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5 choses à savoir sur l’introduction en Bourse de Porsche

Porsche va entrer en Bourse. Vers l’une des plus grosses opérations de la finance en Europe.

Du groupe Volkswagen à son propre ticket, Porsche va voler de ses propres ailes en s’introduisant en Bourse distinctement de sa maison-mère. Une opération colossale, qui risque de se présenter comme l’événement financier de l’année pour les places de marché européennes. Dans la soirée du 5 septembre, Volkswagen AG a déclaré que le groupe avait “décidé aujourd’hui, avec l’approbation du Conseil de surveillance”, de donner son accord pour une introduction en Bourse autonome de la filiale Porsche. L’opération est attendue pour “fin septembre ou début octobre”.

1/ Valorisation

Pour l’occasion, la finance mondiale risque de braquer ses yeux sur l’Europe et cette opération, qui ferait entrer en Bourse un mastodonte déjà valorisé entre 60 et 85 milliards d’euros. Ce n’est pas tous les jours qu’une société de cette taille entre en Bourse. Pour donner un exemple, le groupe Renault pèse aujourd’hui pour 8,25 milliards d’euros. Avec une fourchette entre 60 et 85 milliards d’euros, Porsche se rapproche de BNP Paribas (57 milliards €) et Airbus (76 milliards €) en France.

2/ Plus grande indépendance

Pour pouvoir avancer, le Conseil de Surveillance a dû attendre que les deux familles derrière Volkswagen AG se mettent d’accord. À savoir les familles Porsche et Piëch, qui détiennent 31,4% des actions et 53,3% des droits de vote dans Porsche SE, la holding financière qui contrôle l’ensemble du groupe. Au final, pour garantir “une plus grande indépendance” de Porsche dans ses projets, ils sont arrivés à trouver un point d’entente. Le capital de la filiale sera divisé en deux. Avec d’un côté 50 % d’actions préférentielles (dividendes mais pas de droit de vote) et 50 % d’actions ordinaires (droit de vote).

Pour le grand public, il sera possible d’acheter des actions préférentielles tant Volkswagen a dit dans un communiqué qu’elles seront proposées en France, en Suisse, en Autriche ou encore en Espagne. Pour les actions ordinaires, les deux familles derrière Porsche SE feront blocage de toute tentative de rachat tant ils détiendront toujours 25 % “plus une action” pour garantir le contrôle.

Porsche Oliver Blume
Oliver Blume, le PDG de Porsche (et de Volkswagen depuis le 1er septembre 2022) © Porsche

3/ Faire comme Tesla

Si Porsche pèse bien plus que le groupe Renault ou d’autres constructeurs automobiles, il n’empêche que la société est ridiculement petite face à Tesla (846 milliards de dollars). Le constructeur américain a parié très tôt sur les marchés financiers et la spéculation autour de son avenir lui a permis d’engranger des capitaux à la louche, de quoi financer ses projets et les mener à bien (notamment l’ouverture de nouvelles usines et la sécurisation des contrats pour les composants). Porsche veut faire de même. Il est certain que l’entreprise souhaite pouvoir très vite dépasser les 100 milliards de dollars. Le contexte actuel n’est pas le plus opportun mais beaucoup d’investisseurs sortis du capital-risque pourrait voir en Porsche une occasion d’investir dans une entreprise moins fragile que les autres.

4/ Financer la transition

Porsche est entré dans une nouvelle ère, marquée par la transition énergétique, qui continuera à de lui faire brûler des milliards. L’argent frais récupéré de l’introduction en Bourse ne devrait pas traîner à être utilisé. Porsche prépare l’arrivée de ses nouveaux SUV électriques, en plus de son actuelle Taycan (berline électrique et break). Ensuite, ce sera au tour de la mythique 911 de se tourner vers des nouvelles motorisations. D’ailleurs, il est prévu une 911 Turbo e-Hybrid dès cette année, en plus d’une variante “Sarafi” (surélevée) du mythique coupé allemand.

5/ Deux actions, un seul PDG

Porsche ne prend ses distances avec Volkswagen que sur les marchés financiers. Le reste n’est pas impacté. D’ailleurs, depuis le 1er septembre, les deux marques sont même d’autant plus liées alors qu’Oliver Blume, le PDG de Porsche, a aussi pris la tête de Volkswagen. Il remplace Herbert Diess, et a beaucoup fait parler de lui pour son potentiel à imaginer des alternatives à l’électrique. Pour rappel, Oliver Blume a mis la main au porte-monnaie de Porsche pour investir dans le carburant synthétique – sa pleine production est planifiée pour 2026.

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