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BMW et Renault impliqués dans un scandale écologique : la vérité sur le cobalt

Une enquête de Reporterre révèle que les batteries BMW et Renault présentées comme utilisant du cobalt extrait de manière “responsable” au Maroc sont en réalité qu’un vaste écran de fumée.

Pour leur approvisionnement en cobalt, un minerai souvent au cœur de scandales à cause de ses conditions d’extraction, Renault et BMW ont signé un contrat avec Managem, une entreprise minière marocaine. Le tout avec la promesse que ce cobalt serait, au moins, du “cobalt responsable” extrait selon un “approvisionnement durable”.

BMW est client depuis 2020 du groupe minier ; Renault n’a emboîté le pas au constructeur qu’assez récemment. Or, alors que BMW présente dans ses publicités et supports de communication l’approvisionnement en cobalt “vert” de ses batteries, une enquête révèle une toute autre réalité sur place dans la mine de Bou Azzer.

Propre, vert, responsable… le cobalt des batteries BMW et Renault n’est rien de tout cela

Il faut dire que Managem, propriété de la famille royale, est au cœur de graves accusations depuis des années. La firme utilise largement la sous-traitance – avec des employés travaillant sur place, dans un environnement surchargé de poussières toxiques, sans le moindre équipement de protection respiratoire.

Les cas de silicose seraient nombreux dans leurs rangs, sans la moindre possibilité de faire reconnaître leur maladie comme maladie professionnelle. Managem assure prendre toutes les précautions nécessaires, mais sur place, les photos montrent une réalité bien différente, avec aucun masque vraiment adapté à l’horizon.

Managem souligne pourtant que le risque pour la santé est faible. Sauf que le minerai – de l’arsénite de cobalt – se transforme en poussières hautement toxiques du fait de l’extraction. En tant qu’extraction “responsable” de cobalt, on aurait pu imaginer mieux.

Et ce n’est pas tout : les déchets miniers seraient rejetés directement dans la rivière proche de la mine depuis son démarrage en 1930. Ce qui a depuis largement pollué tout l’oued Alougoum et ses oasis. Et pourtant… Managem nie là encore tout “rejet industriel en milieu naturel”.

Les analyses réalisées dans l’oued Alougoum ne révèleraient, à en croire Managem, pas grand-chose car « la présence d’arsenic est naturelle dans la région et indépendante de l’activité minière », explique la firme. Le taux d’arsenic dans des puits environnants – dans une zone peuplée d’environ 47 000 habitants – dépasse pourtant de plus de 40 fois la limite admissible.

À proximité immédiate de la mine, la concentration d’arsenic dépasse même de 1 890 fois les seuils autorisés. Or, comme le relève le site Reporterre, la loi impose aux constructeurs de s’assurer eux-mêmes des risques sur leur chaîne d’approvisionnement. En particulier lorsque ces entreprises communiquent ainsi sur leur “cobalt responsable”.

Interpellé sur le sujet, BMW assure avoir “demandé un examen complet” à Managem. Renault veut encore croire de son côté que « la production de cobalt du groupe Managem a été certifiée selon les critères de la Responsible Minerals Initiative ». La firme souligne que Managem fait partie de “l’Alliance pour le cobalt équitable“. Et de se retrancher derrière une évaluation “d’Ecovadis”.

Or, même cette réponse du constructeur français sonne faux. Notamment parce que l’Alliance pour un Cobalt équitable ne concerne que les mines de la RDC. Ecovadis, de son côté, assure ne fournir qu’un “premier niveau d’information sur les fournisseurs”, en aucun cas une “certification”.”

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