Le gouvernement n’en a visiblement pas fini avec les arrêts maladie. Il y a peu, un décret visait à réduire à un an maximum la durée des arrêts maladie liés à certaines affections de longue durée (ALD) non exonérantes. Mais le Premier ministre, Sébastien Lecornu, souhaite aller plus loin : il demande aujourd’hui aux partenaires sociaux de trouver 600 millions d’euros d’économies supplémentaires sur l’ensemble du système.
Patrick Martin, président du Medef, s’aligne sur le constat de l’exécutif quant à la nécessité de réduire la facture. Invité de Télématin sur France 2, le patron des patrons a estimé qu’il était urgent de « prendre des décisions ». « Il y a un nombre d’arrêts maladie de courte durée qui augmente d’une manière parfois suspecte », a-t-il affirmé.
🗣️ "Je crains qu'il faille des arrêts maladie qui ne soient plus remboursés ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé."
🔴 @PatrickMartin_1, président du @medef, estime qu'il faut des jours de carence non remboursés pour faire des économies sur les arrêts… pic.twitter.com/MCAySvgxt1
— Telematin (@telematin) September 22, 2026
Influer sur le comportement des travailleurs
Si Martin partage le constat d’une dérive des dépenses, il fixe une ligne rouge très claire sur la méthode. Selon lui, il est hors de question que l’État comble les déficits en faisant glisser l’addition vers le secteur privé. « Si c’est pour faire supporter aux entreprises et aux salariés, à travers les complémentaires santé, ce que l’assurance maladie de base ne prendrait plus en charge, ça ne va pas », a-t-il averti.
Ainsi, le président du Medef suggère l’instauration de jours de carence « d’ordre public ». Concrètement, cette mesure interdirait tout remboursement des premiers jours d’arrêt maladie, « ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé », y compris lorsque la convention collective de l’entreprise prévoit habituellement le maintien du salaire.
Objectif : influer directement sur l’attitude des travailleurs. « Si ça ne leur coûte rien, c’est-à-dire que c’est pris en charge par l’entreprise plutôt que par l’assurance maladie, leur comportement ne changera pas », a-t-il tranché. Une proposition ferme, formulée « dans certaines limites », qui promet déjà d’animer les négociations à venir entre les partenaires sociaux et le gouvernement.
L’arrêt maladie en 3 dates clés
- 1945 : La création du système. Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 fondent la Sécurité sociale. La seconde généralise et assouplit le versement d’indemnités journalières aux travailleurs malades. Si ce dispositif existait déjà depuis 1928, il est étendu à l’ensemble des salariés.
- 1978 : La mensualisation et la couverture patronale. La loi sur la mensualisation impose aux entreprises de compléter les indemnités de la Sécurité
sociale (maintien de salaire sous conditions d’ancienneté) afin de réduire l’impact financier de l’arrêt pour le salarié. - 2023-2026 : Le grand tournant. Face à l’explosion des dépenses, les gouvernements successifs multiplient les tours de vis : durcissement des règles pour la téléconsultation, contrôles médicaux simplifiés à la demande de l’employeur, plafonnement des durées d’indemnisation et baisse du plafond des indemnités.
- Après avoir restreint la durée de certains arrêts maladie longs, le gouvernement demande 600 millions d’euros d’économies supplémentaires.
- Le Medef reconnaît la nécessité de couper dans les dépenses, mais refuse catégoriquement que les entreprises ou leurs mutuelles paient la note à la place de la Sécurité sociale.
- Pour créer un « effet comportemental » dissuasif, Patrick Martin propose de priver totalement le salarié d’indemnisation sur les premiers jours d’arrêt, sans compensation possible.
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