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Les grands défis de la Blockchain en 2022

Il n’y a pas que Bitcoin.

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Blockchain defis 2022
© Presse-citron

11,7 milliards de dollars. Voici le montant total des dépenses en blockchain estimées dans le monde pour l’année prochaine, en 2022. D’une année sur l’autre, les perspectives ont presque doublé. Les dépenses mondiales en lien avec la technologie des “chaînes de bloc”, seront certainement aux alentours de 6,6 milliards de dollars cette année, de quoi inscrire, déjà, une hausse de 50% sur un an.

Où vont ces fonds ? Des capitaux de plus en plus nombreux, dont le taux de croissance annuel cumulé est estimé à 69% jusqu’en 2025 sont injectés dans la recherche et le développement de nouvelles solutions basées sur la blockchain à des secteurs de plus en plus variés. Bitcoin et les cryptomonnaies ne sont plus les seuls bénéficiaires et représentants. Après les NFT qui l’ont aussi porté sur le devant de la scène, les secteurs bancaires et de la santé ne cachent plus leur intérêt.

Pour tout comprendre de ce qu’est la technologie Blockchain et pourquoi de plus en plus d’investisseurs la présagent comme le prochain pilier des industries, penchons-nous sur ses défis pour 2022. En pleine période d’adoption massive, certains l’appliquent à leur secteur quand d’autres travaillent à combler ses lacunes. Passage en revue de la feuille de route d’une technologie intrinsèquement reliée à celle du futur d’Internet et de la transition numérique

Définition

Blockchain est le nom anglophone donné à la méthode des “chaînes de bloc”, en français, en référence à la nouvelle technologie de gestion et de stockage d’une base de données – et par conséquent d’échange de valeurs. Contrairement aux technologies informatiques classiques, la blockchain est entièrement décentralisée, sans intermédiaire désigné pour le contrôle.

Sa sécurité repose sur des nœuds de stockage et sur des “contrats intelligents” (“smart contrat”) vérifiés par un grand nombre de machines indépendantes participant au fonctionnement du système. Celle-ci est définie par son industrie comme la plus sécurisée, permettant de gérer une quantité très importante de données sans jamais compromettre l’exactitude des informations contenues. En somme, un système rendant les données immuables.

En 2008, le créateur anonyme de Bitcoin, Satoshi Nakamoto, fut le premier à mettre en place une blockchain, futur élément sous-jacent de sa cryptomonnaie. Depuis, la blockchain Ethereum, qui a donné le nom à la deuxième cryptomonnaie la plus populaire dans le monde, est d’autant plus utilisée dans la finance décentralisée (la finance aux outils informatiques fondés sur la technologie blockchain). Elle est née le 30 juillet 2015.

Blockchain Chronologie Unesco

Bitcoin a beau être le premier projet de blockchain à se concrétiser, les travaux autour de la technologie remontent à bien plus tôt. Voici quelques exemples sous la forme d’une frise chronologique, avec plusieurs des événements importants pour le secteur © UNESCO

Pourquoi tant de proximité entre blockchain et cryptomonnaie ? Tout simplement parce que toute blockchain fonctionne avec une monnaie virtuelle, qu’il s’agisse d’une cryptomonnaie ou d’un simple token (un jeton s’appuyant sur une cryptomonnaie mère). Cette règle n’a pas été érigée du fait que la technologie soit arrivée avec Bitcoin, mais plutôt que pour pouvoir motiver des personnes à contribuer au fonctionnement d’une blockchain, il fallait trouver un moyen – tout aussi décentralisé – pour les rémunérer. De là est né le terme de “mineur” de cryptomonnaie.

1/ Écologie

Invisible pour la plupart d’entre nous, la blockchain reste un système bien réel, avec des millions de machines très énergivores. Pour pouvoir s’ériger, la blockchain partage le même défi que le reste des industries : celui de l’écologie. Les cryptomonnaies nous l’ont déjà montré : rien que pour faire fonctionner Bitcoin, la consommation annuelle d’électricité est équivalente à celle d’un pays comme la Suisse.

Réduire la quantité d’énergie nécessaire à la blockchain passera par l’optimisation des protocoles de fonctionnement, notamment de la gestion des transactions en passant des algorithmes par “preuve de travail” à des algorithmes de “preuve de participation”. Actuellement, Ethereum prépare une mise à jour colossale de son fonctionnement pour le printemps 2022 (ETH 2.0).

D’autres blockchain comme Solana, soutenue par Qualcomm, jouissent d’une forte popularité pour ses capacités au-delà de toute concurrence. Mais ces “alternatives à Ethereum”, comme on les appelle désormais, ne sont pas aussi adoptées et la création de projets adossés à ces chaînes de blocs n’est pas aussi simple et sécurisée que les créations sur Ethereum.

Depuis la migration du minage des cryptomonnaies de la Chine vers les États-Unis et l’Europe du Nord, il est aussi attendu que réseaux de machines se déploient sur des terrains aux réseaux fonctionnant avec des énergies renouvelables, comme de l’éolien. Actuellement, le nouvel eldorado des mineurs – particulièrement de Bitcoin – se situe au Texas.

2/ NFT

L’exposition médiatique de la blockchain a longtemps été réservée aux cryptomonnaies. En 2021, les jetons non fongibles, plus connus sous le nom de NFT, se sont invités dans les médias grand public, mais pour des raisons qui ne reflètent certainement pas leur sérieux. Qu’est-ce qu’un NFT ? Il s’agit ni plus ni moins d’une technologie qui permet de délivrer des certificats d’authenticité numérique par le biais de la blockchain.

