Parmi l’immense liste de substances psychoactives, le cannabis est souvent vanté pour sa neurotoxicité relativement faible et ses vertus thérapeutiques prometteuses sur certaines maladies. Un grand nombre de pays ont d’ailleurs déjà dépénalisé ou légalisé son usage. Pourtant, une recherche canadienne menée par l’épidémiologiste André McDonald et ses collègues de l’Université McMaster (Hamilton) a été publiée le 22 mai et ses résultats sont sans appel. Il y a bien un risque accru pour la santé mentale des adolescents qui en consomment, et ceux-ci sont plus à même de développer des troubles psychotiques.
Qu’entend-on par troubles psychotiques ? Selon la définition du DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et des troubles psychiatriques), « ces troubles sont définis par des anomalies dans au moins un des cinq domaines suivants : idées délirantes, hallucinations, discours désorganisé, comportement grossièrement désorganisé ou catatonique et symptômes négatifs » nous apprend la Société Québécoise de la Schizophrénie.
Le cannabis, ennemi de la stabilité mentale chez les adolescents ?
Les travaux menés par McDonald et son équipe ont révélé que les jeunes adeptes du cannabis s’exposent à un risque 11 fois plus élevé d’être atteints par des troubles psychotiques, comparativement à leurs pairs abstinents. Cette corrélation, d’une ampleur inédite, surpasse largement les résultats des études antérieures. Par exemple, une méta-analyse datant de 2016, synthétisant les données de dix études distinctes, avait établi que les consommateurs les plus assidus de cannabis encouraient un risque environ quatre fois supérieur de se voir diagnostiquer une schizophrénie ou d’autres affections psychotiques.
L’explication de ce phénomène inquiétant réside, en partie, dans l’augmentation considérable de la teneur en principes actifs du cannabis au fil des décennies. Depuis les années 1970-1980, la concentration en THC (tétrahydrocannabinol), molécule psychoactive majeure de cette plante, a connu une hausse vertigineuse, passant de 14 à 19 % en 2017-2018.
Cela peut paraître peu, mais c’est en réalité énorme et il n’est pas rare aujourd’hui de trouver certaines variétés hybrides de cette plante atteindre des quantités affolantes de THC. Celles-ci sont le fruit d’une sélection minutieuse opérée spécialement pour que la plante (Cannabis sativa) soit la plus chargée possible en substance active. Ainsi, des variétés comme la Gorilla Glue ou la Wedding Cake atteignent aisément les 30 % de THC.
L’adolescence : une période critique pour le cerveau
L’étude menée par ces scientifiques s’est appuyée sur un vaste corpus de données issues de l’Ontario (États-Unis), collectées entre 2009 et 2012, croisées ensuite avec les archives de santé publique jusqu’en 2018. Cette approche méthodique a permis de suivre l’évolution et l’apparition de diagnostics de troubles psychotiques chez près de 11 300 sujets.
Les résultats de cette analyse approfondie ont mis en lumière une corrélation entre l’usage du cannabis et l’émergence de troubles psychotiques chez les adolescents âgés de 12 à 19 ans. Fait notable, cette association ne se manifestait nullement chez les jeunes adultes de 20 à 33 ans. McDonald, commentant ces découvertes, souligne : « Ces observations s’inscrivent parfaitement dans le cadre de la théorie neurodéveloppementale, qui postule une vulnérabilité accrue des adolescents aux effets du cannabis, en raison de la maturation cérébrale encore en cours ».
En effet, l’adolescence constitue une phase charnière du développement neurologique, marquée par des remaniements cérébraux considérables. Cette plasticité neuronale accrue rend le cerveau des jeunes particulièrement sensibles à l’influence des substances psychoactives, expliquant ainsi la prévalence accrue des troubles psychotiques observée dans cette tranche d’âge.
La question complexe de la causalité
Il convient de souligner que cette étude, bien qu’édifiante, ne permet pas d’établir un lien causal irréfutable entre l’usage du cannabis et l’apparition de troubles psychotiques. En effet, l’équipe de McDonald n’a pas intégré dans son analyse certains facteurs potentiellement déterminants, tels que les prédispositions génétiques ou les antécédents traumatiques, rendant ainsi toute conclusion péremptoire hasardeuse.
Le chercheur nuance d’ailleurs ses propos en précisant : « La grande majorité des jeunes consommateurs de cannabis ne développeront pas de troubles psychotiques. Néanmoins, nos données suggèrent que la plupart des adolescents diagnostiqués avec un trouble psychotique ont vraisemblablement un passé de consommation cannabique ». Toujours ce même paradoxe : est-ce l’œuf ou la poule ?
L’examen minutieux des dossiers médicaux a révélé une statistique frappante : sur six adolescents admis en urgence ou hospitalisés pour un trouble psychotique, cinq avaient préalablement déclaré consommer du cannabis dans le cadre d’enquêtes sanitaires nationales canadiennes. Cette corrélation reste troublante et appelle tout de même à une plus grande vigilance de la part des autorités de santé publique et de la communauté scientifique. Surtout au Canada, où le cannabis récréatif est légalisé depuis 2018, bien que ce cadre législatif ne concerne que les personnes âgées de 18 ans ou plus.
- Une étude a mis en lien le développement de trouble psychotiques chez l’adolescent avec la consommation de cannabis.
- L’adolescence est une période très importante au niveau du développement du cerveau, le rendant particulièrement vulnérable en cas de consommation de psychoactifs.
- Toutefois, cette étude seule ne permet pas d’établir un lien de causalité nette ; celle-ci écartant plusieurs facteurs influents.
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Les “paradis” artificiels, pour ne pas devenir des enfers naturels, se doivent d’être soumis à deux impératifs : un cerveau physiologiquement mature (ainsi que le suggère l’étude relatée dans cet article) et une cadence modérée ou, mieux, de façon occasionnelle voire évènementielle.
Pour la petite histoire, j’ai quelque trente ans lorsque j’expérimente ce que Baudelaire avait relaté dans son “Du vin et du haschisch” et c’est dans l’esprit de son récit que j’aborde l’infâme volute, celui d’un voyage vers un monde autre, mais certainement pas celui d’un chemin banalisé conduisant vers un je ne sais quel “fast-smoke” à l’image d’un fast-food. Un mois durant, peut-être deux fois dans la semaine, un pétard un seul en début de journée pour n’atterrir qu’en fin de soirée. Je rencontre des ados dans les coffee-shops, ce Français par exemple qui m’avoue fumer ses joints comme d’autres leurs cigarettes, une bonne vingtaine me précise-t-il. Impossible de dialoguer, il ne savait que soliloquer à coup d’affirmations non argumentées. J’avais trente piges, lui démarrait à peine sa maturité, je dégustais, lui bouffait. Du H à n’en plus finir. Un mois m’aura suffit pour m’en lasser, même à petite dose. Chacun son truc mais, question convivialité, Bacchus y’en a pas deux. La fumerolle, elle, nous fait tourner en rond autour de notre nombril que l’on imagine s’être déplacé dans notre boite crânienne. Rien ne vaut le bien-être d’une tête clean dans un corps clean, je le dis comme je le pense, affranchi de toute bien-pensance. Mais enfin, si l’on y succombe que ce soit au moins de façon exceptionnelle, condition au demeurant pour que le plaisir demeure quasi intact. Plaisir, plaisirs, ne vivent que leurs instants éphémères. Du sol vers les cieux, dans cet ordre : plaisir, joie, bonheur, béatitude. Au-delà on ignore, en-deça on connaît ; sous tes pieds talqués y’a l”enfer.