Ferrari veut entrer sur le marché de l’automobile électrique et a deux arguments forts pour ses investisseurs. Pour les rassurer, la firme italienne leur a promis que la transition et les investissements n’entraveront pas à sa rentabilité, qui vient de signer une année record en 2022. Ensuite, avec une image de constructeur de voitures de sport et de luxe, son basculement vers la voiture 100 % électrique ne régit pas de la même pression instaurée aux marques traditionnelles.
De ce constat, ils sont nombreux à se tourner sur son action en Bourse, qui n’en finit plus de monter. En un an, elle a grimpé de 28 %, et en cinq an, elle atteint même une croissance de plus de 150 %. Dans le détail, voici les trois raisons pour lesquelles les particuliers comme les investisseurs institutionnels ont ajouté en favoris la marque Ferrari dans leur liste d’entreprises sur lesquelles se pencher sur les marchés financiers.
1/ Quand on aime, on ne compte pas
Le marché du luxe bat son plein. Les grands de l’industrie, y compris en France comme LVMH, le savent très bien. Les derniers mois ont été particulièrement lucratifs et Ferrari n’y échappe pas. Le constructeur automobile italien est globalement épargné du contexte inflationniste alors que le prix de ses voitures permet de lui apporter des marges très élevées.
Un pouvoir de tarification qui est difficilement retrouvé ailleurs : la plupart des marques de luxe dans l’automobile appartiennent à de grands groupes généralistes qui subissent quant à eux la pression économique actuelle. Ce n’est pas pour rien que Porsche a pris la décision de se désolidariser de Volkswagen en Bourse.
En chiffres, Ferrari n’a vendu que 13 221 exemplaires de ses modèles l’an dernier mais a tout de même signé une année record. Son chiffre d’affaires a atteint 5,1 milliards d’euros, porté par une hausse des ventes sur le marché chinois de l’ordre de 75 %. Le bénéfice net global a atteint 939 millions d’euros, chiffre que la marque n’avait tout simplement jamais réalisé auparavant.

2/ Sans pression sur l’électrique
D’ici la fin de l’année, Ferrari devra essuyer la fin de son partenariat avec Maserati. Dans ce dernier, la marque au cheval cabré fournissait des moteurs à la filiale du nouveau groupe Stellantis. Tout cela ne semble pas refroidir les investisseurs et à raison.
Pour combler le vide, Ferrari peut se targuer d’annoncer un volume de 80 % de ses ventes dans des modèles hybrides et électriques en 2030 (le premier modèle électrique est attendu dans 2 ans). L’objectif est lointain et révélatoire : contrairement aux marques généralistes, Ferrari ne subit pas la même pression sur sa transition énergétique.
En attendant, le lancement de son tout premier SUV lui offre une bouée de sauvetage qui devrait doper ses ventes pendant de longues années. À la manière de Porsche qui a pu continuer de développer des modèles de sport tel que la 911 grâce aux ventes de ses Cayenne et Macan, de Lamborghini avec son Urus, Ferrari commercialise depuis peu le Purosangue.
La marque ne veut pas l’appeler SUV (même s’il en est un) et a aussi pris la décision de suspendre ses commandes fin 2022 pour en maintenir son exclusivité. Mais au même titre qu’il s’agit d’un véritable bras d’honneur à l’écologie (ses consommations atteignent 17,3 L/100 km), il s’agira d’une poule aux oeufs d’or qui assurera la rentabilité et le développement de motorisations électriques de pointe.

3/ Ferrari a le contrôle de ses comptes
Pour pouvoir assurer sa rentabilité malgré des dépenses en recherche et développement importantes pour la transition vers l’électrique, Ferrari a toutes les cartes en main. Les investisseurs l’ont compris. Le fait que la marque limite actuellement les ventes de son SUV est révélateur. Avec une image très exclusive partout dans le monde, une popularité importante qui entraîne de nombreux riches clients à vouloir avoir leur propre modèle, Ferrari peut ouvrir et fermer les vannes à sa guise.
Ses comptes sont parfaitement maîtrisés, son capital n’est pas trop dilué (Exor, qui détient 32,75 %, a une vraie expertise sur le marché) et la marque peut donc jouer avec les chiffres et perpétuellement s’afficher en croissance, année après année. Ses promesses, pour 2023 et pour la suite, sont simples à tenir : il suffit d’ouvrir le carnet de commandes et construire quelques centaines d’unités supplémentaires. Un luxe que peu d’entreprises peuvent approcher.
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