Les médicaments contre l’obésité, initialement conçus pour aider à la perte de poids des patients concernés, révèlent des effets inattendus sur d’autres maladies. Pas n’importe lesquelles, puisqu’il s’agit de maladies plutôt graves et affectant des dizaines de millions de personnes dans le monde. L’alcoolisme, la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer.
Du régime minceur à la sobriété : l’inattendu cocktail thérapeutique
Une nouvelle classe de médicaments, les agonistes du récepteur du GLP-1 (aGLP-1), bouleverse le traitement de l’obésité. Découverts dans les années 1980, les premiers traitements ont commencé à être mis sur le marché dans les années 2010. Ils aident à réduire l’appétit, ralentissent le passage des aliments dans l’estomac et augmente la production d’insuline. Toutefois, leur action semble plus étendue que l’on ne le pensait.
À Baltimore, dans un laboratoire du NIH (National Institutes of Health) déguisé en bar, le Dr Lorenzo Leggio mène une étude inédite. Son équipe et lui-même explorent l’effet de ces médicaments sur les envies d’alcool. Les volontaires, exposés à leurs boissons favorites, reçoivent soit du sémaglutide (Wegovy, un aGLP-1), soit un placebo. Les premiers résultats sont prometteurs : ces médicaments réduisent efficacement les pulsions liées à l’alcool.
L’explication ? Ces molécules agissent sur les circuits cérébraux de la récompense, diminuant l’attrait pour l’alcool tout comme elles réduisent l’appétit. C’est comme si le cerveau, sous l’effet de cette molécule, devenait moins sensible au plaisir immédiat, qu’il provienne de la nourriture ou de l’alcool. Une arme potentielle à ranger dans l’arsenal de la lutte contre l’alcoolisme ? Possiblement.

De l’obésité à Alzheimer : un effet domino inattendu
Les aGLP-1 montrent également des effets très prometteurs sur la maladie d’Alzheimer. Une étude préliminaire a révélé au mois de juillet de cette année que l’administration de liraglutide provoquerait un ralentissement de 18 % du déclin cognitif chez les patients atteints par cette maladie.
Lorsque le cerveau est confronté à une agression, comme l’accumulation de protéines anormales dans la maladie d’Alzheimer, il déclenche une réponse inflammatoire. Cette réponse, normalement protectrice, peut devenir chronique et nuisible si elle persiste dans le temps. Les cellules immunitaires du cerveau, appelées microglies, sont activées et libèrent des molécules inflammatoires qui endommagent les neurones et les synapses. Ce traitement réduirait donc cette inflammation cérébrale. Des essais cliniques de grande envergure sont en cours pour confirmer ces résultats encourageants.
Parkinson mis au régime : la surprenante offensive des médicaments anti-obésité
L’exénatide, un autre médicament de cette classe, offre un espoir aux patients atteints de Parkinson. Tom Foltynie, neurologue à Londres, avait déjà flairé le potentiel de cette substance et dirige actuellement un essai clinique prometteur. Les résultats de ce dernier montrent une amélioration notable des capacités motrices chez les patients traités.
Comment cela peut-il fonctionner ? Là aussi, l’action de l’exénatide est anti-inflammatoire ; il améliorerait la fonction mitochondriale (qui produit l’énergie nécessaire au fonctionnement de nos cellules), permettant aux neurones de retrouver leur efficacité.
Bien que ces découvertes ouvrent des perspectives enthousiasmantes, certains chercheurs appellent à la prudence. Randy Seeley, spécialiste de l’obésité, souligne que la vigilance doit être de mise sur l’administration de ces traitements sur des personnes qui ne sont pas atteintes d’obésité. Les effets secondaires sont encore mal connus, et les recherches doivent continuer.
- Les médicaments anti-obésité GLP-1 montrent des effets prometteurs sur des maladies graves comme Alzheimer, Parkinson et l’alcoolisme.
- Leur action anti-inflammatoire et leur effet sur les circuits cérébraux de la récompense pourraient ralentir le déclin cognitif et améliorer les fonctions motrices.
- Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer leur sécurité et leur efficacité chez des patients non obèses.
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Non, je ne ramène pas tout au sexe, mais enfin quand je lis que “C’est comme si le cerveau, sous l’effet de cette molécule, devenait moins sensible au plaisir immédiat, qu’il provienne de la nourriture ou de l’alcool.” je m’interroge sur le fait de savoir si la libido est à ranger dans la catégorie de ces plaisirs immédiats : perdre poids, envie d’alcool, tremblements, conserver sa mémoire mais … façon “il boit pas, fume pas, trembles pas, cause pas mais bande pas non plus”. Quoi?! pas un mot tabou 🙂
Tu peux vivre plus vieux, mais sans plaisirs…
Ça donne pas envie ce truc 😅