C’est un véritable séisme dans le secteur des aspirateurs robots. iRobot, l’entreprise qui a popularisé le Roomba au début des années 2000, a annoncé se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Ce dispositif, courant aux États-Unis, permet à une entreprise en difficulté de se restructurer financièrement tout en poursuivant ses activités. Dans le cas d’iRobot, la procédure doit aboutir à un rachat complet par Shenzhen Picea Robotics, son principal partenaire industriel, déjà chargé de la fabrication d’une partie de ses aspirateurs.
Selon les termes de l’accord, Picea récupérera 100 % du capital d’iRobot. Cette reprise s’accompagne d’un effacement massif de dettes, afin d’assainir la situation financière du groupe. iRobot assure que cette transition ne devrait entraîner aucune perturbation pour les utilisateurs : les applications continueront de fonctionner, les produits resteront pris en charge, et les programmes clients, partenaires et chaînes d’approvisionnement seront maintenus pendant toute la durée de la procédure.
« Cette transaction renforcera notre position financière et contribuera à assurer une continuité pour nos consommateurs, nos clients et nos partenaires. Ensemble, nous continuerons à faire progresser les robots Roomba et les technologies de maison connectée qui définissent la marque iRobot depuis plus de trois décennies », explique Gary Cohen, directeur général d’iRobot, dans un communiqué. À l’issue de l’opération, prévue d’ici février 2026, l’entreprise quittera la Bourse et deviendra une société privée entièrement détenue par Picea.

Une icône fragilisée par la concurrence et les coûts
Fondée en 1990 par trois chercheurs du MIT, iRobot s’est imposée comme un pionnier de la robotique domestique avec le lancement du premier Roomba en 2002. Le produit a rencontré un succès immédiat et a durablement façonné le marché des aspirateurs robots. Aujourd’hui encore, l’entreprise revendique environ 41 % de parts de marché aux États-Unis et près de 65 % au Japon.
Mais ces dernières années ont été particulièrement difficiles. La montée en puissance de concurrents chinois comme Ecovacs ou Roborock, positionnés sur des produits plus agressifs en prix et riches en fonctionnalités, a fortement érodé ses marges. iRobot a été contrainte de baisser ses tarifs et d’investir lourdement pour moderniser sa gamme, sans parvenir à enrayer le recul de ses revenus.
Si la marque a entrevu une porte de sortie en 2022, lorsqu’Amazon a annoncé son intention de l’acquérir, le projet est tombé à l’eau suite à l’opposition des régulateurs. Selon eux, l’opération aurait eu un impact notable sur la concurrence et la protection des données.
Mais ce n’est pas tout. Les droits de douane imposés par les États-Unis depuis plusieurs mois ont pesé lourdement sur iRobot, notamment une taxe de 46 % sur les importations en provenance du Vietnam, où elle fabrique ses aspirateurs destinés au marché américain. Ces mesures auraient augmenté ses coûts de 23 millions de dollars en 2025.
- iRobot, pionnier des aspirateurs robots avec le Roomba, est en faillite.
- L’entreprise va être rachetée par Picea Robotics, et promet aucune perturbation pour les utilisateurs.
- Fragilisée par une concurrence accrue, l’échec de son rachat par Amazon et l’impact de lourds droits de douane américains, la marque cherche désormais à stabiliser sa situation financière.
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