Avec des plateformes comme Sorare ou par des ventes aux enchères complètement folles comme celle du premier tweet publié sur Twitter, l’opinion publique n’a pas encore pris en compte l’utilité très large et révolutionnaire qu’est celle des NFT. Mais pour pouvoir accompagner le commerce de demain et les industries numériques (jeu vidéo, art, divertissement, etc), les NFT ont une grande part à jouer en 2022. À terme, ils pourraient aussi remplacer les contrats actuels, pour profiter d’une plus grande sécurité des informations (par définition infalsifiables).

Tout aussi prometteur, chaque projet s’inscrivant dans le développement du Métavers de demain se rapproche de près ou de loin aux NFT. Certaines startups en ont même fait leur modèle d’affaires. C’est le cas de The Sandbox, lancé par deux Français. L’entreprise basée à Hong Kong propose à des développeurs de créer des parcelles et des infrastructures virtuelles, qu’ils pourront ensuite revendre à des acteurs préparant leur métavers, le tout via sa plateforme et sous la forme de NFT.

The SandBox Metavers NFT 2021

The Sandbox montre un visage possible du déploiement des NFT par le développement du Métavers © Presse-citron / Unsplash – James Yarema

3/ Nouveaux secteurs

Selon CoinJournal, les banques ne devraient pas tarder à sauter sur l’occasion de la blockchain. Car le changement de protocole de gestion de leurs bases de données pourrait permettre de réduire de 30%, soit 12 milliards d’euros, leur coût d’infrastructures actuel.

Crypto, DeFi, NFT… les secteurs intrinsèquement liés à la blockchain ne sont pas les seuls à porter de l’intérêt à la technologie. Dans le contexte actuel de pandémie, l’organisation autour de la vaccination pourrait être un cas pertinent d’une intégration de la blockchain dans le monde de la santé.

La distribution de vaccins fait face à des contraintes de traçage, d’inventaires volumiques, et de coordination optimale pour garantir les chaînes de froid. En termes de data, la distribution doit aussi faire l’objet d’un décompte précis pour pouvoir ensuite être analysé et faire le fruit d’études transparentes et sérieuses.

Tous ces défis trouvent leurs réponses dans la blockchain, à condition d’un consensus à l’échelle internationale. Avec sa sécurité et l’impossibilité de falsifier des documents et des historiques des transactions, la technologie permettrait aussi d’éviter les risques de contrefaçons des vaccins.

4/ Les cryptomonnaies, à l’échelle de pays

En 2021, le premier pays au monde à reconnaître et intégrer une cryptomonnaie comme monnaie nationale fut le Salvador. Bitcoin s’est intégré dans l’économie locale à marche forcée, ce qui n’a pas forcément plu à certains habitants. Cela dit, d’autres pays pourraient suivre en 2022 et le Salvador a même émis l’idée de baser l’économie de toute une ville sur le jeton numérique.

Pourquoi choisir de reconnaître Bitcoin (ou une autre cryptomonnaie) comme monnaie nationale ? Certains pays y trouveront de l’intérêt, notamment pour s’affranchir des taxes sur les transferts d’argent. Un article de Cointribune listait par exemple tous les pays dont la diaspora est importante, avec des émigrés pénalisés par les taxes lors de leurs transferts de monnaie vers leur pays d’origine. Cette liste comprend l’Ukraine, le Sénégal, la Jamaïque ou encore le Monténégro.

En Chine, où Bitcoin et toute autre cryptomonnaie sont interdites, Pékin a commencé à déployer son yuan numérique. Celui qui s’intègre parmi les CBDC (monnaie numérique de banque centrale) s’écarte du concept même de monnaie décentralisée, mais pourrait bien finir par fonctionner sur une blockchain.

En septembre dernier, le directeur adjoint du Digital Currency Research Institute de la banque centrale chinoise a laissé présager que la Chine pourrait quitter son approche technologique conventionnelle pour la blockchain. Pour le coup, les lacunes citées font davantage référence au commerce international (pour l’interopérabilité) qu’aux intérêts des utilisateurs.

5/ IoT et projets “cross-chain”

L’Internet des Objets (IoT) est notre dernier défi mentionné, mais il est loin d’être le moins pertinent. La convergence est fort probable entre les deux, mais devrait prendre plus de temps : selon une étude de Zion Market Research, le marché de l’IoT-blockchain vaudra plus de 3 milliards de dollars en 2025. La communication entre les objets par le biais d’Internet et des capteurs pourrait être épaulée par la blockchain et son utilité dans l’automatisation des transactions.

La quantité de data sous-jacente est importante et nécessite d’être sécurisée. Pour le garantir, la blockchain pourrait avoir un rôle, plutôt que des systèmes qui centralisent le stockage de données. L’interopérabilité serait un autre avantage, alors que toutes les machines ne fonctionnent pas sur les mêmes architectures de logiciel de programmation et de partage de données. La blockchain accélérerait donc le développement.

Pour mener à bien ce défi, et les autres présentés dans cet article, les acteurs de la Blockchain devront continuer de bâtir la toile et corriger les lacunes des approches actuelles. Signe loin d’être anodin : certaines cryptomonnaies voient leur cours exploser grâce à leurs projets de mieux connecter les blockchains entre elles (projets “cross-chain”). De la même manière que les systèmes centralisés, l’interopérabilité ne sera pas possible si Bitcoin, Ethereum et autres blockchains ne peuvent pas communiquer entre elles.

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