C’est une petite phrase qui n’est pas passée inaperçue de l’autre côté de la Manche. Alors que le Royaume-Uni fait face à une sécheresse historique, Helen Wakeham, la directrice de l’eau au sein de l’Agence de l’environnement britannique, appelle ses concitoyens à faire des efforts. Elle leur demande notamment de « supprimer de vieux e-mails ». Une pratique qui aurait des conséquences bénéfiques à l’échelle nationale.
Au premier abord, on peut avoir du mal à faire le lien entre les campagnes marketing qui s’accumulent dans notre boîte de réception et les enjeux environnementaux liés à une sécheresse. Mais le gouvernement britannique insiste. Les centres de données (data-center) qui enregistrent tous ces échanges ont besoin de milliers de litres d’eau tous les jours pour être maintenus à la bonne température.
Un effet important ?
Si vous êtes déjà en train de faire le tri dans votre boîte mail, vous pouvez cependant vous arrêter. Certes, trier ses mails permet de réduire le travail des data-center, cela revient à marcher 100 mètres à la descente d’un avion plutôt que de prendre un taxi.
Le média britannique 404 (dont l’article est disponible en source) l’explique parfaitement. D’autres requêtes (notamment celles liées à l’IA) sont beaucoup plus problématiques. Dans un rapport publié en début d’année, le GAO (organisme en charge du contrôle des comptes publics aux USA) estime que 60 requêtes faites à une IA nécessitent un litre d’eau pour refroidir le data-center en conséquence.
Chaque jour, de l’autre côté de l’Atlantique, 250 millions de requêtes sont effectuées. L’IA avale à elle seule près de 2 piscines olympiques, tous les jours. Face à un tel constat, les e-mails ne représentent qu’une « goutte d’eau ». Si vous voulez faire des économies, le mieux est donc d’offrir des congés à ChatGPT, bien plus que de faire le tri dans ses vieux mails.
Une guerre de l’eau
Avec ce conseil, le Royaume-Uni met néanmoins le doigt sur un problème de taille : la question de l’eau dans les années à venir. Le réchauffement climatique entraînera des sécheresses de plus en plus fréquentes et intenses.
L’eau manque déjà dans plusieurs régions du monde. Dans une récente enquête, le Guardian pointait du doigt les pratiques de Microsoft, Amazon et Google. Les géants du web n’hésitent pas à installer des data centers dans des régions déjà touchées par les sécheresses.
Microsoft a avoué en 2023 que 42 % de l’eau utilisée par ses data centers venait de « zones en situation de stress hydrique ». Google ne fait pas mieux avec 15 % de son eau provenant directement de zones en « forte pénurie d’eau ».
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