Le début d’année 2022 fut historique pour la French Tech. En quelques semaines, plusieurs startups tricolores ont atteint le statut très convoité de licornes. On pense notamment à PayFit et à Ankorstore pour ne citer qu’elles. Pourtant, très vite, le ciel s’est assombri à l’échelle macroéconomique. Et les pressions pour les entreprises et les investisseurs n’ont pas épargné la France. L’année 2022, contrairement à 2021, ne promettait rien de bon, que ce soit en termes de création de nouveaux projets, de levées de fonds ou d’embauches.
En entrant dans le second semestre de cette année qualifiée de très terne pour la French Tech et ses acteurs, des raisons d’être optimistes sont pourtant là, sous nos yeux. Voici 5 infos à prendre en considération pour commencer à voir les choses différemment. La France a une carte a joué face à ses voisins européens, mais aussi américains et asiatiques.
1. Les levées de fonds en “early stage” se maintiennent
Alors que les investisseurs rechignent à miser sur des startups en “late stage”, et que les fonds de capital-risque désertent les entreprises technologiques, les levées de fonds en “early stage” se maintiennent à un bon niveau. Ces opérations de financement concernent les startups en phase de lancement, et non celles qui nécessitent de plus grosses enveloppes pour de plus gros projets (comme un déploiement à l’étranger).
Ce financement est une aubaine pour des entrepreneurs de talent qui démarrent souvent sur des marchés prometteurs et qui ont une cruel besoin de cash. Cela tombe bien, les investisseurs sont à la recherche de projets solides menés par de jeunes pousses pleines d’avenir.
Les plus grosses levées de fonds en Série C, D ou E ne sont pas éteintes pour autant non plus. En France, InnovaFeed levait 250 millions d’euros en septembre dernier. Not So Dark arrivait à rassembler des investisseurs pour une nouvelle enveloppe de 80 millions et la technologie française de Prophesee, pour équiper les smartphones mondiaux, réceptionnait 50 millions d’euros également.
2. Une nouvelle génération d’entrepreneurs émerge
Dans un contexte de « grande démission », qui touche également la France, nombreux sont les employés qualifiés à quitter leurs emplois. Et ce d’autant plus que les plus grandes startups sont parfois en difficulté. Certains jeunes diplômés n’hésitent pas à créer leur propre entreprise et à mettre leur idée en action. Ils bénéficient alors de ces levées de fonds en “early stage” qui se maintiennent à bon niveau.
Comme l’explique Antoine Poirson dans un article publié chez nos confrères de La Tribune, cette période délicate sur le plan macroéconomique peut au final « inspirer une nouvelle génération de fondateurs dans la tech française ». Beaucoup d’autres rejoignent des projets en voie de lancement, on les appelle les “intrapreneurs”.
3. Les politiques se tournent vers l’innovation
En France, les politiques tentent d’encourager l’innovation dans une perspective de long terme. Récemment, la Première ministre Élisabeth Borne a annoncé un plan de financement pour le spatial français. En tout, 9 milliards d’euros seront mis sur la table au cours des trois prochaines années.
L’an dernier à la même époque, Emmanuel Macron ébauchait les contours de son projet France 2030. Il s’agit d’un plan d’investissement de 30 milliards d’euros destiné « à faire émerger les champions de demain » dans les technologies d’avenir. Le gouvernement tente donc d’accompagner l’innovation afin de structurer les différentes filières de la Tech pourvoyeuses d’emplois. La deep tech ou encore les startups de la cybersécurité ne sont pas épargnées. Bpifrance, la banque publique d’investissement, s’est aussi focalisée sur les projets durables.
4. De plus en plus de licornes embauchent en France
L’émergence de champions de la Tech français est une bonne nouvelle pour l’emploi. Dans un article publié récemment, Bpifrance évoque le cas d’Alan, la licorne de la santé, qui prévoit d’embaucher 1000 personnes d’ici 2025.
Il en va de même pour Platform.sh, l’automatiseur de mise en ligne, qui souhaite recruter de nouveaux collaborateurs pour poursuivre ses objectifs d’expansion. Enfin, PayFit annonçait en début d’année qu’elle souhaitait renforcer ses équipes de 400 personnes rien que cette année.
5. Une aide de l’État pour faire face à la crise énergétique
Dans un contexte de crise énergétique majeur, les entreprises françaises craignent pour leur avenir. Si les perspectives restent incertaines, L’État a décidé de prolonger un dispositif d’aide doté de 3 milliards d’euros de crédit. Il s’applique aux entreprises dont les coûts de gaz et d’électricité sont supérieurs à 3 % du chiffre d’affaires en 2021.
Sans être parfaite, cette initiative pourrait donc aider aussi les startups à s’en sortir, directement ou indirectement. Bien sûr, d’autres actions seront probablement nécessaires pour supporter l’augmentation très importante des coûts, particulièrement cet hiver.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.