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Un Boeing frappé à 11 km d’altitude : OVNI, débris spatial, météorite ? L’enquête est ouverte

À cette altitude, rien ne peut normalement percuter un avion de ligne : que s’est-il vraiment passé lors du vol UA1093 ?

L’avionneur américain est-il maudit ? Déjà en pleine crise interne depuis 2018, un de ses aéronefs, un Boeing 737 MAX de United Airlines reliant Denver à Los Angeles (vol UA1093) a dû se dérouter le 16 octobre. L’avion volait à son altitude de croisière (36 000 pieds, environ 11 km d’altitude) lorsqu’il a été violemment percuté par un objet, qui a endommagé son pare-brise.

Cet incident est resté inexpliqué pendant plusieurs jours, suscitant de nombreuses spéculations dans le milieu aéronautique. La cause probable vient tout juste d’être identifiée lorsqu’une start-up américaine, WindBorne Systems, a reconnu le 21 octobre la possible implication de l’un de ses ballons-sondes.

Vol Ua1093
La courbe visible au-dessus du sud de l’Utah correspond au moment où le commandant de bord a pris la décision de dérouter l’appareil. © Flight Radar

Un incident inédit dans l’histoire récente de l’aviation civile

Alors que l’avion traversait l’Utah, un bruit sourd a retenti dans le cockpit ; son pare-brise se fissure violemment, projetant des éclats de verre sur l’un de ses pilotes, blessé au bras. L’équipage, gardant le contrôle de l’appareil, amorce une descente d’urgence avant de se dérouter au nord, vers Salt Lake City, où le 737 a pu atterrir sans encombre.

Des images ont été diffusées sur Instagram (voir ci-dessous), montrant l’état du pare-brise, complètement craquelé, ainsi que les montants (pièces qui le relient à la carlingue) cabossés et brûlés.

À une telle altitude, la piste d’un choc avec un oiseau ou d’un grêlon a été écartée car extrêmement rare, ce qui a mené rapidement la communauté aéronautique à s’interroger sur l’origine de l’impact. Était-ce un morceau de satellite, une petite météorite ou un débris spatial ? Si cette hypothèse s’était confirmée, cela aurait marqué une première absolue dans l’histoire de l’aviation civile : jamais un avion de ligne n’a été officiellement frappé par un objet venu de l’espace.

Même si l’avion a pu se poser en toute sécurité, la gravité de l’incident a é la FAA (Federal Aviation Administration) et le NTSB (National Transportation Safety Board) à ouvrir une enquête commune pour déterminer ce qu’il s’était vraiment passé le 16 octobre.

Le coupable probable : un ballon-sonde

Cinq jours plus tard, le mystère s’est un peu éclairci. Dans un communiqué publié le 21 octobre, la start-up californienne WindBorne Systems, spécialisée dans les ballons-sondes autonomes, a admis que l’un d’entre eux a pu entrer en collision avec l’avion. « Nous sommes reconnaissants qu’à notre connaissance, il n’y ait eu ni blessure grave ni perte de pressurisation », a indiqué l’entreprise, précisant que les premiers éléments pointaient vers « un débris extérieur probablement lié à l’un de nos ballons automatisés », selon nos confrères d’AirJournal.

Sur le réseau X, son PDG John Dean a expliqué : « Nous avons appris l’existence de l’incident du vol UA1093 et la possible implication d’un de nos ballons dimanche à 23  h, heure du Pacifique, et nous avons immédiatement lancé une analyse complète de nos données ». Il qualifie l’incident d’« extrêmement préoccupant et inacceptable », et a ajouté  : « Notre système est conçu pour ne présenter aucun risque pour la vie humaine, même dans le pire scénario de collision. Mais je ne peux accepter qu’un incident provoque des blessures. »

Ces ballons, conçus pour dériver à la frontière de la stratosphère pendant plusieurs semaines, servent principalement à observer le climat et à étudier les vents. Toutefois, leur trajectoire n’est pas toujours parfaitement maîtrisée, et certains finissent par s’approcher des zones de trafic aérien commercial, un scénario qui préoccupe de plus en plus les autorités.

Heureusement, l’histoire s’est bien terminée, mais les conséquences de la collision auraient pu être beaucoup plus graves. À 36 000 pieds, le Boeing filait à près de 830 km/h (Mach 0,78) : un impact plus important aurait pu fracturer le pare-brise et provoquer une dépressurisation brutale de la cabine. En quelques secondes, la température interne de l’avion serait tombée à –50 °C et les pilotes auraient été contraints de faire plonger l’appareil à 10 000 pieds pour éviter l’hypoxie. Une descente d’urgence qui aurait dû s’effectuer à -6 000 ou -8000 pieds/min, secouant violemment la structure de l’avion. Si le pare-brise avait cédé entièrement ou si un des pilotes avait perdu connaissance, le vol UA1093 n’aurait probablement jamais eu le temps d’atteindre Salt Lake City.

  • Un Boeing 737 MAX de United Airlines reliant Denver à Los Angeles a été percuté en vol par un objet à plus de 11 000 mètres d’altitude, provoquant la fissure de son pare-brise et une blessure légère chez un pilote.
  • Après plusieurs jours de spéculations, la start-up WindBorne Systems a reconnu qu’un de ses ballons-sondes autonomes pourrait être à l’origine de l’incident.
  • L’avion a pu se poser sans encombre, mais un impact plus violent à cette altitude aurait pu provoquer une dépressurisation et un risque de perte de contrôle fatal.

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