de situation, des amendes et même un possible bannissement : « En 2022, lorsque la France présidait l’Union européenne, nous avons dit stop, qu’il n’est pas question que le débat public soit délocalisé de manière totalement dérégulée sur de grandes plateformes de réseaux sociaux détenus par des milliardaires américains ou chinois ».
Il précise : « J’ai appelé plusieurs fois la Commission européenne à se saisir de manière beaucoup plus vigoureuse de ces outils, que démocratiquement nous lui avons donné, pour dissuader ces comportements ». Le message est désormais passé, mais nul ne sait s’il sera entendu.
Alors que Donald Trump entrera en fonction le 20 janvier prochain, les dirigeants européens semblent totalement tétanisés à l’idée de lui déplaire ou de s’attirer les foudres d’une des personnalités qui va peser dans ses décisions.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
