Cette semaine, Blue Origin, entreprise spatiale de Jeff Bezos, fête ses 25 ans. Et si elle est encore loin des prouesses de SpaceX, du chemin a été parcouru depuis, en faisant l’un des acteurs les plus proéminents dans le secteur spatial privé. Voici 9 des dates les plus importantes de son histoire.
Septembre 2000 : tout commence
En 2000, Jeff Bezos fonde Blue Origin alors qu’Amazon est en pleine expansion. Son ambition est claire : rendre l’espace plus accessible pour en faire un lieu de vie et de travail pour des millions de personnes.
Inspiré par les pionniers de la conquête spatiale et sa propre fascination d’enfance, il finance le projet sur ses fonds personnels. La mission de Blue Origin repose sur un principe central et très similaire à SpaceX, celui d’abaisser les coûts grâce à des lanceurs réutilisables et fiables.
Son nom, lui, rappelle que la Terre est le « point bleu » d’où débute l’aventure humaine vers les étoiles.
13 novembre 2006 : premier essai (réussi)
En novembre 2006, Blue Origin réalise son tout premier essai grandeur nature avec le véhicule de test Goddard, nommé en hommage au pionnier de l’astronautique Robert H. Goddard.
La fusée suborbitale s’élève à environ 87 mètres d’altitude avant de redescendre en douceur et de se poser verticalement. Si le vol ne dure que 25 secondes, il démontre pour la première fois la faisabilité du décollage et de l’atterrissage vertical, technologie clé pour la réutilisation des lanceurs. Ce test marque aussi la première présentation publique de Blue Origin, révélant la vision spatiale de Jeff Bezos.

2015 : premier lancement de New Shepard
Pendant près d’une décennie, la société se concentre sur la recherche fondamentale, le développement et les essais indispensables à la création d’une technologie de fusée réutilisable.
En 2015, elle franchit une étape décisive avec le premier lancement de sa fusée New Shepard, en hommage au premier Américain à voyager dans l’espace en 1961. Le vol d’essai inhabité atteint 100,5 kilomètres d’altitude, franchissant ainsi la ligne de Kármán, frontière symbolique de l’espace.
Si le premier étage s’écrase à cause d’une panne hydraulique, la capsule est récupérée sans encombre grâce à ses parachutes. Cette démonstration ouvre la voie à la commercialisation du lanceur.
Juillet 2021 : Jeff Bezos réalise son rêve et marque un tournant pour le tourisme spatial
En juillet 2021, Jeff Bezos réalise son rêve d’enfant en embarquant à bord de New Shepard pour le tout premier vol habité de Blue Origin. Aux côtés de son frère Mark, de l’aviatrice ponnière Wally Funk et du Néerlandais Oliver Daemen, il devient le premier milliardaire à franchir la ligne de Kármán.
Le vol, d’une durée d’une dizaine de minutes, culmine à 107 kilomètres d’altitude et offre quelques instants d’apesanteur aux passagers, ainsi qu’une vue saisissante de la Terre. Cette mission constitue une véritable réussite du véhicule suborbital réutilisable, inaugurant l’ère du tourisme spatial.

Octobre 2021 : les ébauches d’une station spatiale
Quelques mois plus tard, Blue Origin dévoile, en partenariat avec la société Sierra Space, le projet Orbital Reef. Cette station spatiale commerciale en orbite basse est présentée comme un véritable « parc d’affaires en orbite » : conçue pour accueillir jusqu’à dix personnes, elle offrira environ 830 m3 d’espace habitable, dotés de larges hublots tournés vers la Terre et d’équipements modernes.
La station doit permettre des activités variées, allant de la recherche scientifique à la production industrielle, en passant par le tourisme spatial et les services commerciaux. Blue Origin fournira son module central ainsi que son système d’alimentation solaire, avec une mise en service prévue pour la fin de la décennie, voire le début des années 2030.
Mai 2023 : la consécration
Après une bataille juridique ardue sous fond de rivalité avec SpaceX, Blue Origin décroche, en mai 2023, un contrat majeur de 3,4 milliards de dollars avec la NASA pour développer un système d’alunissage destiné à la mission Artemis V, dans le cadre du programme Artemis.
Son module lunaire, baptisé Blue Moon, devra transporter des astronautes depuis l’orbite lunaire jusqu’à la surface du satellite, faisant de l’entreprise un acteur clé de l’exploration de la Lune et, à plus long terme, de Mars.
Janvier 2025 : les débuts de New Glenn
Au début de cette année, Blue Origin franchit enfin le cap de l’orbite avec le vol inaugural de sa fusée New Glenn. Haut de 98 mètres et doté de sept moteurs BE-4, ce lanceur lourd réutilisable doit permettre à l’entreprise de rivaliser avec SpaceX sur le marché commercial et institutionnel.
Pour cette première mission, New Glenn emporte le Blue Ring Pathfinder, un démonstrateur de plateforme polyvalente capable d’accueillir divers satellites pour des missions civiles, scientifiques ou de défense. Si le premier étage n’a pas survécu à la descente, le succès du lancement marque l’entrée de Blue Origin dans la cour des grands de l’orbite.

Avril 2025 : premiers pas dans la défense nationale
Quatre mois plus tard, Blue Origin décroche son premier contrat d’envergure avec le Pentagone, une étape clé pour crédibiliser sa fusée New Glenn face aux poids lourds du secteur. L’entreprise de Jeff Bezos obtient 2,4 milliards de dollars pour réaliser sept missions de sécurité nationale dans le cadre du programme NSSL Phase 3 de l’U.S. Space Force.
Jusqu’ici, ce marché stratégique était dominé par SpaceX et United Launch Alliance, qui conservent la plus grosse part d’un contrat global de 13,5 milliards. Prévu entre 2027 et 2032, ce calendrier illustre la confiance croissante des autorités américaines envers Blue Origin pour placer en orbite des satellites militaires et de renseignement critiques.
Avril 2025 (encore) : premier vol 100 % féminin
À la même période, la firme entre dans l’histoire avec NS-31, le tout premier vol spatial entièrement féminin. À bord de la capsule New Shepard, six passagères : la journaliste Lauren Sánchez, l’ingénieure Aisha Bowe, la militante Amanda Nguyen, la productrice Kerianne Flynn, l’animatrice Gayle King et la popstar Katy Perry.
Plus de 60 ans après Valentina Terechkova, cette mission rend hommage à la place des femmes dans l’espace, avec des combinaisons adaptées et un symbole fort de diversité.
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