Le débat court depuis plusieurs mois, et même depuis les débuts de Twitter, en fait, sans être réellement tranché : si Twitter (et dans une autre mesure, Facebook, mais maintenant également Google Buzz) participe à la grande dispersion des discussions, il pose un autre dilemme aux blogueurs, à savoir sur quel support publier sa littérature.

Le débat court depuis plusieurs mois, et même depuis les débuts de Twitter, en fait, sans être réellement tranché : si Twitter (et dans une autre mesure, Facebook, mais maintenant également Google Buzz) participe à la grande dispersion des discussions, il pose un autre dilemme aux blogueurs, à savoir sur quel support publier sa littérature.

youpi Twitter rend il les blogs plus intéressants ou plus sinistres ?

Si la question n’est pas vraiment réglée, l’expérience nous apporte quand même un début de réponse : sur le blog les billets plus travaillés et réfléchis, bref, l’analyse, et sur Twitter les petites conneries, les brèves, les liens. On le voit, un vrai problème de riche.

Je fais long parce-que je n’ai pas le temps de faire court

Sauf que l’équation n’est peut-être pas aussi simple que cela. Tout d’abord parce-que la longueur et la densité d’un billet ne garantissent pas sa qualité ni son intérêt. A contrario, on peut exprimer une très grande idée en 140 caractères, ou même diffuser une information énorme ou le lien qui tue sa race. Dans Michael Jackson est mort il y a 24 caractères (21 lettres + 3 espaces), et pourtant qui dira que cette info ne fut pas une sacrée balle quand elle est arrivée devant nos yeux incrédules et à moitié endormis un beau soir de juin 2009 ?

Donc la longueur ne garantit pas la qualité. Je sais de quoi je parle, j’ai aussi pondu mon lot de billets longs et chiants juste pour faire genre que je suis capable de réfléchir un peu plus loin que le bout d’un paragraphe. J’espère que celui-ci n’entre pas dans cette catégorie.

Et c’est là que le bât peut un peu blesser parfois si l’on n’y prend pas garde : l’envoi de petites réflexions courtes et pas compliquées systématiquement sur Twitter comporte trois effets pervers pour le blogueur. D’abord il nous conduit à une certaine facilité. Pas besoin de trop se creuser les méninges pour envoyer une bribe d’info ou d’idée sur Twitter, et surtout, pas besoin de développer. Qui nous dit qu’en microbloguant on ne passe pas à côté d’un truc plus essentiel ? Ensuite on assèche son blog, et on l’appauvrit. Enfin, et c’est peut-être là l’effet de bord le plus pernicieux : on le rend moins vivant, et donc plus triste. Pire : on en fait une succession d’éditoriaux qui le font davantage ressembler à un magazine qu’à un blog.

Retrouver le tempo

Or la raison d’être d’un blog réside précisément dans sa nature fourre-tout, subjective et un peu chaotique, où l’auteur s’offre le luxe de passer du coq à l’âne dans un exercice de grand écart qui n’existe pas vraiment chez le journaliste professionnel. C’est le tempo d’un blog auquel je tenais tant auparavant, et vers lequel vos remarques constructives m’incitent à revenir à grand pas. C’est aussi pour cela que j’ai créé les Rapido, qui me permettent de garder mes petites remarques à deux balles à l’intérieur du dedans de Presse-citron sans pour autant polluer le flux RSS.

Car la question, finalement, est : sur Twitter, est-ce que l’on poste ce que l’on n’aurait pas posté sur son blog ou est-ce que l’on raccourcit ce que l’on aurait posté dans un billet plus développé ? Réfléchissez bien à la réponse, elle n’est peut-être pas celle que vous pensez. Avec l’émergence de Twitter, l’auto-censure guette, et l’on finit par s’interdire la légèreté sur son propre blog. Dommage.

Cassons nos métronomes et réinjectons un peu de spontanéité dans nos blogs. Enfin je parle surtout pour moi hein.