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3 choses à savoir sur ADRAS-J, le satellite lancé par Rocket Lab qui veut éliminer les débris spatiaux

Rocket Lab vient de lancer un satellite un peu particulier, ADRAS-J. Il doit lutter contre les débris spatiaux en désorbitant une ancienne fusée japonaise.

L’orbite est de plus en plus surchargée avec des missions et des satellites toujours plus nombreux. Rien qu’avec sa constellation Starlink, l’entreprise SpaceX espère envoyer à terme près de 50 000 satellites en orbite. De son côté, Amazon, qui développe une offre concurrente, vise les 10 satellites en orbite.

Autant d’appareils tournant à 28 000 km/h autour de la Terre posent nécessairement des questions, notamment sur leur fin de vie. Aujourd’hui, aucune réglementation internationale existe concernant la mort des satellites et la très grande majorité d’entre eux restent en orbite pendant des années, voire des décennies, une fois leur mission terminée.

pollution orbite Space X starlink
L’orbite terrestre est très polluée, et l’humanité pourrait arriver à un point de non-retour dans quelques années © NASA

Pour lutter contre ce fléau des débris spatiaux, une entreprise, Astroscale, vient de lancer un satellite un peu particulier en orbite. Avec ADRAS-J, l’entreprise espère démontrer que la “désorbitation assistée” est une solution viable pour réduire la pollution de l’orbite.

Car les débris spatiaux sont un danger majeur pour l’exploration spatiale. S’ils sont évidemment des dangers pour l’ISS, la station spatiale internationale, ils peuvent également entrer en contact avec d’autres satellites, créant toujours plus de débris. Cette réaction en chaine, décrite dans le syndrome de Kessler, pourrait amener dans quelques décennies à une pollution de l’orbite telle qu’il serait impossible d’aller dans l’espace sans être cisaillé par des débris.

ADRAS-J : un satellite pour les désorbiter tous

Avec la mission ADRAS-J, l’entreprise Astroscale ambitionne de ramener un deuxième étage de fusée japonaise H2-4 présent en orbite depuis 2009. Le satellite a été lancé il y a quelques jours par une fusée de Rocket Lab et il devrait dans les prochaines semaines se placer en orbite non loin de son débris cible.

Pendant plusieurs mois, le satellite va acquérir des données sur ce deuxième étage de fusée. L’idée pour les équipes d’Astroscale est de connaître avec précision l’orbite du débris ainsi que sa taille, son poids, mais aussi les possibles points d’accroches qui serviront à désorbiter le débris dans la dernière phase de la mission.

Satellite pollution
© DALL-E pour Presse-Citron

Au cours de cette dernière, le satellite ADRAS-J va donner une poussée au débris, suffisamment puissante pour modifier sa trajectoire et le faire tomber dans l’atmosphère terrestre. En rentrant en contact avec l’air, le débris va brûler à cause des frottements. Le satellite ADRAS-J suivra la même course pour se dégrader dans l’atmosphère sans laisser le moindre débris en orbite.

Un business florissant

Si cette mission n’est qu’une démonstration à petite échelle, elle prouve bien que le marché de la désorbitation des déchets spatiaux a le vent en poupe. Des missions comme celles ADRAS-J devraient se multiplier dans les prochaines années.

Pour les agences spatiales, comme ici celle du Japon, une telle mission permet de nettoyer l’espace à moindre coût en enlevant des débris vieux de plusieurs années. L’agence spatiale nationale se dédouane également de tout échec de la mission, elle qui n’en est que le commanditaire.

D’autres entreprises veulent nettoyer l’espace

Si Astroscale est aujourd’hui la première entreprise à lancer un satellite en orbite pour désorbiter des débris, elle n’est pas la seule société à travailler en ce sens. D’autres firmes spatiales développent des technologies pour permettre de désorbiter rapidement et massivement les débris en orbite.

Plusieurs techniques existent d’ailleurs pour désorbiter des débris spatiaux. L’une d’elle, assez prometteuse, ne nécessite pas d’envoyer un autre satellite en orbite. En utilisant un rayon laser depuis le sol, des équipes d’ingénieurs ont déjà démontré que la puissance du faisceau lumineux pouvait avoir un impact sur la trajectoire d’un débris.

En visant ainsi les objets indésirables, des lasers pourraient les faire tomber dans l’atmosphère pour qu’ils s’y détruisent. Sur le vieux continent, les ingénieurs de l’ESA (l’agence spatiale européenne) voudraient utiliser des bras robotiques ou des filets pour “capturer” les débris avant d’en modifier la trajectoire. Pour l’heure des expérimentations sont menés dans des vols 0G mais aucune tentative grandeur nature n’a eu lieu.

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