Tout est-il aussi rose que ne l’affirme l’Elysée du côté du déploiement des bornes de recharge pour les voitures électriques ? Alors qu’une carte mettait il y a quelques jours déjà en doute l’affirmation selon laquelle 99% des autoroutes sont équipées d’aires avec des bornes de recharge rapide, une enquête de l’UFC-Que Choisir publiée lundi 27 novembre 2023 met le doigt sur d’autres défauts et lacunes du déploiement actuel.
Dans son enquête, l’association souligne la nécessité absolue d’installer un réseau dense de bornes publiquement accessibles, dans la rue – alors que 37% des ménages ne disposent pas de stationnement privatif. D’emblée, l’UFC-Que Choisir remarque un important retard par rapport aux promesses du gouvernement. Ce dernier vise en effet 400 000 bornes publiques disponibles d’ici 2030.
Pourquoi le déploiement des bornes de recharge français laisse encore à désirer
Or, le premier pallier de 100 000 bornes, qui devait être atteint en 2020, n’a été satisfait que cette année, au mois de mai. À ce rythme, selon les calculs de l’UFC, entre 60 000 et 150 000 bornes manqueront à l’appel à cet horizon, ce qui, ajouté au fait que ” 39% des bornes de recharge rapides ne fonctionnent pas en permanence” pourrait déboucher sur des engorgements dans les stations, comme on en constate déjà dans certains endroits.
Or, au delà de la quantité, d’autres critères laissent à désirer. Par exemple, il manque selon l’association d’un cadre réellement obligatoire et universel pour le déploiement de ce réseau. De quoi faire craindre selon l’UFC la “persistance de zones blanches”. Autre critique : la nécessité pour les conducteurs de souscrire une carte permettant d’accéder à ces bornes. Ces cartes sont interopérables quel que soit le réseau de bornes qui l’a émis.
Toutefois, comparer les prix entre les réseaux et bornes reste complexe, voire, le plus souvent impossible. Les prix peuvent en effet être basés sur la simple consommation en kWh, ou intégrer des frais fixes voire des frais de stationnement. Sans réel standard en la matière. Changer de carte peut grandement changer le tarif payé à l’arrivée par l’automobiliste. Que Choisir a mesuré un écart de tarif final pouvant aller jusqu’à 830 % sur une même borne, simplement en utilisant deux cartes différentes.
L’UFC propose ainsi de poursuivre le déploiement en imposant un cadre réglementaire strict sur tout le territoire. Mais aussi de rendre obligatoire l’affichage des prix de la recharge, sur l’ensemble des bornes publiques, et de façon harmonisée. Par ailleurs, pour éviter que les automobilistes paient trop cher à cause des opérateurs, l’association propose d’ajouter le paiement direct par carte bancaire sur toutes les bornes publiques. Ainsi que de publier tous les tarifs pratiqués dans les bornes publiques sur la plateforme data.gouv.fr.
- Une nouvelle étude de l’UFC Que Choisir met en lumière les défauts du déploiement du réseau de bornes de recharge en France
- Outre un important retard sur le calendrier officiel, le réseau souffre d’un manque de cadre réglementaire obligatoire et universel et d’une opacité sur les tarifs
- L’association fait plusieurs propositions pour mettre fin à cette situation
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